Si, si, on joue toujours au football en Belgique…

Par Dominique le 23 décembre 2010

En dépit de vraie, ou de fausse remises de matches (comme pour  Charleroi-Cercle Bruges, par exemple), malgré cette lutte d’influences entre le prétendu G4 et le dénommé K11 (un championnat coulé !), en dépit de diverses erreurs d’arbitrage lourdes de conséquences le week-end dernier, la division 1 belge poursuit son train-train. A propos : tortillard ou TGV ?


Quelle est la différence entre le Sporting d’Anderlecht, actuel leader du championnat de Belgique, et les autres ténors des cinq principales compétitions européennes ? Je ne parle pas en terme de moyens financiers. On a tout de suite compris en faveur de qui la balance penche. Je pose plutôt cette question en fonction de l’intérêt que la division 1 belge suscite auprès de ses spectateurs : en avons-nous pour notre argent ?

Premier élément de réponse : notre championnat a placé sur le devant de la scène une équipe qui, avec une moyenne de 2,2 points par match joué, démontre une stabilité que seuls le FC Barcelone (2,68) et le Borussia Dortmund (2,52) lui contestent. En France, Lille (1,77) affiche une irrégularité inquiétante, ce qui n’est pas le cas du Milan AC (2,11) et de Manchester United (2,12). Autre élément susceptible de confirmer la relative attractivité d’une compétition : le nombre de buts inscrits par ses grosses écuries. Avec un ratio de 2,55 (51 goals en 20 journées), le Racing Genk, dauphin du Sporting d’Anderlecht, refuse d’avancer masqué. Les Limbourgeois font mieux que leur rival bruxellois (2/40-20), mais aussi que le Borussia Dortmund (2,29/39-17), Manchester United (2,25/36-16), Lille (1,83/33-18), le Milan AC (1,7/29-17) ou même le… Real Madrid (2,43/39-16). Le FC Barcelone est au-dessus du lot : il avoue un pourcentage de réussite de 3,18 buts par rencontre (51-16).

Une surprise ? Bien sûr que non ! On connaît le potentiel des Catalans. En outre, ceux-ci peuvent compter sur la plus fine gâchette européenne du moment, Lionel Messi (17 goals marqués en Liga, tout comme d’ailleurs Cristiano Ronaldo), ce qui est à peine plus que le Genkois Jelle Vossen (16) mais davantage que le Grec de l’Eintracht Francfort Theofanis Gekas et le Lillois Moussa Sow (14), ou Dimitar Berbatov, si décrié pourtant à Manchester United (11). Avec dix buts, Edison Cavani (Naples) et Antonio Di Natale (Udinese) semblent marquer le pas. Une résurgence des vieux démons du catenaccio ? Qui sait ?

Comment peut-on encore juger de la qualité d’un championnat ? On en analysera le contenu proprement dit. Par ceci, j’entends cela : il est clair qu’une seule minute du véritable feu d’artifice auquel a donné lieu l’exceptionnelle passe d’armes entre le FC Barcelone et le Real Madrid du 29 novembre dernier vaut largement une heure et demie de jeu entre Courtrai et le Standard ou entre Anderlecht et Lokeren. Et ne parlons même pas d’un Eupen-Charleroi ou d’un Westerlo-Germinal Beerschot. Notez bien : quelle est la vraie valeur de la plantureuse victoire (0-8) ramenée par Barcelone d’Almeria ? Notez bien : on a vu des choses intéressantes chez nous, cette saison. Comme le large succès du Standard sur Anderlecht (10e journée) ou la toute bonne première mi-temps disputée par le Club Brugeois à l’occasion de son déplacement au Parc Astrid (14e journée). L’émergence de Lokeren, le retour sur le podium du Racing Genk, le souci du spectacle qui se manifeste du côté de Westerlo (7 goals pour les Campinois lors de leurs visites à La Gantoise et au Club Brugeois : pas mal, non ?) gomment les effets désastreux de la gestion catastrophique constatée au Lierse et, surtout, à Charleroi. Trente-sept points séparent le Sporting d’Anderlecht de son homonyme carolo. Un tel écart entre le premier et le cancre de la classe, c’est plus qu’en Allemagne et en Espagne (33), en Italie (25), en France (24) et en Angleterre (21). Des six championnats concernés, c’est donc au Mambour que le nivellement par le bas se fait le plus durement ressentir : avec une moyenne de 0,36 point par rencontre, le Sporting Charleroi fait pire qu’Arles-Avignon (0,42), le Borussia Mönchengladbach (0,58), Saragosse (0,62), Bari (0,64) et West Ham (0,72). Ne serait-il pas grand temps de songer à rejouer au football au Mambour ? Rendez-vous est pris dimanche, avec le Germinal Beerschot, un autre cador. Tiens : c’est Jacky Mathijssen qui revient !

Dominique

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