Les politiques s’en mêlent ou s’emmêlent ?

Par Dominique le 30 décembre 2010

Comment résoudre les problèmes actuels du football belge ? Des hommes politiques ont souhaité répondre à cette question. Le texte qu’ils ont pondu est contre-productif et, à la limite, démagogique…


Comme moi, vous avez sans doute eu connaissance de cet « Appel pour sauver le football belge » lancé le week-end dernier par toute une série de personnalités issues de divers horizons et relayé par l’ensemble de la presse. J’ignore quelle a été votre réaction devant ce texte. L’avez-vous lu jusqu’au bout ? Moi, je l’ai fait. L’effort n’était pas bien grand. Ma démarche tenait plus du divertissement qu’elle ne résidait dans un souci de percevoir la portée de ce coup de clairon qui, en définitive, n’émet qu’un son confus.

Plusieurs signatures que j’ai découvertes au bas de ces lignes m’ont fait sourire. Divers termes employés m’ont fait tiquer, comme on dit chez nous. D’ailleurs, les unes et les autres ne sont pas incompatibles. Personnellement, je trouve cocasse – pour ne pas écrire : saugrenu – que des hommes, ou des femmes politiques comme – je cite en vrac – Yves Leterme, Elio Di Rupo, Guy Vanhengel, Caroline Gennez, Marcel Cheron, Jean-Luc Dehaene ou Melchior Wathelet utilisent des expressions comme – je cite en vrac à nouveau – « véritable plan d’avenir », « décisions qui s’imposent par un consensus » ou « collaboration entre tous » pour stigmatiser les errements actuels du football belge et, a fortiori, redynamiser celui-ci, alors qu’eux-mêmes sont incapables de « veiller à une indispensable solidarité » au moment où ils – elle ( ?) sont appelés à occuper les plus hautes fonctions au sein de l’Etat belge. Pour mémoire, cela fait 200 jours ce jeudi que le pays est sans gouvernement. L’hôpital voudrait se moquer de la charité qu’il n’agirait pas différemment.

Certes ! Cette piqûre de rappel ne peut pas nuire au débat qui consiste à prendre en considération la situation pour le moins préoccupante de notre football. Vous qui suivez tout cela au jour le jour savez de quoi je parle. Or, il n’y a rien à retirer de ce bric-à-brac de litotes et de bons sentiments. Certes ! Les phrases sont joliment tournées. Leur contenu ne fait qu’enfoncer des portes déjà ouvertes dans un autre temps, portes dont on n’a toujours pas pris la peine de franchir le pas. On parle de créer « un championnat compétitif afin d’être le mieux armé sur la scène européenne ». On évoque la sempiternelle modernisation de nos stades. Et, ajoute-t-on avec un indéniable bon sens, « si cela ne se produit pas, nous continuerons à régresser ». Je suis ravi de constater que des gens censés dégotter 22 milliards d’euros d’ici 2015, en dégager 28 autres afin d’assurer les dépenses sociales d’ici 2030 et réduire la dette de la Belgique qui atteint, tout de même, 100 pour cent de son PIB émettent des idées aussi originales à propos de l’avenir du sport national numéro un.

En revanche, je suis étonné que ce texte ne mentionne pas la déliquescence dans laquelle est plongé le football amateur, en panne notamment d’infrastructures dignes de ce nom et en manque de ces bénévoles sans lesquels il serait clairement voué à une mort certaine. Je suis d’autant plus surpris par cet oubli que l’un des signataires de cet « Appel » n’est autre qu’Alain Courtois, autrefois défenseur des laissés-pour-compte du sport belge en général, du football en particulier.

Je me souviens d’une époque où j’avais de longues conversations sur le sujet avec le Sénateur du Mouvement Réformateur. Alain Courtois stigmatisait l’apathie des pouvoirs publics. Il dénonçait le manque d’implication des autorités de tutelle, au niveau de l’enseignement principalement, car incapables de fournir à nos enfants un cadre d’expression pourtant si nécessaire à leur épanouissement. La singularité de ce combat m’avait touché. Il était juste. Celui qu’Alain Courtois et d’autres entendent mener aujourd’hui est vain. Il est dépourvu de toute forme de plus-value : il ne franchira jamais les limites d’un banal coup de gueule. C’est énoncé comme tel. Je cite encore : « Pas de miracle à attendre ». Quel optimisme ! Quelle envie ! Il est évident qu’on ne résoudra pas les problèmes du sport belge en général, du football en particulier avec une simple plume d’écrivain. Sauf à s’en servir pour « porter le fer dans la plaie ». Ce qui n’est pas le cas ici. C’est gentil. C’est doucereux. Mais c’est contre-productif. C’est à la limite démagogique. Ces problèmes, on ne les résoudra qu’à grands coups de burin et de marteau-piqueur. Non pas en organisant des tables rondes, comme on le fait depuis des années, mais, plutôt, en ayant le courage de faire enfin table rase de certains comportements à ranger, une fois pour toutes, avec la lampe à huile et le rouet de nos arrière-grands-mères…

Dominique 

10:12 Écrit par Dominique dans En marge, Jupiler Pro League | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

Les commentaires sont fermés.