Le drôle de jeu du FC Malinois

Par Dominique le 31 mars 2011 - 1 commentaire

Le Lierse a privé son voisin de trois points capitaux en alignant sur la feuille de match un joueur qui, aux dires de… l’AS Eupen, n’était pas qualifié. Enième querelle de famille dans un championnat de Belgique sens dessus dessous. Au fait : celle-là, elle cache quoi, réellement ?


Franchement, ils doivent en rire, à la Fifa. Ces Messieurs bien mis doivent penser qu’ils ont eu raison de confier l’organisation de la Coupe du Monde 2018 à la Russie, et non pas à un pays, le nôtre en l’occurrence, qui n’est même pas fichu de mettre de l’ordre dans sa propre compétition, mais qui avait pourtant dans l’idée d’accueillir sur son sol un événement planétaire majeur. Certes ! Depuis, on a compris que le projet en question était destiné à servir les ambitions politiques d’un type – la bataille maïorale pour Bruxelles avait ainsi débuté avant l’heure –, mais de là à ce qu’on passe d’un extrême à l’autre dans une cacophonie assourdissante avec, en corollaire, des procédures juridiques en pagaille, des débats interminables sur l’agencement d’un calendrier s’étirant à n’en plus finir, des hurlements, des menaces, des promesses vraies ou fausses, il y a de la marge.

Et pourtant, on en est là ! C’est-à-dire : en plein délire. C’est-à-dire : entre le moment où je procède à ces digressions et celui où vous lirez ces quelques lignes, la situation aura peut-être radicalement changé suite à la décision d’un bourgmestre quelconque, en fonction du retrait de la plainte déposée par un club contre un autre, ou bien d’une nouvelle assignation en justice, quitte, par exemple, à ce que le début des playoffs, prévu ce week-end, soit reporté à une date ultérieure parce que des dirigeants, ceux de l’AS Eupen, se sont réveillés un matin en songeant que c’était effectivement l’instant idéal pour mettre le championnat cul par-dessus tête.

En ce qui me concerne, je me moque de savoir si la démarche effectuée par les Germanophones à l’encontre d’un de leurs concurrents directs – le Lierse – afin de lui faire perdre trois points soit fondée. Moi, ce que je voudrais comprendre, c’est pourquoi le FC Malinois, directement impliqué dans cette nébuleuse histoire d’affiliation, n’ait pas lui-même levé le lièvre. Je résume : battu ce jour-là au Lierse tandis que son adversaire avait inscrit sur la feuille de match un joueur qui n’était pas qualifié, le FC Malinois aurait été logiquement en droit de revendiquer la victoire par forfait. Ce qui, si vous prenez la peine de regarder le classement entérinant l’ultime journée de la phase classique du championnat, n’aurait pas été sans conséquence au sujet de l’attribution de la sixième, et dernière place pour les playoffs de haut de tableau. En clair : avec ces trois unités supplémentaires, les Malinois auraient sauté le Standard et, du même coup, dans le bon wagon.

Or, ils n’ont pas bronché. Pourquoi ? Parce qu’ils ne connaissaient pas la situation exacte du dénommé Jason Adesanya, l’emmerdeur de service, qui aurait dû être en tribune plutôt qu’en short et en maillot ? Faux : d’après ce qui se raconte, les Malinois avaient eu vent de l’information. Dès lors, pour quel motif se sont-ils tenus à carreau ?

Dans le cadre d’un entretien qu’il avait accordé au « Nieuwsblad » le 20 mars, Johan Timmermans, le président du « KaVé », expliquait que l’éviction de son club des playoffs 1 engendrerait une perte qu’il évaluait personnellement entre six cents et sept cents mille euros. « Un sacré montant pour une formation comme la nôtre », ajoutait Johan Timmermans. Ce même jour, le FC Malinois s’imposait devant l’AS Eupen, un succès toutefois insuffisant pour lui permettre de terminer dans le Top 6. En cause ?  La victoire du Standard face au Germinal Beerschot. « Nous voilà versés dans les playoffs 2 », constatait alors Johan Timmermans. « C’est la plus laide (sic) compétition qui existe, la pire manière d’achever la saison. Pour les joueurs mais aussi pour notre public, qui va devoir se taper des rencontres quasiment dépourvues de tout attrait. » Une petite précision : l’usage de l’adverbe « quasiment » est superflu ici.

J’en reviens donc à ma question : s’ils étaient au courant pour Jason Adesanya, pourquoi les Malinois n’ont-ils pas moufté ? Pour ne pas faire de vagues ? Afin de ne pas mettre un peu plus dans l’embarras un club voisin, suffisamment empêtré dans les problèmes pour éviter de lui en créer d’autres ? Johan Timmermans, dans « Het Nieuwsblad » encore : « En fréquentant le monde du football, j’ai au moins appris une chose : dans ce milieu, il faut éviter d’être trop gentil. Sinon, on se fait marcher dessus. » A la lecture du propos, l’argument de la mansuétude vole en éclats. D’où mon insistance : pourquoi le FC Malinois a-t-il agi ainsi, à l’encontre de ses propres intérêts ? Parce que ses dirigeants estiment que leur but est atteint ? Johan Timmermans, toujours lui : « Nous sommes septièmes alors que nous avions prévu budgétairement de terminer douzièmes ou treizièmes. » Sous-entendu : qui trop embrasse, etc. Admettons que les Malinois soient des gens prudents. C’est tout à leur honneur. A mon sens, toutefois, cette posture est bidon dans ce sport où certains tueraient père et mère pour gagner une place au classement. Mais pas Malines, visiblement. Pourquoi ?  Parce que les Anversois ont songé que quelqu’un d’autre, Manfred Theissen, le manager d’Eupen pour ne pas le citer, ferait le sale boulot à leur place ? Et qu’ensuite, il ne leur resterait plus qu’à tirer les marrons du feu ? Plausible ? A moins qu’il y ait autre chose derrière tout ça. Comme quoi ? Je guette la prochaine interview de Johan Timmermans pour découvrir les vraies cartes de ce drôle de jeu. Même si j’ai déjà ma petite idée…

Dominique      

15:39 Écrit par Dominique dans Jupiler Pro League | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook

Commentaires

On la veut bien ta petite idée Dom... Soit u en as trop dit, soit pas assez... à moins que tu en gardes un peu sous la pédale pour ta prochaine chronique ? Au plaisir de le lire, mec !

Écrit par : lucien prudence | 31 mars 2011

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