Marc Wilmots, cartes sur table

Par Dominique le 11 février 2011

L’entraîneur-adjoint de l’équipe nationale effectue son retour sur mon blog après le match nul des Diables Rouges face à la Finlande. Alors, et pour rester dans la métaphore gastronomique, vague pitance ou grande cuisine que cet entremet servi à Gand six semaines avant de prendre la direction de l’Autriche ? Marc Wilmots fait monter la sauce, plaçant chacun devant ses responsabilités…


Je suis satisfait à quatre-vingts pour cent de la manière dont nous avons évolué contre la Finlande. Nous avons produit du jeu. Nous nous sommes créés pas mal d’occasions. Quelques joueurs m’ont beaucoup plu. Je pense à Nacer Chadli, qui, pour sa première sélection, a étalé une assurance conforme aux espoirs placés en lui, à Romelu Lukaku, auteur d’un match plein, à Vincent Kompany, clairement au-dessus du lot, ou encore à Eden Hazard, déroutant et bon dans la percussion. Entre autres. Car, lorsque j’analyse une rencontre avec le recul qui convient à ce type de démarche, je n’aime pas trop m’attarder sur telle ou telle prestation individuelle. Je préfère disséquer le comportement de l’équipe dans son ensemble. A mes yeux, le collectif a toujours primé. Il n’y a aucune raison pour que cela change.


L’emprise que nous avons eue sur cette partie aurait été totale si, d’une part, nous avions été plus efficaces devant et si, d’autre part, nous n’avions pas à nouveau péché par laxisme derrière. L’essence même du football réside dans le fait de marquer des buts, du moins un de plus que son adversaire, et, a fortiori, dans ce principe qui consiste à ne pas encaisser. Nous en avions fait la démonstration en Russie, où nous nous étions imposés zéro-deux. C’était à la mi-novembre. Les leçons de la contreperformance que nous avions signée un mois plus tôt face à l’Autriche, au Heysel, me semblaient avoir été retenues par un groupe qui, cette fois, avait eu le bon goût de rester concentré sur son sujet jusqu’au bout. Je croyais sincèrement que nous afficherions ce même état d’esprit devant la Finlande. J’ai dû déchanter quand, suite à une nouvelle erreur, notre adversaire en a profité pour marquer durant les arrêts de jeu.
A ce niveau, pareille faute d’inattention se paie cash. Nous le savons bien. Cette prise de conscience, que je ressens personnellement fortement lors des causeries tactiques de Georges Leekens devant des garçons très réceptifs au message que nous leur transmettons, s’affiche encore trop par intermittences pour que nous arrêtions de taper sur le clou : un match n’est pas fini avant que l’arbitre l’ait décidé. Quand, donc, le comprendrons-nous ? Là, il n’est pas trop tard. Ce partage obtenu devant la Finlande est quelque peu contrariant. Ce résultat n’est toutefois pas catastrophique dans la mesure où il ne prête pas directement à conséquence. En revanche, si nous répétons, le 25 mars, à Vienne, les bourdes que nous avons commises le 12 octobre, à Bruxelles, et, accessoirement, celle qui a débouché ce mercredi sur le goal finlandais, je ne nous donne effectivement plus la moindre chance de nous qualifier à l’Euro 2012.

Car, là, cela devient beaucoup. J’admets que certaines circonstances plaident en notre faveur. Le remodelage de notre ligne médiane suite aux absences de Steven Defour et de Marouane Fellaini est à prendre en considération. En d’autres termes, nous aurions préféré, Georges Leekens et moi, moins œuvrer dans l’à peu près, c’est-à-dire aligner la même équipe de départ qu’en Russie. Ce ne fut pas possible. Idem au sujet de Jelle Vossen et de Moussa Dembele. Ces forfaits, sans oublier celui de Jonathan Legear, nous ont donc contraints à innover. Notez que je ne m’en plains pas. Ceux qui ont remplacé les joueurs que je viens de citer ont manifesté une envie incontestable de bien faire. J’ai apprécié, je le répète, l’apport de Nacer Chadli. Le retour d’Axel Witsel a été payant. La montée au jeu de Dries Mertens et de Jelle Van Damme m’a rassuré : pour l’Autriche, il y aura une sérieuse concurrence pour quelques postes. Les égos en seront d’autant plus titillés que nul n’ignore désormais l’importance de ce déplacement. Tous voudront en être. Aux intéressés à nous persuader, Georges Leekens et moi, de leur accorder notre confiance. Je ne m’en fais pas trop : il règne une formidable ambiance chez ces Diables Rouges qui ne sont jamais aussi heureux que lorsqu’ils peuvent évoluer ensemble. Pour que le tableau soit idyllique, il ne nous manque qu’un ou deux très gros résultats. Il me tarde de les voir tomber…        

Marc Wilmots (avec Dominique)

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