Walter Baseggio et la politique du pire

Par Dominique le 14 avril 2011 - 2 commentaires

Aujourd'hui, j'ai choisi de donner la parole à quelqu'un que j'aime beaucoup, un garçon sympathique, bon même, frappé il y a peu de plein fouet par une maladie faucheuse de vie : le cancer. Aujourd'hui, Walter Baseggio va bien. Il va même très bien. Et s'il a temporairement mis sa carrière sportive entre parenthèses, c'est parce qu'il a d'autres projets : il voudrait se lancer en politique !


Un mot d’abord. Sur ce qui se passe actuellement au Sporting d’Anderlecht. Tout le monde connaît mon attachement pour ce club, mon club de cœur en fait. J’y suis resté quasiment vingt ans. C’est énorme. C’est rare, surtout de nos jours dans un milieu, celui du football professionnel, où un contrat ne s’inscrit pratiquement plus jamais dans la durée. Moi, je me sentais bien au Sporting d’Anderlecht. J’y étais comme chez moi. Dans ces conditions, je n’ai jamais vraiment éprouvé le besoin, et encore moins l’envie, d’aller voir si l’herbe des terrains était plus verte, plus belle ailleurs.

Et pour vous parler franchement, je n’étais pas certain du tout qu’elle le soit.

Ce préambule posé, il est clair que la crise identitaire que les Bruxellois sont en train de traverser m’interpelle. Il est inadmissible qu’une équipe de ce calibre soit à ce point incapable d’élever son niveau de jeu. Rendez-vous compte ! Depuis la mi-février, le Sporting d’Anderlecht n’a remporté qu’un seul des huit matches qu’il a disputés toutes compétitions confondues. Pour le reste ? La Bérézina en Europa Ligue et en Coupe de Belgique, avec deux éliminations sans gloire face à l’Ajax d’Amsterdam et contre Westerlo, mais aussi des prestations indignes en championnat, dont un succès laborieux devant La Gantoise fut incapable de masquer l’indigence. Je ferme la parenthèse en formulant un souhait : j’espère que les Bruxellois se ressaisiront très vite, et de préférence dès ce vendredi contre Genk. Sinon ? Leur fin de saison s’apparentera à un véritable chemin de croix avec, qui sait ?, une humiliation retentissante qui pourrait prendre l'allure d’une absence remarquée sur la scène européenne. Et là, ce n’est pas une non qualification en Ligue des Champions que j’envisage, car c’est devenu une habitude au Parc Astrid, mais une défection en Europa Ligue. Un comble ? Non ! Une honte…

Je ne me rends plus que rarement au Sporting. J’ai tourné la page. Mon transfert à Mouscron, le déclenchement de mon cancer de la thyroïde, le lourd traitement qui s’en est suivi, mon départ pour Tubize et cette récente mise entre parenthèses de ma carrière en raison des nouveaux examens médicaux que je me prépare à passer m’ont éloigné des stades. J’ai d’autres préoccupations, d’autres priorités. Je n’ai naturellement pas pour autant renoncé au football. Je ne l’envisage pas. Somme toute, je n’aurai que trente-trois ans au mois d’août et si ma santé m’y autorise – il n’y a aucune raison pour que cela ne soit pas le cas –, je me verrais bien effectuer l’une ou l’autre pige ici ou là, en division 2, voire en division 3. Je n’ai aucune exclusive. Je ne nourris aucun a priori. Pour peu, du moins, que le projet que l’on me soumettra soit sérieux, eh bien, j’y adhèrerai volontiers…

A propos de projet, il ne me déplairait pas d’entrer en politique. Cette idée me trotte dans la tête depuis un bout de temps. Je n’y pense pas chaque matin en me rasant – prétendre cela serait exagéré – mais disons que j’aimerais me rendre utile. Aujourd’hui, de nombreuses personnes – mes voisins, les vôtres peut-être – vivent dans la crainte du lendemain. Aujourd’hui, ne plus être capable de boucler ses fins de mois est devenu banal. Aujourd’hui, perdre son emploi est courant. Aujourd’hui, il y a des gens qui, après avoir pourtant travaillé pendant quarante ans dans des conditions parfois ingrates, ne sont plus assurés de pouvoir jouir d’une retraite décente. L’Etat belge ne joue plus son rôle. Les acquis sociaux ressemblent de plus en plus à des leurres. Le pays s’enfonce dans une crise gouvernementale sans précédent tandis que la notion de solidarité se délite au gré de querelles partisanes et contreproductives. Cette politique du pire m’insupporte. N’est-il pas scandaleux de faire payer à la population le coût d’une intervention de l’armée belge en Libye alors que les pensions risquent bientôt de ne plus pouvoir être versées ? N’est-il pas scandaleux de subir ainsi, de plein fouet, l’augmentation sans cesse croissante du prix de l’essence alors qu’à la tête même de l’Etat, ceux qui ont le pouvoir de faire baisser les taxes prélevées sur ce produit ne se gênent pas pour s’afficher dans des voitures impayables pour la majorité de leurs concitoyens ? Combien de temps ce cirque va-t-il durer ? J’ai conscience que ma voix ne porte pas assez loin pour que tout cela évolue dans le sens escompté, mais au silence fataliste ou convenu d’une majorité, je préfère mon cri de révolte. Je défie quiconque d’en contester la pertinence et la sincérité. Il paraît que les footballeurs n’ont jamais rien à dire d’intéressant. Et quand ils disent quelque chose, affirme-t-on, ils l’énoncent mal. A vous de juger en ce qui me concerne…      

Walter Baseggio (avec Dominique) 

11:40 Écrit par Dominique dans On a invité... | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook

Commentaires

Bravo, Walter, pour le RSCA et pour la politique. Prompt rétablissement.

Écrit par : Fernand Maurice Maes | 15 avril 2011

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Bonsoir, Cette actualite est parfaitement délicieux, de quelle source émerge t-elle ?

Écrit par : changement courroie de distribution | 11 octobre 2012

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