Anderlecht : se dégager des décombres

Par Dominique le 11 avril 2011 - 2 commentaires

Les champions en titre ont leurs vapeurs. La lourde défaite qu’ils viennent de subir au Club Brugeois ne va pas permettre à leur état de s’améliorer. Au fait : et si le mal en question était plus profond qu’il n’y paraît ?


Voilà deux ans, j’avais été invité à émettre un avis sur le Sporting d’Anderlecht pour le compte du "Télé Moustique". Les Bruxellois se préparaient à rencontrer le Standard lors d'un double test-match censé départager les deux équipes pour le titre de champion de Belgique. On m’avait interrogé sous prétexte que je connaissais bien le club du Parc Astrid. Au même moment, j’avais fourni une collaboration très large et assez remarquée à la rédaction d’un ouvrage réparti en trois tomes, et relatant sous un angle totalement inédit l’histoire du Sporting ( "Le Dictionnaire du RSC Anderlecht" – Editions Magnad).

En ce temps-là, à Anderlecht, on avait déjà ses vapeurs. La perspective d’affronter les Liégeois en deux manches exaspérait les Bruxellois. Ils étaient taraudés par une sombre histoire de penalty qui les avait grandement contrariés, tout en relançant miraculeusement leur adversaire. Vous vous souvenez ? Que n’avait-on dit, ou entendu alors au sujet de ce coup de réparation manqué par le Gantois Bryan Ruiz ? En proie à une vive colère, certains, au Sporting, mirent même en doute l’intégrité morale du Costaricain, stigmatisant son manque d’application coupable face à Sinan Bolat sur cette phase de jeu décisive. Les autres, dont j’étais, se réjouissaient d’assister à une fin de compétition aussi haletante, mettant en présence deux formations bien décidées à ne pas s’aplatir devant l’autre.

Aujourd’hui, ce qui m’importe réside dans le propos que j’avais tenu à l’époque. A la question qui m’avait été posée de savoir si le Sporting d’Anderlecht était bien géré, j’avais répondu que si les Bruxellois souhaitaient se positionner à nouveau durablement sur la scène (inter)nationale, ils devraient au préalable reconsidérer leur manière de fonctionner. Et pour cela, il leur fallait se doter d’ "un vrai organigramme". J’ajoutais : "Un club comme Anderlecht ne peut plus se passer d’un directeur sportif".  Inutile de vous préciser que je n’ai pas été entendu. De toute manière, mes conseils n’avaient aucunement vocation à être suivis dans ce haut lieu du football, où on croit dur comme fer y avoir inventé ce jeu bien longtemps avant les Anglais. Donc, le poste n’a toujours pas été pourvu d’un titulaire digne de ce nom. Ce qui en découle ? Un véritable foutoir en matière de transferts. A l’époque, j’avais d’ailleurs étayé mon argumentation, déplorant que les Anderlechtois affichent "un manque de connaissance du marché" du recrutement, lacune accentuée par "un manque de réseaux" qui s’annonce désormais comme un problème majeur pour les années à venir, surtout si les prix continuent à flamber à un rythme aussi soutenu. En clair : ceux qui ont moins d’argent devront avoir davantage d’idées lumineuses. Or, il semble de plus en plus évident qu’au Parc Astrid, toutes les pièces ne sont pas pourvues en électricité !

Je repensais à cela après que le Standard ait ridiculisé Anderlecht lors de la journée d’ouverture des playoffs du haut de tableau. J’y songeais encore dimanche, tandis que le Sporting s’inclinait lourdement au Club Brugeois. Et je me disais qu’à se montrer incapables de répondre aux exigences d’un monde en pleine mutation, le progressisme dont Roger Vanden Stock, Philippe Collin et Herman Van Holsbeeck prétendent pourtant pouvoir se targuer est en train de devenir immobile. Ou pire : régressif.

Tiens ! Avez-vous observé que, cette saison, les Anderlechtois ont consacré seulement 2 millions 725.000 euros pour étoffer leur équipe ? Et que du lourd avec les Argentins Pablo Chavarria et Pier Barrios, l’Américain Sacha Kljestan, le Tchèque Jan Lecjaks, mais aussi avec Delibor Veselinovic, venu en voisin du stade Edmond Machtens, voire Ablaye Seck et Junior Kabananga. En fait, lorsqu’on observe d’un peu plus près les mouvements financiers qui ont été enregistrés au Parc Astrid ces cinq dernières années afin de permettre au Sporting de se renforcer, on remarquera une très nette baisse des sommes disponibles : 13 millions d’euros en 2006-2007, 9 millions 300.000 en 2007-2008, 7 millions 380.000 en 2008-2009, 2 millions 800.000 en 2009-2010 et, je le répète, 2 millions 725.000 euros pour 2010-2011. Ces budgets, ridicules pour la plupart, ont généré parfois des échecs retentissants. Eternel principe des vases communicants ! Je cite, en vrac : Cristian Leiva, Max von Schlebrügge, Felipe, Cyril Théréau, Luigi Pieroni, Stanislav Vleck, Aleksander Iakovenko, Triguinho, Sebastien Bruzzese, Hernan Losada, Dimitri Bulykin, Arnold Kruiswijk, Victor Bernardez, Nemanja Rnic, Paul Taylor ou Mario Martinez. Sans oublier les six ou sept cadors cités plus haut. Rendez-vous compte ! De 13 millions d’euros en 2006 à 3 millions – j’arrondis – en 2010 ! Quelle dégringolade ! Bien sûr, il y a plusieurs explications à celle-ci. La première, essentielle selon moi : l’aplatissement dont certains font montre au Parc Astrid devant les hommes en place est une lâcheté face à l’avenir du Sporting. Pire : une menace pour celui-ci ! Vous pensez que j’exagère ? Vous avez tort…

 Dominique             

16:58 Écrit par Dominique dans Jupiler Pro League | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook

Commentaires

c'est exactement ce que je pensse le probleme mageur ce trouve dans la direction la plus belle preuve ce trouve dans l'angagement d'ariel jacobs qui selon moi n'a pas les epauls asser large pour le sporting, puis une catastrophe en matiere de recrutement.. et je crois que le pir reste a venir.... kanu????? sa n'est pas un joeur de foot.. bernardez,rnic,chavaria,ect..... que fair??????

Écrit par : flawinne | 11 avril 2011

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je ne suis pas tellement de votre avis ,lorsque ariel jacobs a gagné ,personne ne le critiquait Je pense plutot éffectivement que le recrutement d'un directeur sportif et de 2 recruteurs scooter serait une bonne chose car les transferts réalisé jusqua présent non rien donné.1pieroni, théréau était des rejettés dans leurs clubs ,il serait temps pour anderlecht de revoir cela et dépenser a 2/3 joueurs qui feront la différence et qui ont le niveau .Concernant legear certe excellent joueur mais combien de fois blessé et toujours le même probléme récurrent ,la il y a 1 fameux probléme et je pense qu'il serait temps au club dans l'avenir proche de penser a changer au moins 5 joueurs viellissant et réguliérement blessés ,voir aussi le staff médicale .En ce qui est du jeu ,je pense aussi que pour le sporting devrait jouer avec 2 attaquants ,voila c'est mon avis perso

Écrit par : chris | 12 avril 2011

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