Westerlo marche avec Mourinho

Par Dominique le 29 avril 2011

Vous avez sûrement eu connaissance des propos tenus par l’entraîneur du Real Madrid après la défaite, mercredi soir, de son équipe face au FC Barcelone. José Mourinho affirme que la Coupe d’Europe est un piège à couillons. A Westerlo, on est du même avis : les Campinois envisagent en effet de déclarer forfait au cas où ils se qualifieraient…


En ce qui vous concerne, je ne sais pas. Mais moi, José Mourinho, je l’adore. Sans lui, je n’irais pas jusqu’à affirmer que le football serait pâlichon – car, à ce niveau, on y croise d’autres entraîneurs de très grande envergure – mais il est clair que l’iconoclaste portugais me manquerait cruellement si, de temps en temps, ses saillies verbales ne nourrissaient plus ma lecture de la presse quotidienne, ou si ses coups de bluff géniaux n’illuminaient plus mes soirées de Ligue des Champions.

Ou de finale de Coupe d’Espagne…

Ici, en Belgique, lorsque j’observe ce qui se passe dans notre championnat, j’ai l’impression d’entrer dans un Conforama du Pas-de-Calais pour y acheter une table basse de salon soutenue par des dauphins en faux bronze. Petite précision : je n’ai rien contre l’enseigne Conforama, ni contre la région, le Nord de la France en l’occurrence. En fait, il s’agit d’une image pour que vous compreniez mieux le désarroi qui m’envahit parfois. Exemple. Le jour où José Mourinho dégomme l’Uefa en déclarant que le FC Barcelone est protégé par les hautes instances du football européen – ce qui n’est pas rien comme accusations, vous l’avouerez –, j’ai droit à un avertissement lancé par José Riga à l’encontre du Sporting Charleroi sur le thème : « Croyez-moi, les Hennuyers vont vivre un véritable enfer en division 2. » Et le responsable technique de Visé de préciser, toujours sur le même sujet : « Il faut composer aussi (en D2) avec des terrains qui n’ont dans l’ensemble rien de comparable avec les billards de la Pro League, ainsi que des stades d’un autre âge… » J’apprécie beaucoup José Riga. Mais entre le propos qu’il tient là, et le tackle effectué par José Mourinho à hauteur du pubis sur certains arbitres internationaux, dont il dénonce ouvertement un parti prix, je choisis sans hésiter de faire la nique au système en compagnie de l’impétueux Portugais.

D’autant qu’au même moment, une autre information essentielle, relative cette fois à l’état d’avancement du Centre Euro 2000 de Tubize, parvient jusqu’à moi. Accrochez-vous ! C’est du lourd ! Voili, voilà : il paraît que les travaux des bureaux commenceront très bientôt, « dans les deux mois » est-il écrit. Dommage que les congés du bâtiment freineront rapidement cet élan architectural auquel, personnellement, je désespérais d’assister. En outre, lesdits travaux se termineront « selon les prévisions, fin 2011. » J’aime le : « selon les prévisions » glissé là au cas où une ribambelle de nouveaux problèmes viendraient s’ajouter à ceux qui ont à peine été résolus onze ans (tout de même !) après que l’organisation d’un Championnat d’Europe des Nations ait été confiée à la Belgique. Car le financement du site de Tubize, c’est grâce aux bénéfices de l’Euro 2000. Vous l’ignoriez ? De son côté, José Mourinho insiste encore, et encore : « Pourquoi une équipe de cette dimension, comme Barcelone, a besoin d’un appui extérieur » pour l’emporter ? En matière d’emmerdements maximum, le bonhomme a pris une longueur d’avance sur tout le monde. Pour lui, la Ligue des Champions avec les Catalans dans les pattes, c’est le plus gros attrape-nigauds depuis la révolution russe ! Cela dépasse Tubize et son centre. C’est dire…

D’ailleurs, si on y réfléchit bien, jouer l’Europe tout court peut devenir un vrai piège à couillons. C’est justement ce que pense Herman Wijnants. En s’apercevant que son club, Westerlo pour ne pas le citer, pourrait valider son billet grâce à la Coupe de Belgique, le plus célèbre marchand de fromages de toute la Campine (eh oui, c’est son boulot à l’ami Herman, il vend des court-tout-seul) s’est mis à faire ses comptes. Qu’a-t-il remarqué ? Eh bien que le commerce de camemberts et la distribution de l’Old Amsterdam se révélaient autrement plus lucratifs qu’un job d’explorateur (tiens : un autre nom de frometon) sur la scène européenne. Songez ! Herman Wijnants est tellement sûr de ses chiffres qu’il envisage sérieusement de pousser Westerlo à renoncer à sa qualification – du moins, si elle se concrétise – afin d’éviter de perdre de l’argent dans une aventure qui contraindra les Campinois à embarquer pour des destinations aussi improbables que coûteuses, non sans qu’ils aient préalablement mis la main au portefeuille pour que leurs installations soient en conformité avec les normes exigées par le strict cahier des charges élaboré par l’Uefa.

Au bout du compte, il a raison, José Mourinho, de prétendre que la Coupe d’Europe, ce n’est pas pour les petits, comme le Real Madrid ou Westerlo, mais qu’il s’agit là d’une chasse gardée pour les gros calibres, à l’instar du FC Barcelone. La preuve : Herman Wijnants est de son avis. Je suis certain que si le Portugais devait apprendre que le Campinois pense comme lui, un genre de caution morale en quelque sorte, il se dirait que l’amende, salée, et la suspension, sévère, qui vont lui tomber dessus, il ne les aura pas ramassées pour rien. Un sacré soulagement !

Dominique  

09:31 Écrit par Dominique dans Ligues européennes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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