Hugo Broos : faire du neuf avec du (très) vieux

Par Dominique le 28 octobre 2010 - 1 commentaire

Pour devenir aujourd’hui entraîneur de division 1, il faut se plier avec docilité au conformisme ambiant du championnat belge.


En apprenant que Zulte-Waregem était à la recherche d’un entraîneur pour succéder au météorique Bart De Roover, j’étais prêt à parier le premier ruban de ma première machine à écrire que la place reviendrait à Hugo Broos. Un (très) bref moment d’égarement m’avait incité à songer que le club flandrien ferait appel à quelqu’un d’autre, Emilio Ferrera par exemple. J’avais pensé à lui, non pas parce que je le tiens en haute estime (ce qui est tout à fait mon droit) mais bien parce que je le considère (ce qui se défend, je vous assure) comme quelqu’un de compétent, forcément doué. Et si vous me poussez un peu, j’ajouterais que, pour moi, c’est même le type le plus doué de sa génération.


Et puis, la nomination d’Hugo Broos au Gaverbeek est tombée sans surprise. Elle reflète ce conformisme ambiant dont le football belge se prévaut aujourd’hui, un football belge devenu maître dans le jeu des chaises musicales où quelques-uns, un petit nombre, se partagent les postes à pourvoir, passant d’une équipe à l’autre au gré des circonstances. Vous ne me croyez pas ? Lisez plutôt ! Georges Leekens annonce dans un premier temps qu’il quitte Courtrai pour Lokeren, où il a par ailleurs officié de 1999 à 2001, puis de 2007 au printemps 2009 ? Hein Vanhaezebrouck, qui était déjà là de 2006 à 2008, rapplique ventre à terre au stade des Eperons d’Or. Jan Ceulemans ? Après s’être planté dans les grandes largeurs au Club Brugeois, le gaillard retourne à Westerlo, où il a entamé fin août sa dixième saison. Franky Vercauteren ? Viré d’Anderlecht puis démissionnaire en équipe nationale (et dans quelles circonstances !), le Bruxellois active ses réseaux, dont la tête pensante n’est autre que Dirk Degraen, le directeur général du… Racing Genk, et le voici de retour sur le devant de la scène. La Gantoise ? Les vice-champions de Belgique ont joué la carte régionale en débauchant Francky Dury à Waregem, quitte à dilapider, et j’y reviendrai sous peu, l’héritage que leur a laissé Michel Preud’homme. Laszlo Bölöni s’en va du Standard ? C’est l’incontournable Dominique D’Onofrio qui s’y colle. Le Lierse décharge Herman Helleputte de ses fonctions ? Aimé Anthuenis arrive, lui-même préalablement lourdé du Germinal en 2009, lui-même remplacé en septembre à Lierre par Eric Van Meir. Que du gros aussi ! Et Peter Maes ? Et Marc Brys ? Et, j’y reviens, Hugo Broos ? Où résident l’originalité, le flair, la vision, l’intelligence ? Ariël Jacobs à Anderlecht ? Du pain bénit pour le Sporting, où il est de notoriété publique que ce gentleman ne réclamera jamais des comptes à ses patrons concernant une politique de transferts déficiente depuis des années. Là encore, et ce constat ne remet pas en cause les qualités d’Ariël Jacobs, la facilité est devenue la ligne de conduite de dirigeants dont le conservatisme n’a d’égale que la dimension démesurée de leurs œillères.

 
En Belgique, plus personne, ou presque, ne veut donc prendre de risques. Et quand on en prend, c’est soit pour des raisons financières (voilà comment je perçois la nomination de Bob Peeters au Cercle Bruges, une réussite cependant), c’est soit d’une manière irréfléchie. Trois exemples. Est-il bien malin de confier les destinées d’une formation du niveau du Club Brugeois, avec tout ce que cela implique, à quelqu’un qui, jusqu’alors, n’avait travaillé qu’avec des prépubères, en Hollande ? De qui s’agit-il, au fait ? Je l’ai déjà oublié. En revanche, j’ai retenu les noms de John Collins, Tommy Craig et Csaba Laszlo, les derniers coups de génie d’un autre fin connaisseur : Abbas Bayat, pour ne pas le citer. Quant au guignol qui a remplacé Danny Ost à Eupen, il ne sera demeuré que dix-neuf jours en Belgique. Bref ! Heureusement, Hugo Broos est de retour. Une pluie de buts est annoncée ce week-end sur Waregem. A propos : que devient Enzo Scifo ? Je me suis souvenu de lui comme ça, par hasard
Dominique 

18:53 Écrit par Dominique dans Jupiler Pro League | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook

Commentaires

Très juste analyse. Je ne partage pas votre opinion sur Emilio Ferreira mais le fait que l'on reste toujours entre amis est assez malsain. Cela étant, il me semble que cette pratique est assez commune aux autres championnats. Je ne vois pas beaucoup de nouvelles têtes dans la Premier League (Houiller qui revient, untel qui part pour revenir,... idem en Espagne et en Italie). Je me demande où sont les nouveaux entraîneurs. Les jeunes quoi...

Écrit par : Luc | 28 octobre 2010

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