Le dessous des cartes (3)

Par Dominique le 17 décembre 2010

Fin août, trois penaltys manqués avaient condamné le Sporting d’Anderlecht en Ligue des Champions. Hier, un autre coup de réparation, également loupé, a probablement sauvé les Bruxellois en Europa Ligue.


Anderlecht. La saison européenne des Bruxellois avait connu un sacré coup de frein le mardi 24 août en raison d’une sombre affaire de penaltys lorsque, tour à tour, Matias Suarez, Lucas Biglia et Mbark Boussoufa se plurent, pour une raison encore ignorée aujourd’hui, à viser l’Atomium au lieu d’ajuster leur frappe. On mesura rapidement les conséquences de cette triple maladresse : non seulement la Région de Bruxelles-Capitale attaqua en justice le Sporting d’Anderlecht suite au saccage de l’un de ses monuments les plus emblématiques, mais, en outre, cet enchaînement de ratés valut au club du Parc Astrid d’être éjecté sans ménagement de la Ligue des Champions, son objectif prioritaire.

Hier, l’histoire a en quelque sorte repassé les plats : les Anderlechtois ont vraisemblablement dû leur salut en Europa Ligue, une épreuve où ils avaient été reversés à l’issue de cet été meurtrier, grâce à un autre penalty, également manqué. Son auteur : Blanco, joueur de l’AEK Athènes, spécialiste de ce genre d’exercice toujours un peu spécial mais qui, cette fois, à la place de mettre la balle au fond comme il en a l’habitude, envoya celle-ci percuter l’un des nombreux satellites qui tournent au-dessus de nos tête. On connaissait l’enjeu de cette soirée particulière. Pour les Bruxellois, elle s’apparentait à un quitte ou double. Ils devaient battre les Croates de l’Hajduk Split qui leur rendaient visite. Ce qu’ils ont fait logiquement. Dans le même temps, leur unique concurrent direct, l’AEK Athènes, ne pouvait pas perdre face au Zénith Saint-Pétersbourg. Or, les Russes se sont imposés en Grèce. Cette large victoire, ils l’ont dessinée après que le dénommé Blanco se soit montré aussi gaffeur que Suarez, Biglia et Boussoufa réunis. Le score était nul quand l’empoté de service régla sa mire sur l’Acropole, et non sur le plafond du but dont il s’était pourtant mis en tête de déchiqueter les filets d’une frappe sauvage. Cinq minutes plus tard, le Zénith ouvrait la marque, scellant ensuite le sort de son adversaire en inscrivant deux autres goals. Je ne croyais pas que ce scénario, rêvé pour Anderlecht, se produirait. Je pensais que les Russes, fraîchement sacrés champions dans leur pays, se reposeraient sur les lauriers de ce nouveau titre alors que leur avenir en Europa Ligue était déjà assuré. Ils ont joué le jeu jusqu’au bout. Tant mieux pour la morale. Elle est sauve. Mais que se serait-il passé si Blanco n’avait pas stupidement galvaudé cette occasion unique ? On ne le saura évidemment jamais. Et à vrai dire, je m’en fiche…

La Gantoise. Par charité chrétienne, je ne formulerai aucun commentaire sur la prestation des Flandriens à Lille. Ils ont été tout simplement ridicules. Malgré les trois buts qu’il a encaissés, leur gardien Bojan Jorgacevic s’en tire bien : la note aurait pu être beaucoup plus salée pour cette formation dont les lignes arrières constituent l’incontestable point faible. Je sais. Je l’ai déjà dit. Mais je suis comme tout le monde : j’aime avoir raison !          

Standard. Revenons au championnat de Belgique. Celui-ci reprend ce soir. Le Standard se déplace à Courtrai, rencontre-piège s’il en est : en huit matches disputés cette saison à domicile, les Flandriens comptent déjà sept victoires ! Pour l’occasion, les Liégeois seront privés de Steven Defour. D’où ma question : le médian du Standard est-il particulièrement fragile physiquement ? Samedi passé, ce dernier s’est à nouveau blessé. Pour la troisième fois à l’épaule droite, mais aussi pour la troisième fois à Sclessin. Les malheurs de Steven Defour commencent le 19 janvier 2008, contre Zulte-Waregem. A la clé ? Une déchirure musculaire qui l’astreint à cinq semaines de repos. A peine rétabli, le « Soulier d’Or 2007 » se fait mal durant un entraînement. Son épaule est touchée. Ce sera à nouveau le cas le 6 janvier 2009, lors du stage hivernal que le Standard effectue en Espagne. Le 12 septembre de cette même année, celui qui, par ailleurs, est devenu le plus jeune capitaine de l’histoire du club liégeois, est victime, face à Malines, d’une fracture ouverte au pied. Steven Defour aura besoin de cinq mois pour recouvrer l’intégralité de ses moyens. Enfin, il y a quelques jours, tandis que le Standard souffre mille morts pour se débarrasser de Saint-Trond, le Limbourgeois s’écroule en hurlant de mal : son épaule droite est en capilotade suite à un contact fortuit avec Denis Odoi. Steven Defour sera opéré lundi. Son absence est estimée à trois mois. Le bonhomme est-il maudit ? Je ne suis pas loin de le croire…

Dominique

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