Le plus pauvre gagne souvent

Par Renaud le 30 décembre 2010

Dans le football actuel, plus tu as de dettes, plus tu as des chances de gagner. Immoral non ?


J'avoue avoir été doublement heureux lundi dernier lors de la victoire d'Arsenal sur Chelsea. Sportivement d'abord car j'ai une profonde admiration pour la mentalité affichée par le club Arsenal en général. Un jeu et une image qui me font penser que le football comme je l'aime n'est pas mort. Et financièrement aussi. Non pas que j'avais parié des euros sur la victoire des Gunners mais parce que c'est l'une des rares fois où un club plutôt sain bat un club riche de dettes. Saviez-vous que sur le dernier exercice, Arsenal a réalisé un bénéfice après impôts de plus de 60 millions de livres contre une perte de 47 millions pour Chelsea ?

N'est-ce pas là la plus belle victoire d'Arsenal: être le club du top anglais le plus sain financièrement. On nous a toujours appris à ne pas dépenser l'argent que l'on n'a pas. De nos jours, c'est devenu difficile tant les facilités d'emprunt sont aisées. Et dans le foot actuel, immoral quelque part, plus tu as de dettes, plus tu as de chances de gagner la Ligue des champions. Des exemples ? Derrière son image sympathique, Barcelone va très mal avec plus de 400 millions d'euros de dettes. La situation était devenue tellement difficile que le club catalan a vendu son âme à un consortium du Qatar qui s'affichera pour la première fois sur le maillot du club. Au Real Madrid, officiellement, on déclare une dette de 500 millions. Manchester United était mal aussi avec plus de 800 millions de dettes avant qu'une entreprise qatari ne reprennent les billes de Glazer. Une partie des dettes de Chelsea ont été épongées il y a 2 ans lorsque son propriétaire a versé 700 millions d'euros pour pouvoir continuer à jouer. Aujourd'hui cela ne va pas mieux. De même qu'en Italie où l'AS Roma a une dette de 325 millions et l'Inter approche les 400. Surréaliste non ?

D'où la réflexion d'Arsène Wenger qui se défend d'être avare et qui justifie le silence d'Arsenal durant les périodes de transferts par ces mots. "Je suis stupéfait que les gens soient surpris par notre politique. Je trouve même étonnant que les gens ne respectent pas cela. La beauté de la compétition réside dans le fait que nous connaissons le succès en respectant tout cela (ndlr: les finances du club) Un jour, les gens réaliseront qu’il n’est pas simple de réussir sur le plan sportif et financier". Arsenal a divisé en quatre sa dette sur les 4 dernières années. La dette du club étant essentiellement bâtie sur la construction de l'Emirates Stadium. Le club va prochainement arrivé au break-even grâce à des placements immobiliers à Highbury et à une politique de transferts réaliste. Il y a un an, on se souvient que l'UEFA avait émis le souhait de priver les clubs les plus endettés de Ligue des champions pour la saison 2012/2013. Mais l'UEFA n'a pas vraiment été entendue puisque les grands clubs pré-cités ne pourront jamais éponger leurs dettes dans les 2 ans. Dommage car l'idée était excellente et aurait permis aux clubs d'être sur le même pied. Je reviendrai bientôt sur l'analyse de Wladimir Andreff, économiste du sport, qui a cherché à expliquer cet endettement du football européen.

Renaud.

15:54 Écrit par Skynet Foot dans En marge | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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