L’agenda caché de Georges Leekens

Par Dominique le 12 octobre 2010

Successeur d’un « Hollandeur » manipulateur, menteur, usurpateur et destructeur, le sélectionneur national a hérité d’une situation pourrie tandis qu’il lui est demandé de redonner vie aux Diables Rouges. Dès lors, comment s’y prendre ? 


Le premier octobre, en dévoilant la liste des vingt-cinq joueurs qu’il avait retenus dans le cadre de la double confrontation qui allait opposer la Belgique au Kazakhstan et à l’Autriche, Georges Leekens expliquait : « L’objectif final que je poursuis consiste à qualifier les Diables Rouges pour le Mondial qui se tiendra en 2014, au Brésil. » Tenant autant de l’effet de surprise lié au moment où il fut formulé que d’une prise de conscience objective de l’ampleur de la tâche qui attend les Diables Rouges sur la route de l’Ukraine et de la Pologne, cet aveu révélait toute la différence qui existe entre les faux espoirs et les vraies perspectives. En ce qui me concerne, je ne suis pas un inconditionnel de Georges Leekens. Je n’aime pas le personnage. Je déteste cette politique de copinage que, faussement complice, il pratique avec son interlocuteur. A ses yeux, celui-ci ne peut pas devenir un contradicteur, jamais d’ailleurs. Dans ces conditions, le gaillard n’a pas son pareil pour emmener son auditoire en bateau, quitte à embarquer ensuite seul dans l’unique canot de sauvetage lorsque le vent se met à tourner. On me fera remarquer qu’il s’agit d’une appréciation subjective. Je ne le nie pas. Mais pour avoir fréquenté suffisamment le bonhomme tout au long de sa carrière d’entraîneur, et de la mienne comme journaliste, je revendique cette subjectivité.

Toutefois, dans le cas qui nous occupe ici, le problème n’est pas que Georges Leekens soit ce qu’il est mais bien ce que la nécessité de sa fonction exige qu’il soit. Et là, j’avoue que sa réflexion m’a agréablement surpris. Pour nous renvoyer à la réalité mathématique désastreuse que traverse la Belgique après ses défaites contre l’Allemagne et en Turquie, Georges Leekens aurait pu ostraciser son prédécesseur, sous prétexte qu’il a négocié ce calendrier foireux, excommunier Marc Wilmots, son adjoint, qui fut également celui de Dick Advocaat et qui, à ce titre, a avalisé ce double choix suicidaire. Il ne l’a pas fait. Pas un mot non plus contre l’ahurissante hypertrophie du pouvoir que s’était octroyé René Vandereycken, lui qui fit de la sélection nationale un chantier. Celle-ci est-elle pour autant dépourvue de tout intérêt, de tout attrait ? Nullement. Et c’est précisément là où Georges Leekens souhaite en venir lorsqu’il se projette dans quatre ans. Certes ! En annonçant que ce groupe n’est pas prêt, il se protège en cas d’échec pour 2012. C’est de bonne guerre. Mais en dévoilant son agenda caché, le même pose une excellente question : pourquoi serait-il proscrit d’affirmer qu’on ne rend pas une équipe compétitive comme ça, par les seules prédictions incertaines de diseuses de bonne aventure et tireuses de cartes de l’Union belge ? Pour que la marche en avant reprenne, puis s’accélère, on a besoin d’un concept, d’une stratégie. Il faut des meneurs, humains et tactiques. Il faut aussi des matches-références et des victoires fondatrices. C’est pour cette raison qu’après avoir battu le Kazakhstan ce 8 octobre, il est impératif de gagner maintenant contre l’Autriche !

Dominique    

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