Charleroi s’en remet à Justine Henin !

Par Dominique le 14 mars 2011

Une vraie énigme, ce lancer de balles de tennis effectué ce week-end durant le match entre le Sporting Charleroi et le Standard ? Pas du tout si on y réfléchit bien…


Comme vous, probablement, j’ai moi aussi cherché la signification de ce geste initié par les supporters du Sporting Charleroi, et qui consista à bombarder la pelouse du Mambour de balles de tennis tandis que les ultimes, et bien faibles illusions entretenues par leur équipe de sauver sa peau volaient en éclats sur un coup de tête de Jelle Van Damme et un coup tordu de Mèmè Tchité. Le coup, droit évidemment, n’était pas encore parti mais le doigt de ses auteurs chatouillait déjà la détente, assez mécontents quand le premier nommé trouvait une faille dans la ligne de défense hennuyère et lorsque le second en dénichait une autre dans l’interprétation que le grandissime Frank De Bleeckere donna au règlement qu’il lui faut appliquer en cas de simulation avérée d’un joueur.

Dès lors, c’en était trop pour le bouillant public du Mambour. Finalement conscients que la déshérence de leur club doit plus à la propre impéritie et aux errements de ses dirigeants qu’au talent et aux fulgurances de ses rivaux, les habitués du coin adressèrent un message fort à ceux qui les avaient ainsi cocufiés match après match : ils leur enjoignirent expressément d’arrêter de « jouer avec leurs balles ». L’avertissement était malicieux. Se moquer, égratigner ? D’accord ! Rien à voir avec ce qui se passa par la suite. Ces scènes de violence, ces excités qui entreprennent de démonter les grillages installés devant les gradins où ils ont pris place, ces forces de police qui investissent le terrain et cette image, scandaleuse, d’un enfant emmené par un steward afin d’être mis en sécurité ? Inadmissible : désormais, Abbas Bayat n’est plus le seul à porter la honte d’une saison faite de frasques, de polémiques, de déchirements, d’ennuis et de dérapages en tous genres !

Entre-temps ? Eh bien, Losada, Ederson, Biton, Cordaro ou Signorino eurent beau allonger la foulée, le surplace suicidaire du Sporting Charleroi se poursuivit. Mais, me direz-vous, que faire ? Virer Csaba Laszlö ? Cela s’impose, non ? Quel autre sort convient-il de réserver à un entraîneur qui ne fait pas son boulot ? Le bilan du Hongrois est catastrophique. Treize points sur soixante, soit 21% de réussite, c’est largement insuffisant. C’est nettement moins que ces autres exorcistes appelés ici et là en cours de championnat. J’entends : Albert Cartier à Eupen (22 sur 60/36%), Jacky Mathijssen au Germinal (12 sur 33/36%), Hugo Broos à Zulte-Waregem (20 sur 51/39%) et Trond Sollied au Lierse (10 sur 24/41%). Depuis qu’il est arrivé au Mambour, Csaba Laszlö n’a rien fait d’autre que pioncer. Avec lui, le Sporting est demeuré au cloué au sol. Certes ! Ce n’était pas gagné. Mais là, Charleroi est en train de tout perdre. D’où cette question. Je la répète : que faire ?

J’ai peut-être la réponse. Ou plutôt : celle-ci m’est venue à l’esprit alors que j’observais, mi-amusé et mi-interloqué, le gazon du Mambour pris d’assaut par une vague de petites balles jaunes déferlant habituellement sur le Spiroudôme tout proche. Bon sang, mais c’est bien sûr : les supporters de Charleroi réclament l’aide de Justine Henin ! Récemment retraitée, la Namuroise a du temps à consacrer, de l’énergie à transmettre, de l’expérience à faire partager au travers des convictions et de cette foi qui l’animaient jusqu’il y a peu. Le doute, celui-là même qui s’écoule par seaux entiers des quatre tribunes composant le stade d’un Pays aussi noir que l’avenir de son équipe-fétiche semble bouché, Justine Henin ne connaît pas. Ou guère. Il semble en tout cas ne jamais l’avoir effleurée. Têtue, tenace, imperturbable, jamais découragée, l’ancienne Numéro 1 mondiale (pendant 117 semaines, tout de même) s’est vue adresser un sacré appel du pied l’autre soir, au Mambour. Y répondra-t-elle ? Gageons que non. Hélas. Cela n’empêchera pas le tennis de continuer à avoir de beaux jours devant lui, à Charleroi. Pour le football, naturellement, c’est une autre histoire…  

Dominique  

16:26 Écrit par Dominique dans Jupiler Pro League | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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