Playoffs : hypothèque ou hypothèse ?

Par Dominique le 09 mars 2011

Me voici de retour à un moment crucial : le sort de plusieurs équipes va se jouer lors des deux prochaines journées de championnat…


On n’entend plus que ça ! Comment disent-ils déjà ? Ah oui : playoffs ! Pour la majorité de l’opinion publique, cela signifie « rejet » d’un concept fumeux qui en appelle clairement à un manque de vision à long terme pour le football belge, à la régression programmée de celui-ci, à des tripatouillages, magouillages et autres « petits arrangements entre amis » censés placer en orbite quelques-uns, systématiquement les mêmes d’ailleurs, les autres ayant droit au pâté d’alouette servi aux traditionnels « pigeons de service » par les célèbres maîtres queux de la Ligue professionnelle. Pour les autres, dont je suis, cela – les playoffs – traduit une forme d’indifférence, une sorte de fatalisme qui consistent à « faire avec » puisque de toute façon, on ne peut pas « faire autrement ». Pourtant, je l’avoue : j’ai été tenté par la défense à outrance de la formule actuelle du championnat. Je m’en étais ouvert dans mon blog du 13 décembre dernier. Toutefois, j’avais pris soin d’assortir mon adhésion à ce système d’une condition non négociable. J’avais alors écrit que l’instant me semblait opportun afin de susciter « un vrai débat, un véritable engagement » à propos du sport numéro un national. J’avais suggéré qu’on songe sérieusement à y « réintroduire de l’excellence, de l’ambition, de la culture de haut niveau au plus haut niveau ». Vous trouvez que cela en prend le chemin, vous ?

Dès lors, à défaut que nous soyons capables aujourd’hui de lever l’hypothèque qui pèse de plus en plus lourdement sur l’avenir du football belge en faisant en sorte que celui-ci s’appuie sur des socles solides et ne repose plus sur des sables mouvants, l’hypothèse d’assister à plusieurs franches empoignades me convient tout à fait. Je palpe d’ici l’angoisse qui saisira certains. Je devine déjà l’espoir que d’autres entretiennent. Je mesure la déception des uns tandis que les premiers verdicts tomberont samedi soir. Je me réjouis de décrypter les discours issus d’une dialectique forcément partisane. Bref : je suis impatient d’être le témoin de ce sprint court et dévastateur.

Que penser du Club Brugeois ? C’est quasiment dans la poche pour les Flandriens ! Un succès à Sclessin, ce dimanche, les aurait complètement rassurés sur leur sort. Ils ne devraient pas tarder à l’être. Probablement ce week-end, contre Courtrai. Autre réalité : Lokeren constitue la surprise majeure de ce groupe de tête. Il n’y a aucune logique dans l’émergence des Waeslandiens. L’an dernier, ils échappaient de peu à la relégation. Depuis ? Eh bien, la citrouille s’est changée en carrosse. La venue, samedi, du Lierse à Daknam, où on jouera pour l’occasion à guichets fermés, devrait faire se tire-bouchonner de satisfaction le président Roger Lambrecht. Au même moment, le FC Malinois tremblera-t-il au Germinal ? Et le Standard, s’affolera-t-il au Mambour devant une équipe de Charleroi qui veut bien mourir mais non sans avoir préalablement arraché des larmes de sang à ses deux derniers rivaux : les Liégeois, donc, mais aussi Westerlo ?

Mis ainsi à nu, les ressorts de la survie de ces candidats aux honneurs et de ces prétendants à l’indulgence – n’oublions pas Eupen, qui accueillera Anderlecht et se rendra en dernière instance à Malines, voire le Germinal, toujours sous la menace d’un retour miraculeux de ces mêmes Germanophones et/ou du Lierse – ont le mérite de dynamiser un modèle de compétition que d’aucuns se sont plu récemment à embrouiller avec un rare acharnement. Si j’en fus étonné ? Pas du tout. Car voici ce que je déclarais à leur sujet, toujours dans mon blog du 13 décembre : « Que faut-il encore espérer de ces dirigeants qui, pourtant des gens relativement importants de la société civile et très compétents – pour la plupart – dans leur secteur d’activités, occupent (dans le milieu du football) des postes qui nécessitent une permanence et une aptitude dont ils sont dépourvus ? Rien ! Il ne faut rien espérer d’eux. » Voilà pourquoi, moi, j’attends énormément de la tournure que les événements prendront lors des deux prochains week-ends. Au moins que ceux-ci soient palpitants. Et tragiques. Et qu’ils ouvrent la porte à des playoffs éprouvants car indécis. Ensuite, nous verrons ce qu’il y a lieu d’en faire…           

Dominique

12:05 Écrit par Dominique dans Jupiler Pro League | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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