Danny Ost renvoyé dans ses... Cartier

Par Dominique le 15 avril 2011

Décidément, le football belge n'arrête plus de franchir le mur du... çon. Dernier exemple en date ? Les circonstances d'un bien curieux changement d'entraîneur à Eupen...


Aujourd’hui, la question que l’ensemble du football belge se pose ne consiste pas à savoir si Vadis Odidja retournera au Sporting d’Anderlecht (ceux qui soulèvent l’éventualité cette semaine avaient, rappelez-vous, déjà expédié Romelu Lukaku à Manchester City) ;

ni si les Brugeois du Club continueront à mettre leur égo de côté, histoire d’achever une bien curieuse saison en boulet de canon ;

ni si le Standard est effectivement en mesure de signer un retentissant doublé championnat – Coupe de Belgique, probabilité que plusieurs de ses joueurs évoquèrent dès l’automne ;

ni si Lokeren sera capable de tenir jusqu’au bout son rang d’arbitre au sein d’une poule de tête dont le niveau apparaît en effet trop relevé pour des Waeslandiens trop limités en tout ;

ni comment le Racing Genk va réagir après avoir été battu le week-end dernier à Sclessin, idem à propos d’Anderlecht, laminé à l’Olympiapark ;

ni si Gand est à même de briller autrement que par l’animation offensive que cette équipe déploie tout en négligeant d’assurer ses arrières ;

ni qui sera appelé à succéder fin mai à Ivan De Witte, démissionnaire de son poste de président de la Ligue professionnelle ;

ni comment, et sur base de quel montant (40 millions, plus, moins ou autant ?), les nouveaux droits télévisés seront répartis à partir de l’année prochaine.

Non !

A vrai dire, ces sujets n’intéressent personne. Trop banals. Et pour cause ! Une sirène a retenti du côté d’Eupen. Tous les regards se sont alors immédiatement tournés en direction du Kerhweg, tandis que le mur du… çon y était franchi, même littéralement perforé qu’il était le majestueux édifice avec le retour aux affaires de Danny Ost et, par voie de conséquence, le limogeage d’Albert Cartier de son poste d’entraîneur principal. J’éprouve suffisamment de sympathie envers le Bruxellois pour pouvoir lui demander ce qu’il va fabriquer dans cette galère. Je ne connais pas assez le Français pour débattre des motifs pour lesquels il a été débarqué sans ménagement du frêle esquif dont il tenait la barre, plus ou moins fermement, depuis le 24 septembre.

Personnellement, je croyais goûter à une semaine calme après l’overdose de phrases assassines, de polémiques en tous genres, de grands mots et de petites manœuvres qu’il m’avait fallu subir et, pour la plupart, vous conter le visage grave penché sur mon clavier d’ordinateur et l’esprit tourmenté à l’idée de trouver les mots justes afin de vous éviter d’avoir la comprenette paresseuse.

Et puis, voilà qu’on s’est mis – à nouveau – à s’énerver à Eupen. Plus pour une sombre histoire de non affiliation d’un joueur évoluant chez un concurrent direct – c’est du passé tout ça – mais parce qu’on y soupçonne de filouterie caractérisée le prétendu Sauveur Suprême censé maîtriser l’incendie. « Nervous breakdown » au Kerhweg. A ce sujet, il paraîtrait (notez bien l’emploi du conditionnel) que c’est Albert Cartier lui-même qui aurait (idem) dégoupillé la grenade qui lui fut fatale en partant pour Charleroi quarante-huit heures avant que l’AS Eupen ne doive s’y produire. Pour y faire quoi ? J’essaie de comprendre. Voulait-il repérer les lieux, histoire d’éviter au chauffeur du bus de son équipe de s’égarer en prenant la mauvaise sortie d’autoroute ? Pas sot : cela s’est déjà vu. Ou était-il là pour tendre une bâche sur la pelouse du Mambour afin que le deuxième volet de ces « playdowns » (ouh, le vilain mot !) se déroule dans des conditions de jeu optimales ? Ou bien, encore, Albert Cartier a-t-il anticipé un cumul de casquettes, entre celle qu’il portait à Eupen et une autre qu’il coifferait dès la prochaine saison à Charleroi ?

A votre avis ?

Moi, je n’en ai aucun en particulier. Je n’étais pas là. Et puis, je n’aime pas ces histoires qui font un peu trop vite l’objet d’un raccourci sous prétexte qu’il est parfois utile de dire tout haut ce que les gens pensent (peut-être) tout bas. Jusqu’à preuve du contraire, Albert Cartier a le droit d’aller où il veut en dehors de ses heures de travail. Il est libre de visiter la ville de Charleroi quand il le souhaite, quitte à emmener dans cette escapade, essentiellement touristique, j’insiste, deux de ses joueurs. Ah, non ! Cela, c’était à Bruxelles, chez Abbas Bayat. En se rendant chez l’homme d’affaires iranien, si j’en crois toujours la rumeur (« Sud Presse »), Albert Cartier aurait oublié que ce dernier était également le président du Sporting Charleroi. Sacrée tête en l’air, le Bébert ! Et avec ça, on s’étonnera que les dirigeants de l’AS Eupen se soient mis à paniquer à l’idée de confier l’avenir de leur club à quelqu’un qui soit aussi distrait ! Ils ne lui auraient même pas laissé le temps d’en placer une au moment de lui signifier son congé. Mais quel étourdi ! Inadmissible ! Et hop ! Dehors ! Le pruneau est parti comme un tir peut fuser de la chaussette de Matthias Lepiller ou de la godasse de Kevin Vandenbergh. Du lourd comme sanction, aussi lourd qu’une assiette de « Schweinhaxe » ou de « Saumagen ». J’allais oublier de vous préciser : pour rédiger ce blog, j’ai picoré (enfin, c'est une image) dans le guide de la gastronomie allemande. J’y ai découvert, entre autres, la recette de l’enfoirade. L’enfoirade, c’est apparemment une spécialité des cantons de l’Est, plutôt épicée et qui vous tombe sur l’estomac comme un tronçon de pavés disséminé entre Paris et Roubaix. Danny Ost y aura droit si Eupen se plante face à Charleroi. Aussi dévastateur qu’un coup de crampons qu’on reçoit en pleine figure. Ou comme quand on a été flingué dans le dos. Concernant Danny Ost, cela ne vous rappelle rien ?

Dominique

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