Roger, ta gueuze est bouchonnée

Par Dominique le 20 mai 2011 - 3 commentaires

La désignation d’Ariël Jacobs, en compagnie de Franky Vercauteren et de Peter Maes, pour le titre d’entraîneur de l’année est ridicule : le Bruxellois a tout perdu cette saison. Mais, bon ! Puisqu’il fallait que les candidats soient désignés pour la mi-avril…


Comme il en a l’habitude après chaque match de son équipe – un péché mignon qui lui vient de Constant, son papa –, Roger Vanden Stock n’aime rien d’autre que siroter une bonne gueuze. Cela l’aide à trouver le sommeil après une rencontre qu’il vit toujours très intensément. En ce mardi de la mi-mai, synonyme de Bérézina pour son club, le président du Sporting d’Anderlecht n’a pas dérogé à la tradition. Une fois rentré chez lui, il s’est donc servi un peu du précieux breuvage à qui lui et ses proches doivent tant. Il a ensuite allumé son poste de télévision pour découvrir les images d’une soirée pourrie : le titre pour Genk, la Ligue des Champions pour le Standard et, pour les Bruxellois, l’humiliation d’une défaite à domicile face à un adversaire qui, jusqu’à présent, n’avait pas récolté le moindre succès dans ces playoffs de haut de tableau.

Vous admettrez qu’il y a mieux !

Alors, Roger Vanden Stock perdit son calme. Il balança violemment son verre de gueuze en plein milieu de son écran plasma 3 D, ponctuant son geste de rage d’un « Foert, Jacobs » et d’un « Nom di d’ju, Van Holsbeeck » qui firent trembler les murs de la vaste demeure familiale. « Ce n’est pas grave, se justifia le rebelle auprès de son épouse venue aux nouvelles. De toute manière, elle était bouchonnée. » Pour expliquer le fait que le Sporting était passé complètement à côté de sa saison et, moindre mal sans aucun doute à ses yeux, que sa télé avait volé en éclats, le président d’Anderlecht eut recours à un procédé de style (catachrèse, trope, métonymie ou que sais-je encore ?) laissant clairement supposer que, décidément, tout fout le camp, y compris une maîtrise ancestrale qui consistait à procurer un certain bien-être, une tranquillité d’âme et d’esprit à l’amateur de plaisir brassicole.

Eh oui, mon vieux Roger, tout fout le camp ! La devise de ton père : « Toujours plus haut. » La tienne : « Encore plus bas ». Comme quoi, on n’est jamais trahi que par les siens. La preuve avec Franky Vercauteren, mais aussi avec Jelle Van Damme et Mémé Tchité. Ce trio est la cause de bien de tes tourments. Virer le premier était stupide : il avait tout pour devenir ce véritable directeur sportif qui fait cruellement défaut à Anderlecht. Par ailleurs, était-ce si compliqué de récupérer les deux autres ? Encore aurait-il fallu le souhaiter vraiment !

Et puis, pourquoi – du moins, certains bruits de couloir le rapportent – ne pas avoir voulu de Kanu, celui-là même qui, associé à Eliaquim Mangala, fait des merveilles au sein de l’axe défensif du Standard ? Probablement parce qu’il lui manquait « un petit quelque chose », comme tant d’autres avant lui mais qui réussirent ensuite ailleurs qu’au Parc Astrid. Et puis, c’est vrai : pour le moment, le football portugais (Kanu a été pêché à Beira-Mar par le Standard), ce n’est pas terrible du tout. En outre, avec Wasilewski, Seck, Kouyaté, Mazuch ou Juhasz, sans oublier Bernardez, Ariël Jacobs n’a que l’embarras du choix pour constituer une charnière centrale digne de ce nom. Et puis, si on achète un Brésilien, autant prendre un type que personne ne connaît, genre Triguinho hier, Diogo aujourd’hui. Et qu’en est-il – là, c’est plus sérieux, c’est du lourd – de ce jeune Franco-Tunisien, Yohan Benalouane, originaire de l’AS Saint-Etienne, annoncé à la Juventus Turin, désormais à Cesena et proposé au Sporting ? Le bonhomme n’aurait rien contre l’idée de troquer une place en queue de peloton de la Serie A pour occuper les avant-postes dans le championnat de Belgique et disputer, ainsi, la Coupe d’Europe. Histoire de redonner un peu de visibilité à sa carrière. Il n’a que vingt-quatre ans. Mais, bon ! Il lui manquera sûrement aussi « un petit quelque chose ».

A propos, Roger, je te fournirai la liste de toutes tes erreurs quand tu seras revenu du Qatar, où la rumeur annonce ta présence dès ce dimanche. Mais pour y faire quoi ? Y chercher des joueurs ? Ce serait pas mal. Des Qataris, ça manquait au tableau : une nature morte. Tiens, combien d’entre eux pour un Carcela ou un Witsel, formés par le Standard ? Ou pour un Courtois, un Vossen ou un Hubert, issus des classes d’âges du Racing Genk ? Sans parler de Kevin De Bruyne. Notez que le fait que Roger Vanden Stock et Herman Van Holsbeeck accumulent les miles aériens à longueur d’années n’a pas empêché le responsable de la cellule de recrutement du Sporting de se faire récemment enguirlander parce que le fonctionnement de celle-ci coûte trop d’argent. Moi, j’ai toujours cru qu’il s’agissait là de l’un des postes les plus importants pour un club. J’ai dû me tromper.

Ce que je sais, en revanche, c’est qu’Anderlecht s’est fait déposséder de son titre par un entraîneur dont il ne voulait plus, à quelque niveau que ce soit, dans son organigramme. Ce n’est pas tout. Anderlecht s’est également fait éjecter de la Ligue des Champions par une formation dont les dirigeants n’ont de cesse de lui mettre des bâtons dans les roues. A ce propos, je ne vous rappelle pas la teneur des litiges qui opposent le Sporting au Standard concernant la formule actuelle de la compétition et le système de répartition des droits télévisés. Ce serait fastidieux. Je résume, donc. Le Racing Genk est en plein boum. Le Club Brugeois a décidé de tirer les leçons d’un passé trouble afin de repartir résolument de l’avant. En effet, cela bouge beaucoup à l’Olympiapark. Les grandes manœuvres ont commencé depuis plusieurs mois. Je suis convaincu que les Flandriens récolteront assez rapidement les fruits de ce travail en profondeur qu’ils sont en train d’accomplir. Quant au Standard, il n’y a aucune raison pour que les Liégeois ne poursuivent pas sur leur lancée. Je résume, toujours. Anderlecht piétine, tâtonne, coupe les cheveux en quatre dans le sens de la longueur, sauve les apparences avec des joueurs dont, d’ici quelques années, tout le monde aura oublié le nom. Face aux contretemps qui s’accumulent et aux échecs qui s’amoncellent, la direction du Sporting réagit avec une lenteur extrême. La gueuze n’est pas bouchonnée : elle est périmée ! Tiens, au fait : et ce nouveau stade, ça en est où ?

Dominique

13:22 Écrit par Dominique dans Jupiler Pro League | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook

Commentaires

Au vitriole cet article. Mais juste sur le fond.

Écrit par : Luc | 20 mai 2011

Répondre à ce commentaire

Toujours aussi affligeant ce verbiage ... triste !

Écrit par : bluesgib | 20 mai 2011

Répondre à ce commentaire

j'envoie sur sur mon reseau social cette page puisque c'est évidemment un site beau

Écrit par : mutuelle | 27 septembre 2012

Répondre à ce commentaire

Les commentaires sont fermés.