Le dessous des cartes (6)*

Par Dominique le 09 mai 2011

Ariël Jacobs a du souci à se faire : à chaque fois que le Sporting d’Anderlecht n’a pas achevé le championnat dans les deux premiers, des mouvements concernant le poste d’entraîneur ont été constatés au Parc Astrid. Les Bruxellois sont troisièmes aujourd’hui !


Anderlecht. Faut-il y voir un signe ? Eh, eh : qui sait ? La dernière fois où le Sporting n’a pas terminé à l’une des deux premières places du classement, c’était à l’issue de la saison 2001-2002, lorsque le Racing Genk remporta son deuxième, et ultime (à ce jour) titre de champion de Belgique devant le Club Brugeois. J’actualise. Pour le moment, les Limbourgeois sont en tête. Ils devancent le Standard qui, lui-même, précède Anderlecht. Il reste trois matches aux Bruxellois pour (tenter de) renverser la tendance, non pas en coiffant Genk in extremis sur le poteau (impossible), mais en accrochant sur le fil ce fauteuil de dauphins qui, par la même occasion, leur permettrait de rêver (une fois de plus) à une qualification pour la Ligue des Champions via le tour préliminaire, point de passage obligé mais tellement aléatoire, de l’épreuve-reine du calendrier européen. Si les Bruxellois ne réussissaient pas à déborder le Standard (mon intime conviction), ce serait la huitième fois en quarante ans qu’ils se hisseraient à un niveau en-deçà de leur (prétendu) rang. Ainsi, Anderlecht avait fini sixième en 1972-1973, troisième en 1974-1975, cinquième en 1979-1980, quatrième en 1987-1988, 1996-1997 et 1997-1998, et troisième en 2001-2002. A chaque fois, des mouvements concernant le poste d’entraîneur avaient été constatés au Parc Astrid. En d’autres termes, les Bruxellois avaient tranché dans le vif ! Ariël Jacobs est prévenu de ce qui l’attend si la situation de son équipe n’a pas évolué favorablement d’ici le milieu de la semaine prochaine…  

Genk. Les Limbourgeois paraissent rivaliser de maladresse lorsqu’ils bénéficient d’un coup de réparation : après Jelle Vossen contre le Club Brugeois et Elyaniv Barda à Lokeren, Daniel Tözser est donc le troisième joueur du Racing à manquer consécutivement la conversion d’un penalty. C’était vendredi, face à Anderlecht. Ce raté n’a pas prêté à conséquence. Heureusement pour l’actuel leader de la compétition. En élargissant le débat, on remarquera encore que, sur les seize coups de réparation accordés jusqu’à présent lors de ces playoffs, seulement sept d’entre eux ont été marqués, soit un taux de réussite de 44 pour cent à peine. Un chiffre plutôt bas par rapport aux playoffs de l’an dernier (82,4% - 14/17), mais qui l’est tout autant si on se réfère à la phase traditionnelle de la  compétition (70,5 % - 36/51). Le stress inhérent aux échéances qui se précisent de plus en plus inhiberait-il certains au point de rendre leurs jambes exagérément pesantes et d’occulter leur faculté de discernement au moment de choisir le meilleur endroit pour placer le ballon ? Cela se pourrait…

Club Brugeois. En défendant avec brio le but de son équipe à Sclessin, le Flandrien Geert De Vlieger est devenu le joueur le plus âgé à avoir évolué cette saison en championnat de Belgique. Les 39 ans et 202 jours que le gardien du Club affiche dès lors lui permettent de devancer les Anversois Bart Goor (38 ans et 27 jours) et Philippe Clement (37 ans et 45 jours), l’Eupenois Marc Hendrikx (36 ans et 309 jours), l’Islandais du Lierse Arni Arason (35 ans et 364 jours), l’increvable Campinois Jef Delen (34 ans et 311 jours), mais aussi Dominic Foley (34 ans et 303 jours), Peter Van Der Heyden (34 ans et 294 jours), Sergueï Serebrennikov (34 ans et 237 jours) ou encore Joris Van Hout (34 ans et 116 jours). Ceux qui prétendent que la valeur n’attend pas le nombre des années seraient apparemment bien inspirés en revoyant leur jugement !

Genk (2). Jelle Vossen, Marvin Ogunjimi et Elyaniv Barda : trois Limbourgeois comptent pour l’instant parmi les meilleurs buteurs du championnat. Inutile de préciser que leur efficacité est pour beaucoup dans la réussite que connaît leur club. Qu’une équipe place ainsi trois de ses joueurs (au moins) aux avant-postes du classement des meilleurs réalisateurs n’est pas unique en soi. Le Sporting d’Anderlecht y était parvenu en 1984-1985, avec Alexandre Czerniatynski (22 buts), Erwin Vandenbergh (20), Franky Vercauteren et Enzo Scifo (14), mais aussi en 1999-2000, grâce à Jan Koller (20), Tomasz Radzinski et Pär Zetterberg (14) : à chaque fois, les Bruxellois avaient remporté le titre. Pour sa part, le Club Brugeois fut à deux doigts d’y parvenir en 1985-1986 (test-match perdu contre Anderlecht), tandis que Jean-Pierre Papin (20), Marc Degryse (16) et Jan Ceulemans (13) avaient souvent le dernier mot. Les Flandriens prendront toutefois leur revanche en 1987-1988, grâce, notamment, à Marc Degryse (22), Kenneth Brylle (16) et Jan Ceulemans (13), remettant le couvert deux ans plus tard quand les coups de pied et les coups de tête de Frank Farina (24), Jan Ceulemans (15) et Foeke Booij (13) produisaient des effets dévastateurs dans les rangs adverses. Reste à parler du Racing Genk, champion en 2001-2002 alors que Wesley Sonck (30), Moumouni Dagano (20) et Bernd Thijs (13) s’érigeaient en symboles d’un bloc indestructible. Jelle Vossen, Marvin Ogunjimi et Elyaniv Barda ont de qui tenir !    

Dominique

*Voir mes blogs du 9 novembre, du 22 novembre, du 17 décembre 2010, du 4 février et du 8 mars 2011.

14:26 Écrit par Dominique dans Jupiler Pro League | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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