Marc Wilmots, invité du blog

Par Dominique le 15 novembre 2010 - 1 commentaire

L’entraîneur-adjoint de l’équipe nationale belge de football ne cache pas son admiration pour Dick Advocaat. Ni encore moins son plaisir de le retrouver, ce mercredi, dans le cadre du match amical qui opposera la Russie aux Diables Rouges. Nous lui avons donné les commandes du blog :


Je vais revoir un ami. J’en suis heureux. Malgré tout ce qui s’est passé ? Malgré le fait qu’on ait diabolisé – désolé pour le jeu de mots – Dick Advocaat ? Naturellement ! Le différend qui a opposé celui-ci à l’Union belge ne me concerne pas. Je vais même vous faire un aveu : je comprends parfaitement sa décision. Je la regrette, car je m’entendais bien avec lui. Je suis persuadé qu’ensemble, nous aurions accompli de l’excellent travail. Mais, bon ! Dick Advocaat s’est vu offrir une opportunité unique – dans d’autres secteurs d’activités, on appelle ça prosaïquement : une promotion – et il l’a tout simplement saisie. Qui, d’ailleurs, pourrait objectivement lui donner tort ? Moi ? Mais à quel titre ?


Je suis reconnaissant à Dick Advocaat de m’avoir accordé sa confiance. Lorsque j’ai lié mon sort au sien, fin septembre 2009, j’avais la désagréable impression que le football belge ne voulait plus de moi, qu’il me rejetait en quelque sorte. J’avais eu ici et là quelques touches pour occuper, dans tel ou tel club, telle ou telle fonction, mais tandis que ces contacts devaient être concrétisés, ou seulement approfondis, ils capotaient invariablement. L’adage qui prétend que Nul n’est prophète en son pays se vérifiait systématiquement à mes dépens. J’en ai conçu, je l’avoue, de la tristesse, une forme d’amertume aussi. Je m’étais fait une raison lorsque Dick Advocaat m’a appelé. Il m’a jaugé. Je l’ai écouté. Puis nous nous sommes rapidement entendus sur la façon dont nous pourrions collaborer. Et c’est ce que nous avons précisément commencé à faire.


Le reste ? Ce n’est pas de mon ressort. Le fait que Dick Advocaat ait demandé à l’Union belge de cumuler le poste de sélectionneur national avec celui d’entraîneur principal du club hollandais d’AZ’67 ? Si la fédération a accédé à cette requête, c’est qu’elle n’y perdait rien, non ? Le fait que Dick Advocaat ait ensuite rompu son contrat pour prendre en mains l’équipe nationale de Russie ? Croyez-vous que si, demain, Albert Cartier – je cite cet exemple au hasard – reçoit une proposition qui lui permette de multiplier son salaire par dix, il se gênera pour quitter Eupen ? Evidemment non ! Personne ne s’insurge quand un club limoge son entraîneur. Nécessité fait loi, affirme-t-on pour justifier le choix de dirigeants alors peu enclins à s’embarrasser de préjugés pour virer sans autre forme de procès quelqu’un que les mêmes mettaient plus haut que tout quelques mois, quelques semaines auparavant. Le mécanisme pourrait fonctionner dans un sens, mais pas dans l’autre ? Et quoi encore ?

Personnellement, et je le répète, je n’ai pas été choqué par l’attitude de Dick Advocaat. Mieux : je ne peux que le féliciter pour la justesse d’un choix qui le met définitivement à l’abri de tout souci financier. Ainsi va la vie. Certes ! Que pareil comportement n’ait pas été du goût de tout le monde à l’Union belge ne me semble pas inconcevable. Une précision néanmoins : ceux qui, aujourd’hui, affichent leur mépris à l’encontre de Dick Advocaat étaient, pour la plupart, les mêmes qui ne se gênaient pas pour lui mettre des bâtons dans les roues dès qu’ils le pouvaient. Ce dernier prenait une décision ? D’aucuns éprouvaient un malin plaisir à la contester. Il formulait un avis ? On n’en tenait pas compte. Ou il prêtait souvent à controverse. Après ça, faut-il s’étonner que quelqu’un dont l’arrivée – je le rappelle pour ceux qui l’auraient oublié – a été saluée en Belgique comme celle du Christ à Jérusalem claque la porte parce qu’il en a marre de devoir sans cesse se justifier sur rien et sur tout ? C’est le sketch, fameux, de L’arroseur arrosé. A l’Union belge, il ne fait plus rire personne. Et pour cause : dorénavant, il y tient lieu de faire-part !


Marc Wilmots (avec Dominique)     

08:05 Écrit par Dominique dans Diables Rouges | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook

Commentaires

Quelle vision parfaite de la situation actuelle du football belge !
Marc Wilmots est un grand Monsieur. Si George Leekens n'arrive pas à remplir son contrat, il serait temps qu'on lui donne les rênes des Diables Rouges.

Écrit par : Rik Nadere | 16 novembre 2010

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