Ariël Jacobs face à la bêtise humaine

Par Dominique le 14 octobre 2010

L’entraîneur du Sporting d’Anderlecht se raconte dans un livre qui a été présenté ce jeudi. Près de quatorze mois après les faits, l’homme porte toujours en lui les stigmates des excès d’un certain match entre son club et le Standard…


Ariël Jacobs est un gentleman. De nos jours, ce genre d’homme est si souvent aux abonnés absents dans le monde du football pourri par le fric et inféodé au « Tout pour ma gueule » que je ne résiste pas au plaisir de vous parler de lui et, ainsi, dire tout le bien que je pense de l’entraîneur du Sporting d’Anderlecht. Ma démarche n’est pas innocente. Elle colle à la réalité tandis que sort un livre entièrement consacré à Ariël Jacobs. La présentation de cet ouvrage a eu lieu hier midi, au stade Constant Vanden Stock.


Lorsque l’idée de ce projet d’écriture est venue jusqu’à moi il y a quelque temps déjà, j’ai eu, je l’avoue, du mal à croire qu’un type aussi pudique, énigmatique même parfois dans certaines de ses prises de position mais sec comme une trique quand il s’agit de formuler une réponse à une question qu’il juge maladroite ou inopportune, j’ai donc eu du mal à croire qu’Ariël Jacobs avait accepté de se dévoiler au grand public avec tout ce que cette démarche comporte comme contraintes. Dès lors, j’attendais avec impatience de découvrir cette autobiographie dont le titre en néerlandais (la seule version disponible pour l’instant : « Tegen de stroom in ») colle parfaitement au caractère atypique de quelqu’un qui se plait à « Aller à contre-courant » du milieu professionnel qui est le sien. Lorsque ce livre paraîtra en français, ce qui ne saurait tarder m’ont assuré ses éditeurs, je ne puis que vous en conseiller l’achat.


L’un des moments forts de cet ouvrage nous ramène inévitablement à cette rencontre du mois d’août 2009 entre Anderlecht et le Standard, un match au cours duquel Marcin Wasilewski et Jan Polak furent grièvement blessés. Ariël Jacobs décrit les sentiments qui l’ont envahi ce soir-là avec les mots du cœur, mais non sans que ceux-ci aient été préalablement dépouillés de toute subjectivité particulièrement malvenue : « Contrairement à d’autres, explique-t-il ainsi, je reste convaincu qu’Axel Witsel n’avait aucunement l’intention d’envoyer Marcin Wasilewski à l’hôpital. Je n’en demeure pas moins persuadé que tout joueur doit avoir conscience des conséquences éventuelles de ses actes. » Ariël Jacobs détaille encore le climat détestable et délétère, cet espace de tumulte, ce lieu de conflits qui lui permirent de juger radicalement l’inintelligence et la cruauté d’un monde dont il chercha alors à s’échapper en annonçant qu’il envisageait de quitter le football pour de bon : « Subitement, poursuit-il, j’ai eu la douloureuse confirmation qu’en effet, l’homme descend de l’animal. (…) J’ai ressenti un profond dégoût. Pas seulement parce que deux de mes joueurs avaient été salement amochés, mais compte tenu de la légèreté avec laquelle ces deux drames humains furent traités. » Ariël Jacobs n’a toujours pas digéré qu’à l’issue de cette partie, on lui demanda s’il envisageait de réclamer à ses dirigeants deux renforts pour pallier la longue indisponibilité de Jan Polak et de Marcin Wasilewski. Parfois, la bêtise peut effectivement se révéler sans limite. Ariël Jacobs a été bien inspiré de nous le rappeler !


Dominique

16:19 Écrit par Dominique dans Jupiler Pro League | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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