Le dessous des cartes (4)

Par Dominique le 04 février 2011

Le football belge revu et corrigé. Voilà un mois et demi que je ne m’étais plus plié à un tel exercice. Je m’y remets. Avec cette question à la clé : Sammy Bossut, le gardien de Zulte-Waregem, fera-t-il mieux que Michel Preud’homme ? 


Le chiffre. Il représente le pourcentage d’étrangers évoluant en division 1 : 50,9. Je ne serai pas chiche, j’arrondis : 51. Selon une étude effectuée par le très sérieux « Professionnal Football Players Observatory », la Belgique fait partie des nations européennes les plus actives sur le marché international des transferts. Cette tendance n’est pas près de s’inverser. Je schématise : voyez plutôt ce qui se passe au Lierse et à Charleroi ! Ainsi, (plus d’) un joueur sur deux du championnat serait issu d’un pays autre que le nôtre. C’est moins qu’à Chypre (72,3%), c’est également moins qu’en Angleterre (58,4%) ou qu’au Portugal (56,4%), mais c’est tout de même beaucoup plus qu’il y a dix ans : à l’époque, on dénombrait seulement quarante pour cent de footballeurs étrangers en division 1. Le sondage réalisé par le PFPO est le troisième du genre. Arrêté à la date du 1er octobre 2010, il repose sur le recensement de 13.108 joueurs répartis dans 534 clubs disséminés eux-mêmes dans trente-six championnats européens. A la lecture de ce rapport comptant quatre-vingts pages, j’ai également appris que soixante-huit Belges évoluaient eux-mêmes à l’étranger. Juste une question : cela en fait combien, réellement, au top niveau ? Pas la peine de me répondre…        

Zulte-Waregem. Mercredi dernier, Sammy Bossut disputait sa cent-cinquième rencontre d’affilée dans les buts de Zulte-Waregem. C’était à Eupen, en match d’alignement comptant pour la vingt-et-unième journée de compétition. Pas mal ? Et comment ! Pour le Flandrien, l’aventure débute le 22 mars 2008. Ce jour-là, Zulte-Waregem accueille Saint-Trond au Gaverbeek. J’avoue ne pas me souvenir du score de cette partie. Je n’ai rien fait non plus pour m’en informer. Vous m’en voulez ? Est-ce important ? Pas vraiment. D’ailleurs, Sammy Bossut s’en fiche complètement lui aussi. Pour le Flandrien, l’essentiel consiste, d’une part, à mener son club le plus haut possible mais, en outre, à faire en sorte d’avoir les épaules suffisamment larges et les reins assez solides pour parvenir à battre le record établi par Michel Preud’homme entre le 14 mai 1988 et le 10 avril 1993 : le gardien du FC Malinois avait porté à bout de bras 166 fois de suite une équipe dont il fut « la » référence absolue avant son transfert au Benfica Lisbonne, en 1994. Faire mieux que Michel Preud’homme ? Qui ne le souhaiterait pas ? « Pour moi, ce serait même un rêve », confie volontiers Sammy Bossut à ce propos. J’ai tendance à le croire…

Clean Sheets. Littéralement : feuilles blanches. Celles qui, dit-on, sont une hantise pour un écrivain ? Pas vraiment. Du moins, pas dans le cas qui nous occupe ici. C’est par ce terme que les Britanniques désignent un match au cours duquel un gardien aura permis à son club de conserver le nul blanc au marquoir. Chez nous, une équipe s’est spécialisée dans ce domaine : le Sporting d’Anderlecht. Le week-end dernier, à Malines, les Bruxellois ont rendu une copie dépourvue de la moindre rature pour la quinzième fois de la saison. Notez que leurs hôtes ont fait presqu’aussi bien qu’eux : voilà en effet onze rencontres (répercutées sur 21 journées, pour 24 à Anderlecht) que les Malinois n’ont pas encaissé de but. Dans ce classement quelque peu atypique mais néanmoins révélateur, Zulte-Waregem occupe une surprenante troisième place : les Flandriens ont rentré neuf clean sheets. Suivent le Club Brugeois, Courtrai et le Germinal Beerschot (!), qui ont certes plié à sept reprises mais sans jamais rompre pour autant. Le week-end qui s’annonce offrira-t-il un nouvel éclairage à ces performances fondées à la fois sur une discipline collective et sur une virtuosité individuelle ? Je vous répondrai en usant d’un autre anglicisme : « Wait and see ». Si vous préférez : qui vivra, verra…

Anderlecht. Et puisque le blog de ce jour est consacré principalement aux gardiens, j’aimerais attirer votre attention sur les prouesses que Silvio Proto est en train de réaliser. Voilà deux mois exactement que le Bruxellois n’a plus encaissé de goal. Deux mois, c’est la période qui sépare la venue, ce samedi, de Saint-Trond au Parc Astrid et ce déplacement effectué par le Sporting d’Anderlecht à Zulte-Waregem, avec, à la clé, un but du Français Rémi Maréval. C’était le 5 décembre. Entre-temps ? Eh bien, Silvio Proto n’a plus quitté son nuage, que ce soit contre Lokeren, le Lierse et le Standard, ou bien au Club Brugeois, à Courtrai et à Malines. Sans oublier ce match comptant pour l’Europa Ligue, disputé le 16 décembre face à Hajduk Split. Sept rencontres que le Bruxellois donne la migraine à tous les attaquants qui veulent le défier. Et avec ça, vous voudriez, vous, que Silvio Proto ne débute pas mercredi, contre la Finlande, avec l’équipe nationale ? Heureusement que Georges Leekens est là pour veiller au grain !  

Dominique

*Voir mes blogs du 9 novembre, du 22 novembre et du 17 décembre 2010.

14:06 Écrit par Dominique dans En marge, Jupiler Pro League | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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