Avis de décès : le G.B.A. se suicide !

Par Dominique le 26 novembre 2010

On se gausse, légitimement, des résultats du Sporting Charleroi. On s’indigne, à juste titre, des méthodes de management de son président, le… « tyranien » Abbas Bayat. Et si on regardait d’un peu plus près ce qui se passe au Germinal Beerschot ?


Au fond, c’est quoi le problème au Kiel, cette saison ? Les pistes que cette discussion ouvre sont aussi multiples que les victoires des Anversois sont rares. C’est une manière d’affirmer que les faiblesses collectives de cette équipe sont tellement criardes et une façon de souligner que la naïveté dont celle-ci fait preuve est un véritable cas d’école. Bref, le Germinal Beerschot est devenu un exemple à (surtout) ne pas suivre. Cette formation, que l’arrivée de Glen De Boeck était censée stabiliser selon son président, le très controversé Herman Kesters, est en panne de confiance tandis qu’elle rend des copies médiocres, ou à peine passables.

Sont-ce précisément ces deux unités péniblement conquises lors des cinq premières journées de compétition que les Anversois traînent désormais comme un boulet, eux qui, depuis ces nuls obtenus à domicile contre le Cercle Bruges et Westerlo, ne comptent que onze points de plus ? Sans doute. Ce constat généraliste en amène un autre. Le Germinal Beerschot ne marque pas. Pas assez ? Non ! Pas du tout. Dix buts seulement en seize rencontres, dont plus de la moitié (6) pour le seul Negrao. Dix buts, c’est autant que le Sporting Charleroi, c’est-à-dire rien du tout, dix buts, dont le dernier, à Malines, n’aura pas servi à grand-chose dans la mesure où, ce jour-là, les Anversois se faisaient marcher dessus par leurs adversaires, larges vainqueurs cinq à un.

Depuis ? Le Germinal Beerschot n’a plus rien offert de bon à son public, mis à part peut-être ce partage blanc devant Saint-Trond. Et encore ! C’était il y a mois. Déjà ? Eh oui : déjà ! Depuis ? Les Anversois se sont fait écraser à Courtrai (4-0), ils ont pris l’eau face au Standard avant de s’incliner logiquement devant Anderlecht. Insuffisances techniques ? Fautes individuelles ? Manque de détermination dans les duels ? Absences handicapantes de pions importants, comme Sherjill Mac Donald ou l’Uruguayen Gary Kagelmacher ? Année de trop pour Bart Goor et Philippe Clement ? Déficience d’une jeune garde pourtant prometteuse, mais qui tarde à s’affirmer à l’instar de Mats Rits ou de Guillaume François ? Justement : le contexte ne se prête pas à l’éclosion de ces talents dont le Kiel s’était fait autrefois une spécialité. Car, pour pouvoir franchir des paliers, il est important d’inscrire cette progression dans un contexte où la sérénité le dispute à l’envie. Vu la situation, la première n’est pas pour demain. Quant à la seconde, elle risque de se faire désespérément attendre également.

Mais il n’y a pas que ça. Aujourd’hui, le Germinal Beerschot se débat dans un climat tendu à l’extrême. Des luttes internes meurtrières pourrissent le lieu. Les clans en présence se déchirent sous le regard effaré de supporters qui en ont ras-le-bol. Le taux de fréquentation du Kiel est inversement proportionnel à l’agitation qui règne en coulisses. On est loin de la moyenne de dix mille spectateurs (10.076, exactement) enregistrée en 2008-2009. C’était la plus élevée depuis la célébration de ce mariage de raison entre le Germinal Ekeren et le Beerschot, dix ans plus tôt. Les tribunes du stade anversois sont de moins en moins garnies. Les nerfs de ceux qui y prennent place sont à fleur de peau. Le ciment qui maintient l’ensemble s’effrite un peu plus chaque fois.

Les pros Jos Verhaegen, détenteurs de cinquante-quatre pour cent des actions du club, et leurs opposants, dont le président en titre Herman Kesters, sont en guerre. Cela fait des semaines que ces deux camps multiplient les déclarations incendiaires sur fond d’intrigues de bas étage. Un exemple ? René Snelders, l’une des figures historiques du Germinal Ekeren, est en conflit ouvert avec Glen De Boeck parce que ce dernier, alors en poste au Cercle Bruges, aurait empêché le transfert à Courtrai de son petit-fils Kristof, attaquant médiocre s’il en est. Ce même Glen De Boeck considère Gunther Hofmans, le directeur technique du Germinal, et accessoirement gendre de Jos Verhaegen, comme un incompétent notoire. Gunther Hofmans en pense autant de Glen De Boeck, qu’il aurait d’ailleurs volontiers remplacé par Hugo Broos avant que celui-ci ne s’engage avec Zulte-Waregem. D’où ma question : comment une équipe peut-elle se construire, et tenir dans une telle ambiance ? C’est impossible. Finalement, je me prends à songer qu’Abbas Bayat a mille fois raison de vouloir conserver le pouvoir pour lui tout seul à Charleroi…

Dominique

12:17 Écrit par Dominique dans Jupiler Pro League | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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