Lokeren : de l’art d’être sans-gêne

Par Dominique le 10 décembre 2010 - 1 commentaire

Les Waeslandiens pètent la forme. Et s’ils infligeaient au Sporting d’Anderlecht sa première défaite de la saison à domicile ? Réponse dimanche soir…


Cela pourrait presque ressembler à une blague de potaches. C’est pour le moins une question que tout le monde se pose désormais : quelle est la différence entre cette équipe de Lokeren qui sauva sa tête d’extrême justesse l’an dernier – en grande partie grâce à la faillite de l’Excelsior Mouscron – et cette même formation waeslandienne, étonnante quatrième d’un championnat où elle s’est élevée au rang d’authentique et incontestable révélation ?
Si vous interrogez Roger Lambrecht sur le sujet, l’inamovible Hercule de Daknam vous répondra que cette réussite, son club la doit avant tout à un homme : Peter Maes, son entraîneur. Si vous émettez alors l’objection selon laquelle le président de Lokeren avait déjà tenu ce discours quand le sulfureux Paul Put, l’affectif Georges Leekens et le rigide Slavo Muslin occupaient ce même poste à risques à une époque pas si lointaine, Roger Lambrecht – toujours lui – rétorquera ne pas avoir envie de revenir sur le passé, préférant tout simplement goûter au moment présent.

Pourtant, une chose est sûre : s’il avait confiance dans ce choix – par défaut néanmoins, puisque Lokeren s’attachera les services de Peter Maes après que Georges Leekens se soit désisté pour succéder à Dick Advocaat à la tête des Diables Rouges –, jamais Roger Lambrecht n’aurait imaginé que le gaillard contaminerait aussi vite cette équipe par la seule vérité qui compte pour lui, celle du terrain, repoussant ainsi sans cesse les limites d’un groupe récompensé aujourd’hui par un étonnant sans-faute lors de ses dix derniers matches : huit victoires et deux partages, soit vingt-six points sur trente.

A ce jour, aucun autre club n’a fait mieux dans un laps de temps identique. Sans afficher de qualités majeures, ce noyau, composé d’hommes de bonne volonté et ambitieux dans son altruisme rédempteur après une saison-catastrophe, paraît ne posséder aucun défaut particulier. La faim, tenace, de résultats plane au-dessus d’un effectif qui forme un bloc, parvenant grâce à une mentalité exemplaire à se débarrasser de tous les obstacles jalonnant sa fulgurante marche en avant. Auteur de sept buts ces cinq dernières journées, Benjamin De Ceulaer valide ce projet insensé qui consisterait à voir Lokeren achever la compétition régulière à l’une des six premières places du classement. Celui qui fut autrefois surnommé « Le Beckham belge » en raison de sa gueule d’ange et de son goût prononcé pour les défilés de mode, auxquels il lui arrivait d’ailleurs de participer en tant que modèle, symbolise à merveille ce nouvel état d’esprit qui souffle sur Daknam et qui est prêt à tout dévaster sur son passage. L’ancien ailier de Saint-Trond, recadré par Peter Maes dans une position plus axiale, s’était égaré aux Pays-Bas où, entre l’une ou l’autre expérience mystique ( ! ), il n’avait inscrit que onze goals entre 2005 et 2010. C’est peu dire qu’il n’ait pas laissé là-bas de grands souvenirs, que ce soit au RKC Waalwijk ou au Feijenoord Rotterdam. L’efficacité retrouvée de Benjamin De Ceulaer ne fait naître aucune ambiguïté quant aux desseins des Waeslandiens, ce dimanche, à Anderlecht : conserver leur brevet d’invincibilité actuelle ou, mieux, déposséder le Sporting de celui détenu par les Bruxellois à domicile, en championnat. Si c’est possible ? Vous pensiez, vous, que Lokeren viendrait si brutalement et si durablement troubler l’ordre préétabli d’une hiérarchie qui ne s’attendait certainement pas à semblable sans-gêne de la part de ceux qui, il y a quelques mois à peine, étaient considérés par tous comme des moins que rien ? Non, naturellement. Dès lors…

Dominique  

08:55 Écrit par Dominique dans Jupiler Pro League | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook

Commentaires

je ne pense pas que le rsca se fera surprendre a domicile face a lokeren meme si cet equipe etonne un peu par son classement

Écrit par : defontaine | 10 décembre 2010

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