Europa Ligue : arrêtons de fantasmer !

Par Dominique le 16 décembre 2010

Le Sporting d’Anderlecht et La Gantoise jouent ce jeudi leur avenir européen au sein d’une compétition qui est à la Coupe d’Europe ce que le mousseux tiède et plat est au champagne…


Je n’aime pas la formule de l’Europa Ligue. Cette compétition est censée être attrayante. Elle est enquiquinante à souhait. C’est du moins le cas pour les groupes au sein desquels les équipes belges ont été versées. Les autres ? J’avoue ne pas trop m’y intéresser. On ne peut pas être partout à la fois. Et puis, cela vous amuserait, vous, que je vous parle du Karpaty Lviv ou des Hongrois de Debrecen ? Franchement, j’en doute. Enfin, si vous y tenez vraiment, tout est toujours possible. En attendant, j’en reviens à mon postulat de départ. En réunissant sous le même vocable la Coupe des Coupes et celle qui portait autrefois son nom, l’Uefa nous avait promis du football-champagne. Jusqu’à présent, j’ai dû me contenter d’un mousseux, tiède et plat de surcroît.

Notez que suivre l’Europa Ligue revêt malgré tout de l’intérêt. Elle m’a permis de réviser ma géographie en m’emmenant, en pensées bien entendu, dans des lieux aussi improbables que Kharkhov, une ville de l’est de l’Ukraine. Elle m’a fait effectuer un voyage dans le temps, lorsque la Juventus Turin, fort mal en point dans sa poule, était un grand d’Europe ou quand un déplacement à Rosenborg Trondheim, d’ores et déjà éliminé, avait tout du piège. L’épreuve n’est pas avare non plus en surprises, tandis que le tenant, l’Atletico Madrid, n’est pas assuré de franchir cette phase de débroussaillage, alors que le Borussia Dortmund, irrésistible en Bundesliga, ignore de quoi son avenir sera fait.

A part ça ? Eh bien, disons que je vois certains jeudis arriver avec appréhension. Pour le téléspectateur que je suis souvent, le désespoir se situe au bout de ma télécommande. Pour le spectateur que je deviens parfois, la désespérance me gagne au fur et à mesure que le Club Brugeois perd, lorsque le Sporting d’Anderlecht galvaude des occasions uniques de s’isoler derrière l’inaccessible Zénith Saint-Pétersbourg ou quand La Gantoise se rend en touriste au Sporting Lisbonne.

Des trois formations belges en lice dans cette Europa Ligue, c’est encore celle de Gentbrugge qui dispose des meilleurs atouts pour s’en sortir. Le Club Brugeois a considéré ce périple international comme une délicieuse flânerie qui l’a conduit droit dans le mur. Les Anderlechtois ont affiché une telle naïveté à Split et à l’AEK Athènes qu’il pourrait leur en coûter très cher ce jeudi soir, au moment où les comptes se feront. Seuls les Gantois sont maîtres de leur sort : un nul, comme à l’aller, ou, mieux, une victoire sur Lille leur permettrait de se qualifier. S’il faut y croire ? Evidemment ! Tout comme pour le Sporting d’Anderlecht. Si, en ce qui me concerne, j’y crois ? Absolument pas ! A l’heure où les Bruxellois s’en iront prier Guidon, leur saint patron de la bien nommée place de la Vaillance dans l’espoir d’un petit miracle, les Gantois auront demandé au leur, Bavon en l’occurrence, de guider leurs pas en cette terre particulièrement inhospitalière de Villeneuve-d’Ascq où l’actuel leader du championnat de France entend les faire chuter.

Lille, on connaît. D’abord, ce n’est pas loin. Ensuite, il y a Eden Hazard. A l’instar de Jonathan Biabiany (Inter Milan), Mario Götze (Borussia Dortmund), Sergio Canales (Real Madrid), Jack Wilshere (Arsenal), Mario Balotelli (Manchester City), Gaël Kakuta (Chelsea) ou Gareth Bale (Tottenham), notre compatriote appartient au cercle restreint des plus grands espoirs du football européen. Chouchou d’un club où il ne devrait pas s’éterniser, Eden Hazard entendra dès lors faire coïncider ce talent qu’on lui prête volontiers avec la déchéance d’un adversaire à qui il n’est pas disposé à faire le moindre cadeau sous le prétexte, éminemment fallacieux, d’une même origine. La venue au monde, imminente, de son premier enfant pourrait-elle inciter le surdoué belge à faire l’impasse sur cette partie ? Il évoquait récemment ce cas de figure. On verra bien. Quoiqu’il en soit, il est clair que les Lillois sont intrinsèquement supérieurs aux Gantois. Même en défense où, pourtant, le LOSC affiche quelques lacunes avec vingt goals encaissés en Ligue 1, soit une moyenne de 1,1 but par match. En championnat de Belgique, celle des Flandriens culmine à 1,5 goal par rencontre. Comme les Nordistes marquent facilement – ils possèdent la meilleure attaque du championnat de France –, je crains ouvertement que les lignes arrières gantoises, à nouveau peu à leur affaire samedi face à… Charleroi, cèdent sous les assauts répétés de l’ex-Beverenois Gervinho ou du Sénégalais Moussa Sow. L’un totalise déjà sept réalisations, l’autre, treize. La Gantoise qui se plante à Lille ? Ce serait un motif supplémentaire de détester cette foutue Europa Ligue…

Dominique

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