Charleroi : ils ont flingué un rêve

Par Dominique le 27 avril 2011 - 3 commentaires

Sans s’appesantir sur l’identité présumée des « coupables », Ingrid Colicis, l’échevine des Sports de la Ville de Charleroi, profite de mon blog pour exprimer ce que l’agonie vécue cette saison par le Sporting hennuyer représente pour elle : « Le Mambour a perdu son âme », m’a-t-elle ainsi confié…


« Je n’étais pas au Mambour, samedi dernier, lorsqu’à la suite de ce partage concédé devant Eupen, la descente en division 2 du Sporting Charleroi a été officiellement actée. Compte tenu des circonstances, j’aurais peut-être dû être là, dans les tribunes, derrière l’équipe, pour la soutenir. Toutefois, en raison des relations assez tendues que j’entretiens depuis plusieurs années avec Abbas Bayat, je voulais éviter que ma présence au stade soit mal interprétée. Je ne m’y étais pas rendue de toute la saison. Pour moi, il était hors de question que je donne l’impression de me repaître des malheurs de quelqu’un qui ne me porte pas spécialement dans son cœur.

Est-ce réciproque ?

Eu égard à la situation, il serait maladroit que j’en profite afin de jeter de l’huile sur le feu. Entre Abbas Bayat et la Ville de Charleroi, les choses sont extrêmement claires. Pour moi, du moins : nous devons faire en sorte d’unir nos efforts afin que le Sporting retrouve au plus vite sa place en division 1 et, a fortiori, le rang qu’il occupait autrefois au sein du football belge, c’est-à-dire celui d’un club qui représentait alors avec panache la première métropole de Wallonie.

Pour le moment, nous sommes loin du compte. La faute à qui, la faute à quoi ? Je le répète : je ne me lancerai pas dans une polémique inopportune. Bien sûr, je déplore que nous en soyons arrivés là. Aujourd’hui, à Charleroi, les gens sont tristes. Dans la rue, je croise des supporters du Sporting qui m’expliquent qu’ils ont été amenés au Mambour par leur père ou leur grand-père, et que ceux-ci se retourneraient sûrement dans leur tombe s’ils découvraient ce qui s’y passe maintenant. Je ne peux pas leur donner tort. Quant à moi, je pense parfois à Jean-Pol Spaute : comment cet ancien président emblématique du Sporting, disparu en janvier 2009, aurait-il vécu cette lente et terrible dégringolade ?

Probablement aurait-il regretté, comme moi d’ailleurs, que le Mambour ait perdu son âme en ouvrant les portes de son vestiaire à une armada de footballeurs étrangers qui, sans que je remette en cause leurs qualités – je ne suis pas compétente –, affichent pourtant à mes yeux une grave lacune : ils ne portent pas en eux l’amour du maillot zébré. Or, c’est toujours ça qui a prévalu à Charleroi : l’implication des joueurs était totale dès leur entrée sur le terrain. En outre, ils étaient soutenus à chaque match par un public entièrement dévolu à leur cause. Sans douter une seule seconde du fait que les Signorino, Dzinic, Biton, Cahanon, Riou ou Ohayon étaient tous hyper motivés à l’idée d’aider le Sporting à assurer son maintien en division 1, j’ai de la peine à comprendre comment on peut demander à des types de garantir la pérennité d’un club alors qu’ils n’étaient pas là hier et qu’ils ne seront probablement plus là demain.

Et, visiblement, je ne dois pas être la seule à stigmatiser cette forme d’interventionnisme, pourtant de plus en plus courant dans le football moderne. Auparavant, le Mambour accueillait des milliers de spectateurs. On y refusait souvent même du monde. Cette saison, le taux de fréquentation qui a été enregistré au stade du Pays de Charleroi est déprimant. L’engouement, autrefois fort, autour du Sporting s’est évaporé tandis que le public perdait ses ultimes illusions et ses derniers repères.

Qu’en ira-t-il à l’avenir ? J’attends d’avoir rencontré Abbas Bayat pour me prononcer. Ce qui ne devrait pas trop tarder. Face à lui, la Ville de Charleroi est impuissante puisqu’il détient le matricule du Sporting. Ce qui ne nous empêchera pas d’aborder, pour les résoudre, plusieurs problèmes juridiques qui se posent, notamment au sujet de la convention d’utilisation du stade ou à propos de loyers impayés. Je n’entrerai pas dans les détails. Nos avocats sont en train d’examiner tout cela. Concernant la convention qui lie la Ville et le Sporting, et qui fut négociée en son temps par Claude Despiegeleer, mon prédécesseur à l’échevinat des Sports, certains passages prêtent à confusion. La manière dont ils ont été rédigés suggère différentes interprétations. J’entends lever ce flou, soit en modifiant les termes de cette convention, soit en rédigeant tout simplement un nouveau texte.

Personnellement, je n’ai guère spécialement envie de tendre la main à Abbas Bayat. Mais si c’est nécessaire, je le ferai. Pour le bien du Sporting et pour tout ce qu’il représente aux yeux des habitants de Charleroi. De toute façon, je n’ai pas le choix. Abbas Bayat a rappelé une nouvelle fois qu’il n’entrait pas dans ses intentions de vendre le club. J’en ai pris bonne note. Et puis, avec lui, on sait ce qu’on a. Avec d’autres, il en irait différemment. Entre deux maux, comme disait quelqu’un… La reprise du Sporting par des industriels de la région ? Cela aurait pu se produire il y a une dizaine d’années, mais c’est Abbas Bayat qui leur fut finalement préféré. Quant à Albert Frère… Son nom revient régulièrement dans les conversations mais sans que ce dernier ait jamais manifesté le moindre intérêt pour le club. Je ne vois pas pourquoi il changerait subitement d’avis. Si c’est dommage ? Débattre de cela n’est pas de nature à nous faire avancer tous dans la bonne direction. Or, c’est ce que je veux. Absolument… »

Ingrid Colicis (avec Dominique)    

10:15 Écrit par Dominique dans On a invité... | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook

Commentaires

Bien le bonjour a vousJe tiens a vous apprendre qu'avec internet explorer 7 le texte de ce site m'affiche quelques problèmes de visualisation.fraternellement,Jazmin

Écrit par : mtuelle santé | 05 octobre 2012

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Votre blog est passionnant et je vais d'ailleurs le partager à une consoeur qui semble être d'accord avec vous et je suis convaincue qu'elle m'en sera reconnaissante. Merci pour ce billet et votre énergie pour partager ces réflexions. Je serais reconnaissante d'avoir l'opportunité de lire vos billets à ce sujet prochainement. Cela m'est vraiment très précieux ! 1000 mercis

Écrit par : simulation assurance auto | 05 octobre 2012

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c'est assurément un blog très jolie.

Écrit par : mutuelle santé | 29 mars 2013

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