Charleroi, S.O.S. : un club meurt !

Par Dominique le 03 novembre 2010

Avec ses tribunes vides et son équipe moribonde, le Mambour ne ressemble plus à grand-chose !


Soir de match à Charleroi, à des années-lumière de ce qui s’y déroulait autrefois. Le contraste est saisissant pour ceux qui, comme moi, ont connu le lieu pris d’assaut par une foule enrouée après une semaine de dure besogne mais tellement heureuse de porter, par la voix et par le geste, ses favoris à l’assaut du but adverse. C’était un temps où les mères et les grands-mères faisaient la file sur le boulevard Zoé Drion afin de se procurer des tickets pour la rencontre du dimanche après-midi. Les gamins étaient à l’école, les hommes, au labeur. Tous attendaient impatiemment de venir se changer les idées au Mambour, histoire de soutenir une équipe, une vraie celle-là, avec la foi que l’on prête habituellement au charbonnier : logique, me direz-vous, pour un peuple de mineurs !
L’écho de ce monde dans lequel mon propre père a grandi a disparu. A l’instar de Jules Henriet, Léon Gillaux, René Thirifays, Georges Bertoncello, Bobby Böhmer, Jean-Pol Spaute, Charly Jacobs ou encore André Colasse, des locomotives puissantes entraînaient ce club dans leur sillage. Courbé sous les bourrasques qui s’engouffraient dans une enceinte dont l’existence avait plus à voir avec la témérité du jeu qu’avec l’indigence d’un football tel qu’il se meurt désormais, l’adversaire sentait jusque sur ses lèvres l’acidité de l’acier et entendait dans ses oreilles le fracas du métal qu’on travaillait en semaine, non loin de là. Archi bondées, les quatre rues entourant le Mambour formaient les artères d’un territoire bien compliqué à conquérir pour ceux qui, rivaux venus par obligation, repartaient le teint semblable à du blanc de lard.


Cette saison, la seule victoire de Charleroi en championnat remonte au 28 août. C’était contre Eupen. Mardi passé, le Sporting hennuyer a été éliminé sans gloire de la Coupe de Belgique par Waasland-Beveren. Vendredi, la treizième journée de compétition n’a pas porté davantage chance aux Carolos. C’était contre Courtrai. A cette occasion, Csaba Lazlo a glané son deuxième point depuis qu’il a remplacé Jacky Mathijssen. C’est déjà ça, affirmeront les plus optimistes. Les pragmatiques rétorqueront qu’il s’agit d’un très maigre bilan pour une formation qui, mis à part Hernan Losada et, dans une moindre mesure, l’intermittent Alessandro Cordaro, n’a clairement pas le niveau pour sauver sa peau.


C’est devenu un genre journalistique obligé que de formuler des jugements et d’émettre des pronostics, mais il y a gros à parier qu’avec des garçons de la trempe d’Hermanni Vuorinen, fort présomptueusement surnommé par Abbas Bayat « Le Ruud van Nistelrooy finlandais », et tous ceux que j’ai vus à l’œuvre face à Courtrai, Charleroi rassemble à peu près ce qu’il est possible d’offrir de pire à un public. Contre Waasland ? Moins de mille cinq cents personnes (1.424 très exactement) s’étaient partagées les vingt-deux mille places du Mambour. Face à Courtrai, ils étaient à peine trois fois plus pour réclamer le départ d’Abbas Bayat (d’accord, mais pour qui ?) et exiger des joueurs hennuyers qu’ils, je cite : « se bougent les couilles ».


Il est loin le temps où le Sporting lorgnait sur Luc Nilis et Marc Wilmots, tandis que ses dirigeants convainquaient le Montois Didier Beugnies, l’Ardennais Philippe Albert, l’Anversois Eric Van Meir, l’Anderlechtois Pär Zetterberg et le Marchiennois Dante Brogno de se rallier à leur panache zébré. Et j’en oublie tant d’autres ! Vendredi, dans ce Salon Rose baptisé à une époque où la vie était de la même couleur pour le Sporting mais resté point de passage obligé vers la tribune d’honneur du Mambour, j’ai croisé des proches d’Eddy Wauters, le président de l’Antwerp : étaient-ils en repérage pour l’an prochain ? Assis à une table, Filippo Gaone, l’ancien homme fort de La Louvière, semblait méditer sur le triste sort d’un club en perdition : lui aussi en connaît un bout sur la question. J’ai préféré le laisser à ses pensées. Les miennes me suffisaient largement…


Dominique     

09:06 Écrit par Dominique dans Jupiler Pro League | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

Les commentaires sont fermés.