Standard : les playoffs au Kärcher

Par Dominique le 18 avril 2011 - 1 commentaire

Les Liégeois veulent revenir à un championnat « propre », une compétition débarrassée, nettoyée de tous ces artifices qui, tels les playoffs, en alourdissent le calendrier. En attendant, ils balaient toute forme de concurrence qui passe à leur portée en réalisant un parcours décapant !


Réveil matinal sur La Première. Je suis attentif à une enquête menée par Pascal Scimé sur le football wallon. Qu’ai-je appris ? Rien que je ne savais déjà. C’est-à-dire qu’il manque « un grand club pour les provinces de Namur et du Luxembourg ». Qui l’affirme ? Pas n’importe qui : David Delférière, vice-président de l’Union belge (tout de même !).

J’entends aussi que le Hainaut est en train de devenir un mouroir (David Delférière, toujours – du moins, c’est l’idée développée) ;

qu’il serait temps que les hommes politiques mesurent l’ampleur de la catastrophe (cela tombe bien : André Antoine ne s’est-il pas récemment entouré d’un groupe de collaborateurs à l’esprit-commando pour réveiller les consciences et apaiser la sienne ?) ;

que les dirigeants sont, pour la plupart, des incompétents ;

que la formation des jeunes est insignifiante.

J’attends les solutions. On m’en promet dans une autre diffusion de la même émission, prévue le lendemain. Je suis rassuré. Ma semaine aurait pu moins bien démarrer.

Il est clair que le football wallon s’apparente à un fouillis, où la paresse intellectuelle le dispute aux aberrations les plus invraisemblables. C’est mal pensé. C’est faiblard. C’est souvent content de soi. Un comble, je m’empresse de l’ajouter : car ce qui arrive au football wallon est tout, sauf surprenant. N’étant pas psychanalyste, ni de métier ni par essence, je me garderais de chercher la moindre explication à la confusion qui règne dans les clubs situés au sud du pays. Je ne reviendrai même pas sur la défaite, lourde de conséquences pourtant, du Sporting Charleroi, samedi à Eupen, pour constater que la plus grande métropole wallonne sera bientôt représentée par une équipe dont on s’apprête à disperser les cendres non loin de celles de sa voisine, exsangue, l’Olympic.

Reste le Standard. Pour sauver l’honneur ? Non ! Mieux que ça. Loin de l’agitation qui a saisi en d’autres temps des médiocres sauteurs de flaques d’eau enivrés par leur exploit dérisoire (Mouscron en Coupe de l’Uefa, La Louvière vainqueur de la Coupe de Belgique ou Liège, auteur en deux ans d’une remontée de promotion en division 2), Sclessin pourrait redevenir sous peu la capitale du football belge. Le succès obéit à des codes très stricts. Et inattendus. Après avoir tâtonné durant de longues semaines, voire quelques mois, les Liégeois paraissent désormais en maîtriser toutes les nuances. Ils l’ont prouvé en se qualifiant en finale de la Coupe de Belgique. Ils sont en train de le prouver en ayant bouclé le premier tiers des playoffs du haut de tableau par un sans-faute. Croquignolesque : leurs dirigeants réclament l’éradication pure et simple d’une compétition qui, pour l’heure, leur réussit cependant d’une façon inespérée.

Les esprits forts – il s’en trouve – pourraient regretter qu’une formation qui a achevé la phase classique du championnat avec, pour maigre viatique, à peine la moitié des points mis en jeu (49/90) puisse revendiquer quoi que ce soit à l’heure du bilan. Dans un même ordre d’idées, il est également vrai que lors des confrontations directes avec ses principaux concurrents, le Standard n’avait guère brillé (9/30) tandis que le Sporting d’Anderlecht (21/30) ou Genk (18/30) n’étaient pas en reste pour renifler l’odeur de leurs proies. Même Lokeren (12/30) avait fait mieux que les Liégeois.

Et quoi ?

L’avenir n’est-il pas à celui qui fonce et ne doute pas ?

Et puis, Steven Defour ne cessait-il pas de répéter que ce groupe était aussi fort que celui qui avait conquis le titre en 2008-2009 ? Le médian liégeois ajoutait alors qu’il lui tardait de lui en voir faire la démonstration. C’est en bonne voie. Certes ! En profitant de l’aménagement d’un système comptable. Certes ! En étant servi par la chance. Je pense à cette erreur fatale du gardien de Genk Thibaut Courtois et à celles commises ce week-end par son homologue de Gentbrugge, Frank Boeckx. En vérité, ces bourdes en disent beaucoup sur l’état d’esprit qui anime à nouveau le Standard. La remise à niveau d’une équipe fermement décidée à jouer tous ses coups à fond (ce qu’elle a fait contre le Racing Genk) et qui excelle par son habileté à profiter des lacunes de ses rivaux (ce qui s’est produit à Anderlecht et à Gand) se confirme.  On peut avoir, bien sûr, un avis différent. Le mien consiste à prétendre que, sans promettre la supercagnotte à ses supporters, ce Standard-là, tel qu’il se comporte aujourd’hui, ne sera pas loin de décrocher la lune. Et puis, il s’agit de la seule part de rêves qui reste au football wallon. Laissons-la lui !

Dominique

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Commentaires

Bonjour Dominique,

Je viens de découvrir ton - intéressant - blogue. Te souviens-tu de nos discussions footballistiques à Saint-Boniface vers 1975 ?
Je me souviens que tu allais voir tous les matches de l'AS Auderghem et que tu raflais les prix d'exercices oraux avec ta voix de stentor que tu as su mettre à profit sur les ondes.

Amitiés

Pierre Lejeune

Écrit par : Pierre Lejeune | 20 avril 2011

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