Saint-Trond lance un appel à… Al Pacino !

Par Dominique le 19 novembre 2010 - 1 commentaire

Le cinéma américain à la rescousse d’un club belge en (dé)perdition…


Vous auriez tort de croire qu’il n’y a rien de commun entre Guido Brepoels, l’entraîneur de Saint-Trond, et Al Pacino, fabuleux interprète dans « Le Temps d’un week-end ». D’accord ! Si on effectue un sondage dans la rue, il est évident que le premier est nettement moins connu que le second. Al Pacino remplit les salles dès que son nom apparaît en haut de l’affiche, tandis que les stades se vident lorsque Guido Brepoels s’y amène avec son équipe. Et, franchement, de vous à moi, le mouvement n’est pas près de s’inverser. Aujourd’hui, Al Pacino triomphe au théâtre, à Broadway, dans une interprétation de la pièce de William Shakespeare : « Le Marchand de Venise ». Désormais, Guido Brepoels et son Boy’s Band trompent sans vergogne le public par la médiocrité d’un jeu de scène, de jambes et de ballon digne des pires navets qui aient jamais été imaginés par l’esprit calamiteux d’un scénariste qui se serait tiré une balle dans la main avant de se mettre à son travail d’écriture.

Pour Saint-Trond, la situation semble extrêmement compliquée. Un coup d’œil au classement – les Limbourgeois ont récolté 11 points en 15 matches, leur défense est la plus poreuse de la série (32 buts encaissés) et leur attaque la moins prolifique (9 goals inscrits) – n’incite guère à l’optimisme. La formation que dirige Guido Brepoels n’est plus blindée de cette détermination inoxydable, capable de toutes les prouesses physiques et susceptible de relever n’importe quel défi épique comme elle l’était il y a quelques mois à peine. Les « Canaris » sont le bec dans l’eau. Il suffirait d’un rien pour qu’ils plongent, puis coulent à pic. Est-il opportun de s’appesantir sur les raisons de ce naufrage collectif ? Certes, non ! C’est trop tard. Remuer le passé ne servirait qu’à entretenir les regrets, dont, d’ailleurs, le transfert de l’hyperdoué Simon Mignolet en Angleterre ne constitue pas le moindre.

Alors, que faire ? Comment écrire droit avec des lignes courbes ? Comment veiller à ce que les moyens et le talent intrinsèques d’un groupe ne se voient pas confisqués par la réalité comptable d’une position qui va rapidement devenir intenable. La clé de l’affaire réside, partiellement du moins, dans la posture que Guido Brepoels a décidé d’adopter. Ce type n’est pas de ceux qui renoncent. Il l’a dit et répété après la gifle (une de plus) que Saint-Trond  a reçue il y a huit jours, à Lokeren : « Tant que j’occuperai ce poste a affirmé le  Limbourgeois, personne ne baissera les bras. Celui qui se hasardera malgré tout à le faire sera impitoyablement sanctionné. Chez nous, pas de défaitisme ! Avec moi, pas de planqués ! » En clair : les Canaris doivent au plus vite abandonner ce tas de fumier où on les a amenés à croupir.

Dos au mur, Guido Brepoels n’a rien trouvé de mieux que d’appeler… Al Pacino à la rescousse. Oh, pas directement ! Le budget de Saint-Trond ne suffirait pas à payer le cachet de l’Américain. Et puis, que viendrait-il faire dans semblable galère ? Pour que ses joueurs se transcendent (une obligation au moment d’aller au Lierse), Guido Brepoels entend toutefois s’inspirer du personnage campé par l’acteur dans le long-métrage d’Oliver Stone, « L’Enfer du dimanche ». Al Pacino y est Tony D’Amato, coach de football américain. Dans un long monologue tenu avant un match capital, Pacino-D’Amato fustige l’orgueil de son vestiaire. Il parle de vie, d’honneur, de mort, de larmes et de sang à verser. A ses yeux, le succès se construit sur le sacrifice. Dans sa bouche, ce don de soi exige de se mettre minable sur le terrain. Pacino-D’Amato précise encore : « C’est ça qui fait cette putain de différence entre gagner et perdre. Soit nous guérissons en tant qu’équipe, soit nous mourrons en tant qu’individus. » Quique Sanchez Flores, l’entraîneur de l’Atletico Madrid, a montré des extraits de ce film à ses joueurs peu de temps avant qu’ils n’affrontent Fulham en finale de l’Europa Ligue, au printemps dernier. On sait ce que cela a donné. A Barcelone, « Pep » Guardiola s’appuie parfois sur ce passage d’anthologie pour secouer son groupe. Je me réjouis d’être ce samedi soir pour en mesurer l’impact sur le mental des Trudonnaires. Al Pacino pour  booster Saint-Trond ? Il fallait (oser) y penser, non ?

Dominique  

14:38 Écrit par Dominique dans Jupiler Pro League | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook

Commentaires

Merci Dominique pour ce texte.
Voici les liens de cet extrait devenu mythique où Al Pacino motive son équipe. A (re)voir évidemment.
http://www.youtube.com/watch?v=myyWXKeBsNk

Sinon, voici la retranscription du speech à coller dans les vestiaires de la P4 à la Champions League.
http://essaysfromexodus.scripting.com/stories/storyreader$1492

Écrit par : Renaud | 19 novembre 2010

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