Cet horrible championnat belge…

Par Dominique le 07 décembre 2010

La fièvre monte au front de notre compétition. Plus pour des motifs de mauvaise gouvernance que pour des raisons purement sportives. Vous voulez des exemples ?


Je ne sais pas pour vous mais, en ce qui me concerne, les derniers jours ont été chahutés. Une semaine d’enfer ! Tout est allé tellement vite. Pour parler franchement, j’étais incapable de suivre l’actualité. Néanmoins, je vais tenter d’en évoquer quelques chapitres. Commençons par le lundi 29 novembre, et la démonstration réalisée par le FC Barcelone aux dépens du Real Madrid. Inoubliable et incomparable : à côté de ce match, probablement le plus accompli qu’il m’ait été donné de voir, la raclée administrée quarante-huit heures plus tôt par le Standard au Lierse (7-0) fait figure d’anecdote. Au même titre, d’ailleurs, que le dégommage prévisible de Glen De Boeck au Germinal Beerschot. Rien à caler du sort de ce dernier quand Xavi, Iniesta et Messi (tiens : lequel des trois sera le « Fifa Ballon d’Or 2010 » ?) dézinguent José Mourinho. Du reste, le remaniement qui s’est opéré au Kiel a débouché sur un flop, puisque les Anversois ont été à nouveau battus ce week-end. Cette fois par le Racing Genk. Dix défaites en dix-huit journées ? Voilà qui commence à faire beaucoup pour un club qui, l’an passé, durant une certaine période, avait, je le rappelle, empoché tout de même trente-deux points en quatorze rencontres.

Glen De Boeck parti, Jacky Mathijssen avait à peine déposé son cartable au Kiel qu’il découvrait dans quel foutoir il avait mis les pieds (voir mon blog du 26 novembre), un lieu d’intrigues et de suspicions (on se croirait presque à une réunion tenue par le Comité exécutif de la Fifa pour l’attribution d’une Coupe du Monde), un lieu où l’ambiance est si étouffante et les feux des passions entre deux clans qui se détestent sont si brûlants qu’on pourrait se rafraîchir le corps avec du verre fondu. Dès lors, je tiens à assurer Jacky Mathijssen de toute ma sympathie dans le cadre de la tâche titanesque qui l’attend. Je ne m’inquiète toutefois pas trop pour lui. Comme nous avons fait une partie de notre service militaire ensemble (si, si : c’est exact !), je sais ce dont le gaillard est capable quand des intérêts supérieurs sont en jeu : les opérations-commandos, ça le connaît !

Car le sauvetage d’un club exige l’émergence d’un vrai chef à sa tête. Visiblement, Glen De Boeck n’était pas de cette trempe. Eric Van Meir est-il en mesure d’assumer ce rôle au Lierse ? Et Csaba Laszlö à Charleroi ? Je suis sceptique. Le bilan qu’ils présentent tous les deux est affligeant. Aucun autre qualificatif ne me vient à l’esprit. J’argumente : en dépit des cinquante ( ! ) joueurs qu’il a transférés depuis qu’il a débarqué au Lisp en octobre 2007, l’Egyptien Maged Samy n’est toujours pas parvenu à constituer un bloc homogène à partir de cet assemblage hétéroclite de dix nationalités différentes. Notez que le contraire aurait été étonnant : dans de telles conditions, et tandis qu’un défenseur suédois né au Libéria : Marcus Andreasson est récemment venu grossir une légion étrangère forte de seize représentants, il est impossible pour un groupe formé de bric et de broc de s’imaginer un destin.

Non content de piquer une crise identitaire sans précédent, le Lierse pique donc du nez davantage chaque semaine : depuis qu’Eric Van Meir y a pris le relais d’Aimé Anthuenis, la formation anversoise a récolté huit points sur trente. Cotation : vingt-six pour cent. Catastrophique. Pas d’inversion de courant non plus au Mambour suite à l’arrivée de Csaba Laszlö. Neuf matches. Un nul. Ratio : quatre pour cent à peine. Suicidaire. Qu’en conclure ? Que tant le Lierse que le Sporting hennuyer n’ont pas leur place en division 1 ? C’est clair. Appuyé par neuf autres clubs, ce duo de cancres est pourtant favorable à la réinstauration d’un championnat à dix-huit équipes. Seraient-ils assurés, grâce à ce stratagème, de sauver plus aisément leur peau en gonflant artificiellement une compétition, en privilégiant l’émergence au plus haut niveau de participants à faible valeur ajoutée, plus faible en tout cas que la leur propre ? Gageons que c’est un peu l’idée. Et même plus que ça. Or a-t-on jamais vu quelqu’un éteindre un incendie en arrosant celui-ci d’essence ? Ces dangereux pompiers sont appelés à se retrouver vendredi lors d’une cession plénière de la Ligue professionnelle où, soyez-en sûrs, leurs fesses chaufferont : Anderlecht, le Racing Genk, La Gantoise et le Club Brugeois refusent en effet de s’aligner sur ces pyromanes à la naïveté confondante ! Eux sont pour le statu quo. On ne change rien à la formule actuelle. A propos : dans quel camp vous situez-vous ?

Dominique      

21:09 Écrit par Dominique dans Jupiler Pro League | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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