Hooliganisme politique

Par Renaud le 16 octobre 2010

Retour sur la semaine foot. Et ce n'est pas drôle.


Pour ce premier billet censé revenir sur l’actualité du foot de la semaine écoulée, j’aurais bien voulu vous parler des émotions ressenties lors de ce Belgique-Autriche où je me suis surpris à exprimer ma joie devant mon écran lorsque les Diables ont fait 4-3. Cela faisait au moins 5 ans que je ne m’étais plus énervé pour un match des Diables. Mais malheureusement, comment ne pas revenir sur les incidents provoqués par les Serbes mardi à Gênes. Car l’homme de la semaine c’est bien ce Ivan Bogdanov. Vous avez certainement vu sa photo sur les sites web et dans la presse. Cagoulé, tatoué, à cheval sur les grilles vitrées du stade Luigi Ferraris, provoquant la foule. Un chef de guérilla urbaine dans toute sa splendeur pensait-on. On avait juste. Ivan Bogdanov bien connu des services de police en Serbie est un violent ultra nationaliste de Belgrade. Le week-end dernier, il avait aussi provoqué des incidents en marge de la Gay Pride en Serbie et brûler un drapeau albanais. Son corps marqué par des tatouages ne laissant aucun doute sur ses convictions politiques a donc fait le tour du monde.

Derrière ces incidents qui ont fait deux blessés graves, se cache en réalité une action orchestrée par les mafias serbes. C’est du moins l’avis de la presse serbe ce samedi. Plus de 200.000 euros auraient été ainsi versés aux hooligans afin de faire en sorte que la presse européenne évoque, en mal, la Serbie. Fragiliser le pouvoir tel était le but. Et quoi de plus facile dès lors de venir semer le trouble dans un match de football où vous savez que tous les médias seront présents et que le moindre dérapage fera la Une des TV et journaux. Ce n’est pas une attaque contre le football mais bien contre notre pays avait dès jeudi admis le président de la fédération serbe de football. Il était dans le bon. Le foot est une nouvelle fois pris en otage car il dépasse le cadre du sport. Un grand match n’est plus qu’un événement sportif mais aussi un rendez-vous social et peu à peu politique. Cela dit, on se demande comment ces hooligans ont pu circuler aussi facilement dans les rues de Gênes et arriver dans le stade armés comme ils étaient. Du côté de la police et des renseignements italiens, il y a aussi un sacré problème. Reste que cela doit nous interpeller. Dans plusieurs pays d’Europe de l’Est, les pouvoirs de l’ombre prennent de plus en plus de place et pas que dans les gradins des stades. Chaque week-end des incidents sérieux sont à dénombrer dans les championnats serbes, russes et polonais notamment.  A l’Ouest cela va mieux après des années 80 assez noires. Des mesures préventives et une tolérance zéro ont calmé les esprits et poussé les incidents en dehors des stades. Ce qui n’empêche évidemment pas que des violences se produisent encore. Mais à rythme moins régulier qu’à l’Est. Dans 2 ans, c’est justement la Pologne et l’Ukraine qui accueillent le plus grand rendez-vous foot de l’année: l’Euro 2012. Ces pays ont 20 mois pour enrayer ce phénomène de hooliganisme politique. Mais en ont-ils les moyens ? Top chrono.

Renaud.

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