D’Onofrio : une Coupe avalée de travers

Par Dominique le 24 janvier 2011 - 1 commentaire

L’entraîneur du Standard n’a-t-il pas commis une grossière erreur de jugement en affirmant avant le match de ce dimanche, à Anderlecht, que la rencontre de Coupe de Belgique que son équipe disputera demain, face au FC Malinois, était plus importante ? J’en suis persuadé…


Hier, j’ai relu mon blog daté du 12 janvier. Je l’avais intitulé : « Dominique D’Onofrio change de rôle ». J’y avais notamment annoncé que le Sporting d’Anderlecht gagnerait le championnat. J’expliquais en substance que les Bruxellois « semblent être une pointure au-dessus de tout le monde. » Pour moi, cela ne fait d’ailleurs pas l’ombre d’un doute. Le succès que les joueurs d’Ariël Jacobs ont obtenu ce dimanche face au Standard les désigne plus que jamais comme les favoris à leur propre succession. Dans les résultats, une série : voilà douze rencontres que le Sporting d’Anderlecht n’a plus connu la défaite. Dans le jeu, une philosophie : même si les Bruxellois ne donnent pas l’impression de dominer outrageusement leur sujet, comme ce week-end, ils s’accrochent, ils remettent inlassablement l’ouvrage sur le métier et, au bout du compte, ils l’emportent.

J’aurais aimé découvrir chez les Liégeois cette abnégation, cette volonté, mais également cette audace qui leur auraient permis, qui sait ?, de ne pas repartir du Parc Astrid en étant battus à l’extérieur pour la huitième fois de la saison, la cinquième de suite. C’est énorme. C’est catastrophique. C’est une honte pour une équipe qui, il y a peu, fêtait son second titre d’affilée et qui, cette année, nourrissait l’ambition de renouer avec un statut plus conforme à son standing. Aujourd’hui ? Le Standard laisse filer ses matches comme si un esprit mal intentionné avait glissé de la cire sous les crampons de ses joueurs. Concernant ce qui s’est produit à Anderlecht, je ne parlerai pas de décontraction. Ce serait exagéré. Mais la manière dont les Liégeois ont abordé cette partie était proche du suicide en raison d’un jeu de position et d’une maîtrise au niveau de la circulation de la balle complètement déficients. En d’autres termes, le Sporting serait de toute manière arrivé à ses fins. Il y est dès lors parvenu, fût-ce à l’issue d’une première mi-temps approximative et erratique. Or, s’il avait été bien négocié, ce rendez-vous de prestige et de reprise aurait peut-être changé la donne pour le Standard. Comme un nouveau championnat qui débute en quelque sorte, avec la possibilité de gommer les effets dévastateurs des vingt-et-un matches précédents, mais sous condition de terminer ce premier tour de compétition en boulet de canon…

A Anderlecht, la poudre utilisée par les Liégeois était mouillée. Certes ! Les forfaits de Steven Defour, d’Axel Witsel, de Cyriac, de Felipe et de Sinan Bolat, voire les problèmes posés par Franck Berrier, Tom Demul, Alen Pamic et Victor Ramos ont singulièrement compliqué semaine après semaine la tâche de Dominique D’Onofrio. Certes ! Le retour de Mèmè Tchité, à court de forme après deux mois et demi d’absence, n’a pas davantage facilité les choses pour l’entraîneur liégeois. Quant à son interview dans la presse de ce week-end, où il affirmait, je cite, que « ce déplacement à Anderlecht est moins important que notre quart de finale de Coupe de Belgique contre le FC Malinois », autant jeter directement l’éponge. S’il avait voulu le faire exprès, Dominique D’Onofrio ne s’y serait pas pris autrement pour fournir à ses joueurs une occasion supplémentaire de lambiner et un alibi en béton pour se dérober face à plus fort qu’eux. A Sclessin, la situation exige pourtant que chacun enfile son bleu de chauffe en toutes circonstances, histoire de décrocher in extremis un billet de première classe pour les playoffs. Et voilà celui censé guider le Standard sur la voie de la rédemption après tant et tant de mélodrames qui invite son groupe quasiment à lever le pied, à Anderlecht qui plus est !, afin de se ménager avant la venue du FC Malinois.

Je grossis le trait ? A peine. De tels propos, maladroits et forcément inopportuns, ne sont pas anodins. Depuis qu’il a reconquis le titre après vingt-cinq ans d’attente, enchaînant douze mois plus tard avec une nouvelle place sur la plus haute marche du podium, le Standard apparaît tel un poulet sans tête, qui court dans tous les sens. Après quoi ? Bonne question. J’ai également le sentiment qu’avoir fait sauter la banque en 2008 et en 2009 a amplement suffi aux dirigeants liégeois, comme s’il s’agissait d’une finalité en soi et non d’une réelle prise de conscience que cette tradition de la gagne, enfin à nouveau perpétuée, suscitait davantage d’obligations qu’elle n’incluait de droits. Elémentaire ? Eh bien pas à Sclessin où, pour la deuxième fois de suite, on risque de se retrouver dans un cul-de-sac. Cela fera alors probablement belle lurette que la vindicte populaire aura envoyé Dominique D’Onofrio croupir au fond d’un cul-de-basse-fosse. Les supporters du Standard en ont assez de voir leur équipe cul par-dessus tête. Moi-même, j’ai quitté dimanche le Parc Astrid abasourdi par la faiblesse du football proposé par les Liégeois. Mais à qui imputer la responsabilité de cette anomalie ? Plutôt : à qui l’imputer vraiment ? A Dominique D’Onofrio ou… 

Dominique

 

17:45 Écrit par Dominique dans Jupiler Pro League | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook

Commentaires

En ce qui me concerne, j'ai dû me pincer pour croire que cette équipe anderlechtoise est bien la première du classement. Avec cette phrase qui me trotte dans la tête: Anderlecht est faible et le Standard encore plus. Le plus inquiétant est que le Sporting n'avait pas de circonstances atténuantes. C'est donc ça la meilleure équipe en Belgique ? Eh ben, il y a du boulot.

Écrit par : Luc | 24 janvier 2011

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