"D'Onofrio, c'est pas du pipeau"

Par Dominique le 12 mai 2011 - 1 commentaire

C’est une part de lui-même qu’il a réussi jusqu’à présent à contenir. Elle a trait à cette ambition qu’il porte en lui, mais qu’il refuse obstinément d’afficher : Dominique D’Onofrio ne se voit toujours pas dans les habits d’un entraîneur champion de Belgique, façon Michel Preud’homme ou Laszlo Bölöni. Quoique…


« Je vis les événements actuels dans la quiétude et la satisfaction. La première, parce que je ne suis pas un homme qui gronde. La seconde, parce que, quoiqu’il se passe à court terme, notre saison est d’ores et déjà réussie. Celle-ci fut belle. Elle pourrait même devenir franchement exceptionnelle dans la perspective d’un doublé championnat – Coupe de Belgique totalement inédit pour le club. Si j’y songe parfois le matin, en me rasant ? Non ! Je veille surtout à ne pas me couper. Cela vaut mieux que de tirer des plans sur la comète ou ressasser une vague rancœur à l’encontre de ceux qui furent, ou sont encore mes détracteurs.

Car ce n’est pas parce que le Standard a finalement pu échapper à ce redoutable glissement de terrain qui faillit l’emporter sur son passage que je m’autorise aujourd’hui à jouer les fanfarons. Ceux qui l’imaginent me connaissent mal. Certes ! Tout est possible. Cependant, rien n’est fait. Nous pouvons tout gagner. Mais nous pouvons tout perdre. C’est aussi simple que cela. Ou plutôt, cela en devient très compliqué dès l’instant où nos trois prochains adversaires ne sont pas n’importe qui. D’abord, Anderlecht, tenant du titre. Ensuite, le Racing Genk, assurément la formation la plus régulière sur l’ensemble de la saison. Enfin, Westerlo, rival que je me garderais bien de sous-estimer. Un : je m’en voudrais de manquer de respect aux Campinois. Deux : ils n’ont plus été battus depuis un sacré bout de temps, depuis la mi-février si je ne me trompe pas, tandis qu’ils viennent d’émerger de leur poule des playoffs avec, à la clé, une éventuelle qualification européenne. Sans parler d’un supposé succès en Coupe. Pas mal ? Je le crois…

Suis-je en train de nous chercher des excuses au cas où la réalité se mettrait à contester nos prétentions hégémoniques ? Absolument pas. J’affirme simplement qu’en football, tout est susceptible de se produire. Le Standard ne vient-il pas d’en faire la démonstration ? Notre participation à ces playoffs de haut de tableau, nous sommes allés la chercher avec nos tripes, alors que l’opinion publique nous donnait pour morts cent fois plutôt qu’une. Puis, après avoir sauté in extremis dans le bon wagon, nous avons réussi l’exploit de réaliser – jusqu’à présent du moins – un parcours quasiment parfait, comme si nous étions à nouveau chez nous dans ce championnat qui, quelques mois auparavant, ne voulait plus du Standard.

Or, nous nous sommes imposés à lui sans que nul, hormis quelques aigris, n’y trouve quoi que ce soit à redire. En fait, nous sommes là où nous sommes parce que nous l’avons mérité. Notre travail a payé. Notre obstination également, la mienne en particulier. Nous devions nous retrousser les manches. Nous l’avons fait. Je l’ai fait. Aucune vanité de ma part dans ce constat : quand j’ai repris l’équipe l’an dernier, c’était le bordel intégral. Permettez-moi l’expression. Que nos supporters n’aient pas perçu immédiatement le caractère aléatoire, périlleux même de la mission qui m’avait été confiée, je peux le concevoir. Malgré qu’il fut rapidement établi que les départs de Marcos Camozzato, Wilfried Dalmat, Dieumerci Mbokani, Mohamed Sarr, Igor De Camargo ou Milan Jovanovic ne seraient pas compensés du jour au lendemain, en claquant des doigts. Le transfert avorté de l’Egyptien Emad Meteb, l’indisponibilité prolongée de Franck Berrier, nos tâtonnements en matière de charnière défensive, les blessures de Steven Defour, de Sinan Bolat, de Gohi By Cyriac ou de Mémé Tchité ont constitué, entre autres, un certain nombre de contrariétés dont nous avons dû nous accommoder. En gros : c’était trop pour un groupe en phase de reconstruction. Dès lors, que la vox populi m’ait érigé en victime expiatoire de son mécontentement est logique. Il lui fallait un bouc émissaire. Mon poste lui en offrait un, et de choix. Je le répète : cela ne m’a jamais gêné. Des coups, voilà des années que j’en prends. A cause du nom que je porte – ne suis-je pas le frère de… ? – et compte tenu du métier que j’ai choisi d’exercer.

C’est la vie.

Je regrette seulement que cette intransigeance qui m’a été témoignée ait plus contribué à entretenir un délit de faciès qu’elle ne reposait sur des bases solides. Deux exemples. Ainsi, que n’ai-je pas entendu concernant mes options tactiques au sujet du match que nous avons disputé le 3 avril, à Anderlecht, lorsque j’avais décidé de me priver de Berrier, Leye, Defour, Tchité, Carcela, Mangala et Witsel ! Que n’aurais-je pas entendu si nous avions été battus ce jour-là par le Sporting ! Même à mon enterrement, on m’aurait reproché cette forme d’audace, cette inconscience qui consistaient à aligner une équipe B au Parc Astrid. J’avais mes raisons. Et ça a marché ! Second exemple. Le positionnement d’Axel Witsel sur le flanc droit ce mercredi à Lokeren. Que n’ai-je enfin entendu à ce propos, de la bouche même de ceux-là qui louaient Michel Preud’homme tandis que mon prédécesseur avait, à l’époque, décidé de confier à Axel le soin d’animer le flanc… gauche de l’équipe ! Preud’homme, c’était Preud’homme. Pas touche ! Et moi, c’est comme si on attendait, on espérait que je me plante. Me chercher en permanence des poux dans la tête est devenu une sorte d’addictif pour jaloux et nuisibles en tous genres. Désolé pour eux mais D’Onofrio, ce n’est pas du pipeau ! Et qu’ils soient convaincus que je ferai en sorte que ça dure… »

Dominique D’Onofrio (avec Dominique)     

 

16:57 Écrit par Dominique dans On a invité... | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook

Commentaires

Assurément les footballeurs professionnels ne s'y sont pas trompé : le qualificatif "professionnel" était trop lourd à porter pour le brave DD.

Lui qui se targuait d'être reconnu par la profession, se voit classé plus bas qu'Ariel Jacobs. Alors qu'il a terminé second et finaliste de la coupe. Les joueurs pro ne sont pas dupes et libres d'exprimer leur opinion contrairement aux journalistes francophones pressés comme des citrons par la comm du standard.

Écrit par : Ced | 19 mai 2011

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