2018 : oser ne pas y croire et le dire…

Par Dominique le 29 novembre 2010

Je vous dois une explication : c’est volontairement que je n’ai pas encore parlé des chances de voir aboutir la candidature de la Belgique et des Pays-Bas pour l’organisation de la Coupe du Monde 2018. Je le fais aujourd’hui. Uniquement par acquit de conscience. En fait, je n’y crois pas !


C’était il y a quelques jours. Impossible de se rendre à Enschede (voir mon blog de ce 23 novembre) sans un détour par le stade du FC Twente. Sortez à Enschede-West, suivez les panneaux (tout est parfaitement indiqué aux Pays-Bas) et vous tomberez sur cette magnifique enceinte de fer et de béton érigée au milieu de nulle part. Si on se connaissait mieux, vous et moi, j’ajouterais que l’endroit a vraiment de la gueule. Comme ce n’est pas le cas, je dirais plus banalement que le site vaut le détour. La veille de mon passage – obligé donc – par « De Grolsch Veste » (une appellation empruntée à une marque de bière locale suivant la technique en vogue du « naming »), Michel Preud’homme m’avait avoué : « Tu verras ! Notre stade est superbe. Il répond à tous les critères de fonctionnalité en vigueur dans le football moderne. Quand mon équipe y joue, elle s’y sent bien. Et moi aussi. » Le Liégeois a raison : « De Grolsch Veste » tape dans l’œil.

Joop Munsterman est un habitué du lieu. Et pour cause ! Il s’agit du président du FC Twente. L’homme nourrit des projets d’envergure pour son club. Il explique : « C’est pour continuer à progresser que nous devions absolument nous doter d’un stade accueillant, accessible, confortable. Actuellement, vingt-quatre mille personnes peuvent y prendre place. Cette capacité sera bientôt portée à trente-deux mille sièges, puis nous monterons à quarante mille. La première phase des travaux débutera en janvier. La suite est déjà planifiée. Cependant, les choses pourraient s’accélérer si les Pays-Bas et la Belgique reçoivent l’aval de la Fifa pour héberger la Coupe du Monde en 2018. Mais, ça, je n’y crois pas. » Michel Preud’homme partage ce sentiment : « Peu de gens en Hollande sont convaincus par cette candidature. En fait, la majorité est persuadée que les ambitions nourries par l’Angleterre et la Russie la balayeront. Je pense moi aussi que c’est loin d’être gagné. De tels concurrents, c’est du lourd. Mais, bon ! Tant que rien n’est décidé… » Il n’empêche : le ton est donné !

Le Comité exécutif de la Fifa communiquera son choix ce jeudi 2 décembre. Officiellement, l’ensemble du football belge fait bloc. Officieusement, c’est différent. Le scepticisme est de mise, même s’il est de bon ton de ne pas afficher ostensiblement ses doutes. Tous ceux avec qui j’ai abordé le sujet en Belgique craignent le pire. Mais ils refusent de l’admettre ouvertement. Une exception : Marc Degryse (voir mon interview dans le magazine « Prolongations » de novembre). Ce dernier affirme, je cite, que « nous avons vu trop grand : face aux moyens que sont capables de déployer les Anglais ou les Russes, nous ne faisons pas le poids. »

C’est précisément ce qui ressort du rapport que la Fifa a en sa possession. Ce document a été rédigé par les experts qui se sont déplacés dans les différents pays à s’être déclarés pour organiser cet événement sportif planétaire. Cette tournée d’inspection a fait étape en Belgique et en Hollande dans le courant du mois d’août. La conclusion de ceux qui l’ont menée est limpide : les risques potentiels liés au déroulement d’une Coupe du Monde chez nous en 2018 sont considérés comme « moyens », pour « faibles » concernant l’Angleterre et la Russie. Une surprise ? Ceux qui ont suivi de près le dossier belgo-néerlandais ont pu mesurer sa légèreté. D’aucuns le considèrent même franchement mauvais. Ceux-là osent la comparaison suivante : « Si la Fifa avait adopté un système d’attribution pour ce Mondial identique à celui en vigueur au CIO pour l’organisation des Jeux olympiques, il y a belle lurette qu’on ne parlerait plus de la Belgique et de la Hollande. » En vrac ? Les garanties fournies par les gouvernements des deux pays paraissent insuffisantes. L’infrastructure sportive et hôtelière semble ne pas être à la hauteur. Sans oublier ces droits commerciaux que la Fifa veut s’arroger, une exigence qui, tant en Belgique qu’aux Pays-Bas, a suscité une levée de boucliers dans le chef de plusieurs partis politiques. Or, la Fifa ne transigera pas sur ce point : elle entend impérativement bénéficier de ces passe-droits fiscaux censés alimenter grassement ses caisses. Tout cela mis bout à bout, on a compris ! Sauf miracle, bien sûr…

Dominique    
       

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