Vercauteren, en père fêtard

Par Dominique le 03 mai 2011

Jeté comme un malpropre du Sporting d’Anderlecht, l’entraîneur du Racing Genk a l’occasion, ce vendredi, de régler une bonne fois pour toutes ses comptes avec le club bruxellois. Franky Vercauteren saisira-t-il cette opportunité ? Je le pense…


J’ignore quel est, à ce jour, le plus beau souvenir de la carrière qu’il embrassa autrefois comme joueur et qu’il mène désormais en tant qu’entraîneur. J’ai bien une petite idée là-dessus. En fait, les deux Coupes des Coupes qu’il remporta en 1976 et en 1978, cette Coupe de l’Uefa qu’il gagna en 1983, ce « Soulier d’Or » qu’il chaussa cette année-là ou encore ce fantastique retournement de situation qu’il inspira en 1999 aux côtés du regretté Jean Dockx, propulsant le Sporting d’Anderlecht depuis les bas-fonds du classement, où un certain Arie Haan avait laissé les Bruxellois se perdre, vers une aura retrouvée, pourraient sans aucun doute constituer des pistes intéressantes à explorer lorsqu’il sera temps de dérouler, en sa compagnie, le fil d’une existence professionnelle aussi remplie. En attendant, Franky Vercauteren savoure pleinement le moment présent.

Et pour cause !

Le gaillard reste sur deux échecs cuisants. Le premier remonte à ce jour sinistre que nous situerons en 2007, quand le Sporting d’Anderlecht lui signifia brutalement n’avoir plus besoin de ses services. Affirmer que Franky Vercauteren prit très mal ce coup de pied au cul est un doux euphémisme. Le second date de son passage en équipe nationale, où il occupa un poste de sélectionneur intérimaire d’avril à septembre 2009 sans qu’il soit tenté de prolonger cette douloureuse expérience. On ne lui aurait d’ailleurs pas proposé non plus. Quelques semaines plus tard, Franky Vercauteren se relançait au Racing Genk. Un an et demi après sa nomination, il est en passe d’offrir au club limbourgeois le troisième titre de son histoire, après ceux de 1999 et de 2002.

Prétendre que Franky Vercauteren est impatient de vivre cet instant, s’il survient toutefois, relève de l’évidence. Car il s’agit d’abord d’un moment rare, accumulation de toutes ces heures de travail à préparer les matches à venir, à répéter sans cesse les mêmes propos, à faire en sorte qu’il ne manque pas le moindre bouton de guêtre au jour « J », à passer des nuits sans sommeil trempé de sueur en se demandant si tout a été effectivement prévu, vu, revu et, le cas échéant, corrigé. Des mois, voire, pour certains, des années à attendre, patienter, guetter la brèche dans le dispositif de l’adversaire et s’y engouffrer, spéculer sur un faux-pas de sa part et en profiter. Bon ! Allez ! On se calme. A l’heure où j’écris ces quelques lignes, personne n’est encore sûr de rien, ni au Racing Genk, qui, en dépit de l’avantage qu’il possède sur ses deux principaux rivaux, peut effectivement tout perdre lors des quatre rencontres qu’il lui faudra disputer d’ici la mi-mai, ni chez ces derniers qui auraient tort de s’avouer vaincus tant que, mathématiquement, tout demeure possible.

J’admets volontiers que le Racing Genk ferait un beau champion. A mes yeux, c’est en effet la formation qui pratique le football le plus agréable, le plus chatoyant en Belgique – ce qui est loin d’être le cas du Sporting d’Anderlecht – tandis que ses prestations s’inscrivent dans une forme de constance, de durée que le Standard a été totalement incapable d’afficher avant de se reprendre in extremis pour disputer ces playoffs de haut de tableau dont les Liégeois s’amusent aujourd’hui à détraquer le déroulement prétendument convenu.

Nul ne leur en contestera le mérite.

Néanmoins, cela me semble un peu court pour prétendre revendiquer autre chose qu’une place d’honneur. Et laquelle, sinon la première derrière le Racing Genk ? Cette éventualité répondrait en effet à une certaine logique sportive. L’équipe la plus rouée, la meilleure peut-être même de ces playoffs, dépassée seulement par l’équipe la plus enthousiaste et la plus enthousiasmante sur l’ensemble de la compétition ? Pareil scénario tient la route. S’il se confirme, cela signifiera aussi qu’en terminant deuxièmes, dans le sillage des Limbourgeois, les Liégeois empêcheront le Sporting d’Anderlecht de prendre part à la Ligue des Champions via le tour préliminaire de l’épreuve. Eh oui ! J’entends déjà d’ici certains d’entre vous me dire que, de toute façon, puisque les Bruxellois se retrouvent systématiquement versés en Europa Ligue après que des formations comme le Bate Borisov ou le Partizan Belgrade aient contrarié leur projet d’accéder au sommet du football européen, autant, dès lors, que les mêmes entament immédiatement leur parcours international au niveau qui est (quoique…) le leur. Cela leur évitera d’être ridicules. Ce raisonnement ne manque pas de pertinence. En le cautionnant, je ne vais pas me faire que des amis. Mais, tant pis. Certes ! Si les Anderlechtois réussissaient à battre le Racing Genk vendredi soir, j’aurais l’air malin : tout serait à nouveau ouvert. Compte tenu des forces qui seront en présence fin de semaine dans le Limbourg, je ne vois pas ce Sporting-là capable de barrer le chemin à son hôte. Et, ainsi, empêcher que la revanche à laquelle Franky Vercauteren aspire à goûter se transforme d’ici quinze jours en véritable triomphe. Lui champion et, en corollaire, Anderlecht directement en Europa Ligue : l’aurait-il cru en 2007, lorsqu’il fut jeté sans ménagement du Parc Astrid ?

Dominique   

13:47 Écrit par Dominique dans Jupiler Pro League | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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