Bien placés pour en parler !

Par Dominique le 14 janvier 2011 - 1 commentaire

Dans le milieu du football, il est fréquent de parler pour ne rien dire. On raconte même souvent n’importe quoi. Se faire mousser ? Quel bonheur ! En voici une nouvelle preuve par le biais d’un florilège de déclarations piquées ici et là, tandis que l’incongruité le dispute à la caricature. Ceci précisé sans langue de bois de ma part. Bien entendu…


Palme. Je la décerne à Abbas Bayat. C’était l’époque où le président du Sporting Charleroi avait encore envie de « s’envoyer en l’air » avec Jacky Mathijssen. L’un avait alors expliqué à l’autre : « Le Sporting Charleroi possède sa meilleure équipe depuis dix ans. » Sous-entendu : « Tu peux me remercier car tu bénéficies ici de conditions de travail parfaites. » Accès au septième ciel garanti. Finalement, c’est Jacky Mathijssen qui a été remercié. Lourdé comme un malpropre. Les cratères de la lune qui lui avait été promise par l’astronome iranien lui ont pété en pleine figure, au Jacky, renvoyé dans l’espace intersidéral le 18 septembre. Nommé cinq jours plus tard, le Hongrois Csaba Laszlö braquait alors son télescope sur le vide infini : deux points récoltés en douze rencontres, qui dit mieux ? Décidément, on n’est rien dans le vaste univers d’Abbas Bayat. La preuve : le football est en train de connaître une éclipse totale du côté du Mambour.

Mégalomanie. 27 juillet 2010. Pol Jonckheere cherche à son tour à s’emparer du code secret de la création du monde en déclarant à qui veut bien l’entendre : « Cette saison, le Club Brugeois dispose de suffisamment de joueurs de talent pour se mêler ouvertement à la lutte pour le titre. » Et comme si cela ne suffisait pas, cet autre visionnaire se croit obligé d’ajouter : « Je suis persuadé que ce groupe est à même de réussir quelque chose d’intéressant en Coupe d’Europe. Sans oublier, naturellement, la Coupe de Belgique. » Depuis, le patron du Club Brugeois a dû multiplier les initiatives en tous genres afin de tirer son équipe de l’hébétude où elle était plongée après une mise en route catastrophique en championnat : 4 matches, 1 victoire, 3 défaites, soit son pire bilan depuis 1981 ! Lynchés en Europa Ligue, enterrés par le Germinal Beerschot en huitième de finale de la Coupe, les Flandriens ont jusqu’à présent rarement fait quoi que ce soit de bon avec un ballon. Pour eux, la voûte céleste se situe dans la proche banlieue de la terre. Le grand frisson de l’immensité, Pol Jonckheere le ressent en contemplant la tâche qui l’attend pour sauver ce qui peut l’être encore : les apparences ! C’est lui qui, aujourd’hui, voudrait être à des années-lumière de ce chantier dont l’ampleur l’aurait, paraît-il, rendu morose et, surtout, plus modeste. C’est déjà ça !  

Big bang. Autre pythonisse déclinant, Ivan De Witte. Je cite : « Il me semble impensable que la réforme du championnat de Belgique telle qu’elle a été conçue avec son système de playoffs soit remise en question à court terme. Certains aménagements s’opèreront avec le temps. Mais revenir à l’ancienne formule n’est pas d’actualité. » La bande-son, qui date de l’été dernier, a aujourd’hui de quoi déconcerter. Et pour cause : le 10 décembre, l’assurance dont le président de la si mal nommée Ligue professionnelle avait fait montre quelques mois auparavant était battue en brèche par un vote dont il n’est pas utile, je crois, de vous rappeler le résultat, ni les conséquences. Le produit-fétiche d’Ivan De Witte ne fait donc déjà plus recette. Dommage ! Les jambes, cela se vend habituellement plutôt bien. Personnellement, je regrette qu’en Belgique, la tête suive rarement.

Démonstration. De ce qui précède. Avec Tomasz Radzinski : « Je veux disputer encore une fois la Coupe d’Europe, et ce sera avec le Lierse. » Le Canadien n’y est pas allé avec le dos de la cuiller à l’heure de satisfaire la curiosité de ceux qui lui demandaient quelles étaient ses ambitions à trente-sept ans. Avec le recul, on ne peut qu’être bouleversé par la justesse d’une telle prévision, formulée par un joueur dont le club se bat désormais pour assurer son maintien en dépit d’un budget annuel de 12 millions d’euros et des trois entraîneurs appelés à son chevet. Notez bien que si l’un d’entre eux avait été Francky Dury, je suis certain que les problèmes du Lierse auraient déjà été résolus. Quoi de plus normal pour celui que la presse française a cru bon de présenter à ses lecteurs comme « le Mourinho belge » ? C’était juste avant que La Gantoise ne se fasse manger toute crue par Lille, en Europa Ligue. Rappelez-vous de la débandade en question, avec Marko Suler et Christophe Lepoint en chefs de meute. Je suis tombé sur ledit article un soir de déprime. Plus je le lisais, plus mon blues s’estompait. J’ai beaucoup ri. Etablir un parallélisme entre un type qui a, notamment, remporté deux Ligues des Champions et un autre qui entraîne son équipe pour encaisser quatre buts à domicile devant Westerlo, empocher péniblement trois points (sur 21) face à ses concurrents directs ou se compromettre en présence du Sporting Charleroi, c’est pousser le bouchon un peu loin, non ? Certes ! Tout le monde a droit à son panthéon personnel. Mais, bon ! N’exagérons pas. N’empêche ! Il faudrait toujours parcourir les journaux pour rester de bonne humeur. Je suis moi-même assez bien placé pour vous en parler. Sinon, continueriez-vous à me lire aussi régulièrement ?

Dominique    

11:19 Écrit par Dominique dans Jupiler Pro League | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook

Commentaires

..........enfin, un "zeste" d'humour !!!! bel article , bien écrit, vocabulaire "percutant"......10/10......

..ma déprime s'envole également !!!

Écrit par : declerck | 14 janvier 2011

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