C’est terminé pour Romelu Lukaku !

Par Dominique le 20 janvier 2011

La page du « Soulier d’Or » 2010 est tournée. Le vainqueur est celui que j’attendais. Son dauphin, en revanche, ne gagnera sans doute jamais le trophée…


Il y a de fortes chances pour que Romelu Lukaku, deuxième derrière Mbark Boussoufa pour l’attribution du « Soulier d’Or », s’ajoute à ceux qui, à l’instar de Marc Wilmots, Luc Nilis, Marouane Fellaini, Eden Hazard ou Thomas Vermaelen, auraient mérité, ou mériteraient de chausser un jour le convoité « croquenot ». Or, ils n’ont pas pu, ou ne pourront pas le faire. En cause ? Un point précis du règlement : le « Soulier d’Or » récompense le meilleur joueur du championnat national. Hors de question de transiger là-dessus. Tous les Belges qui ont choisi de s’expatrier se sont dès lors exclus eux-mêmes de cette lutte domestique annuelle.

C’était donc l’occasion ou jamais pour Romelu Lukaku de s’octroyer le trophée. En 2011, il ne sera plus en piste. D’ici là, en effet, il aura quitté la Belgique. L’attaquant anderlechtois est très courtisé. C’est de notoriété publique. Ses employeurs affirment que si une offre intéressante leur était soumise dans les prochaines semaines, ils l’analyseraient avec tout l’intérêt que le montant du chèque présenté exigera de la part de gens qui entendent négocier le départ de leur buteur pour une somme supérieure à vingt millions d’euros (voir mon blog du 28 décembre). Depuis plusieurs mois, des rumeurs font état de l’attention que divers clubs, anglais principalement, portent à Romelu Lukaku. Ce dernier ne cache pas son attrait pour la réputée et rémunératrice « Premier League ». Taillé morphologiquement pour y prendre part, il sait, en outre, qu’une compétition aussi médiatisée assurera à son talent un rayonnement et une exposition encore plus éclatants que s’il optait pour l’Espagne, l’Allemagne, voire l’Italie.

Plusieurs options s’offrent à lui. On a cité Chelsea et Liverpool. Ce mercredi, un bruit courait selon lequel l’Anderlechtois aurait un accord avec Manchester City. En entendant ça, je suis tombé de mon siège. Je ne considère pas l’arrivée de Romelu Lukaku chez les co-leaders du championnat anglais comme une bonne nouvelle. Pour lui, du moins. Pour Anderlecht, où on a récemment empêché Lucas Biglia de signer au Galatasaray Istanbul en raison du manque de garanties bancaires que les Turcs étaient à même d’apporter afin de finaliser ce transfert, c’est plutôt le contraire. L’affaire serait excellente. Rachetée en septembre 2008 par un pool d’investisseurs regroupés autour d’un cheikh saoudien dont je vous ferai grâce du nom à rallonge, l’équipe de l’Est de Manchester dépense sans compter afin de bâtir une formation à la mesure des ambitions nourries par ses propriétaires. Rien n’est trop beau pour eux ! En un peu plus de deux ans, ils ont déboursé 600 millions d’euros pour piquer Carlos Tévez au rival d’United, acquérir les Brésiliens Robinho et Jô, acheter Kolo Touré, Emmanuel Adebayor, Nigel De Jong, Jerome Boateng, Yaya Touré, Alexandre Kolarov, David Silva, Patrick Vieira, Joleon Lescott, Roque Santa Cruz, Shay Given, Shawn Wright-Philipps, Craig Bellamy, Wayne Bridge et, tout récemment, le Bosniaque Edin Dzeko. J’en oublie certainement l’un ou l’autre. Tiens, oui : Mario Balotelli, James Milner et Adam Johnson…

« City » est financièrement fréquentable. Ce qui, par les temps qui courent, est devenu rare. La crise, là-bas, on ne connaît pas. La vente de Romelu Lukaku à Manchester permettrait au Sporting d’Anderlecht de palper une quantité astronomique de pétrodollars. Semblable opération comblerait les Bruxellois. Mais qu’en est-il du joueur lui-même ? Je parle d’un strict point de vue sportif. Réputés pour effectuer des achats compulsifs, les nababs saoudiens passent aussi pour afficher une patience inversement proportionnelle à l’acharnement qu’ils mettent à ferrer les gros poissons. A « City », on jette rapidement ce qu’on a payé hors de prix. Dans ces conditions, laisser aujourd’hui Romelu Lukaku partir là-bas équivaut à l’envoyer au suicide. Il manque de planches pour se frotter sur le terrain à une concurrence aussi rude, tandis que le vestiaire de « City, composé d’une sacrée bande de caractériels avec Balotelli et Tévez en têtes de gondole, aura sûrement raison de la résistance mentale et de la force psychologique de cet adolescent, quand bien même celui-ci y bénéficierait-il d’un soutien de choix en la personne de Vincent Kompany. Ma conclusion ? Admettons que ces nouveaux riches aient plus qu’un œil sur Romelu Lukaku. Admettons qu’ils soient prêts à s’aligner sur le prix réclamé par Anderlecht. Pourquoi n’autoriseraient-ils pas le Sporting à le conserver une saison supplémentaire, en lui octroyant, par exemple, les services d’un entraîneur, lui-même ancien attaquant de haut niveau, histoire qu’il progresse au rythme de séances de travail personnalisées et intensives ? Romelu Lukaku restant une année de plus en Belgique ? Ce serait également l’assurance pour lui de remporter le « Soulier d’Or »…

Dominique             

14:20 Écrit par Dominique dans En marge, Jupiler Pro League | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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