Francky Dury, l’erreur de casting

Par Dominique le 29 octobre 2010

Comment relever le… Gand ? En d’autres termes, était-ce une bonne idée de faire de l’ancien entraîneur de Zulte-Waregem l’héritier de Michel Preud’homme ?


Si j’étais supporter de La Gantoise, je me poserais franchement des questions. Et ce n’est pas la qualification obtenue par les Flandriens mercredi, en Coupe de Belgique, face à Tirlemont qui serait en mesure de lever mes doutes, nourris, et d’apaiser mes craintes, profondes, concernant le potentiel réel d’une équipe qui, pourtant, acheva le championnat l’an dernier en deuxième position.

Aujourd’hui, La Gantoise est quatrième. Rien d’alarmant à cela. Ce qui l’est davantage a trait aux statistiques d’un club qui s’est déjà incliné à quatre reprises (soit une fois sur trois, c’est-à-dire autant que Zulte-Waregem) et qui, vérification du vieux principe des vases communicants, possède la troisième plus mauvaise défense de la division 1. Dix-neuf buts encaissés, comme le Germinal Beerschot, le Lierse et Zulte-Waregem, c’est à peine mieux que Charleroi et Eupen (24), ou Saint-Trond (26). Mais, surtout, c’est plus qu’il n’est tolérable pour un candidat officieusement déclaré au titre (ne rêvons pas), au podium pour le moins (ne rêvons pas non plus), à une place en Coupe d’Europe (cela paraît être le maximum des ambitions que Gentbrugge peut entretenir).

En dépit des principes fondateurs d’une saison qui ont tous un petit air de déjà-vu et où certains n’aiment jamais tant partir d’une idée pour ne pas y revenir ensuite, la présence de La Gantoise en Europa Ligue est un leurre. Battus d’entrée de jeu à Sofia sur trois gaffes de leurs arrières (une perte de balle et deux fautes de positionnement), les Flandriens n’avaient visiblement pas retenu la leçon au moment d’affronter le Sporting Lisbonne la semaine passée : ils ont été corrigés cinq à un par un adversaire qui, probablement, n’aurait jamais cru que sa tâche serait si aisée. Et c’est là où je ne comprends pas Francky Dury : comment n’a-t-il toujours pas réussi à instaurer une discipline de fer au sein d’une défense qui, outre ces déroutes européennes que je viens d’évoquer, s’est également pris quatre goals contre Genk, trois autres au Club Brugeois et encore deux au Standard ?

Le constat est édifiant : jusqu’à présent, La Gantoise a été incapable d’élever le niveau de ses performances dès lors qu’elle s’est mesurée à des rivaux directs. Nous ne parlons plus là de l’Europa Ligue. Mais bien de la compétition domestique, véritable pré carré d’une formation qui, toutefois, ne peut espérer y faire son trou si elle se montre aussi accommodante avec l’opposition. Pour l’anecdote, je rappellerai que Bojan Jorgacevic, le gardien flandrien, a par ailleurs ramassé trois buts face à Zulte-Waregem et à Lokeren, et deux autres au Lierse.

Statufié au Gaverbeek, où il a accompli de l’excellent travail, Francky Dury dispose-t-il des capacités intrinsèques pour faire fructifier l’héritage que lui a laissé Michel Preud’homme ? Je n’ai pas ce sentiment. Avec le Flandrien à sa tête, je ne crois pas que La Gantoise puisse un jour se sublimer, comme son prédécesseur faisait si souvent en sorte qu’elle y parvienne. Francky Dury a le profil d’un bon entraîneur. Mais ce n’est pas un grand entraîneur. Ses idées sont justes et sympathiques. De là à ce qu’elles se transforment en vraies trouvailles, qu’elles prolifèrent au point de devenir des évidences, si je l’admettais maintenant, j’entrerais de plain-pied dans le domaine de l’utopie. Pourquoi ? Parce que ces idées, précisément, ne semblent pas susciter une adhésion collective. Ce qui est toutefois la moindre des choses lorsqu’on pratique un sport d’équipe. Alors ? Francky Dury est-il une erreur de casting ? Je le redoute. Et si mon pressentiment se vérifie, je trouverais cela plutôt étonnant dans le chef d’un club capable de dénicher de vrais talents comme Bryan Ruiz, Randall Azofeifa, Roberto Rosales ou Yaya Soumahoro pour ne citer qu’eux, susceptible d’en découvrir d’autres en premier, comme les Brugeois Dorge Kouemaha ou Ronald Vargas, mais visiblement très mal inspiré à l’heure d’éviter que le ressort du succès ne se détende. Au risque de lui péter en plein visage ?

Dominique  

15:00 Écrit par Dominique dans Jupiler Pro League | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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