Ferguson ne battra pas Goethals

Par Dominique le 27 mai 2011

C’est un choc de titans qui constituera, ce samedi soir, l’affiche de la finale de la Ligue des Champions. Face à face, le FC Barcelone et Manchester United. Deux monstres du football international se préparent à s’affronter dans un stade mythique : celui de Wembley. Il était impossible que je ne m’attarde pas sur cette rencontre. En voici quelques clés…


Lionel Messi. A tout seigneur, tout honneur. Impensable d’évoquer cet ultime rendez-vous de Ligue des Champions de la saison sans parler de l’Argentin. Lionel Messi sera l’une des attractions de ce duel entre le FC Barcelone et Manchester United. Vous le savez aussi bien que moi : le bonhomme est un habitué des one-man-show. Avec, à la clé, des buts, beaucoup de buts : 179 en 268 rencontres officielles disputées sous le maillot du « Barça ». Dont 36 en 56 matches de Ligue des Champions. Cette saison, Lionel Messi a déjà marqué à onze reprises lors de l’épreuve-reine du football européen. C’est une fois de moins que Ruud van Nistelrooy, record établi par ce dernier en 2002-2003 avec Manchester United. Personnellement, j’accorde toute ma confiance à l’Argentin pour mettre à mal ce week-end la défense anglaise et, ainsi, faire mieux que le puncheur hollandais. Ne croyez-vous pas également que Lionel Messi en soit tout à fait capable ?

Alex Ferguson. Le Britannique ne détrônera pas Raymond Goethals. J’entends par là qu’en dépit de ses 69 ans et 148 jours, qu’il affichera vaillamment ce 28 mai, Alex Ferguson ne deviendra pas pour autant l’entraîneur le plus âgé à avoir remporté une Ligue des Champions. Pour peu, naturellement, que Manchester United ait préalablement battu le FC Barcelone. Ce qui est loin d’être assuré. En fait, c’est Raymond Goethals qui détient le privilège de l’ancienneté en terme de victoire en finale de l’épreuve. Le Bruxellois avait 71 ans et 231 jours le 26 mai 1993 lorsque son club, l’Olympique de Marseille, s’imposa, à Munich, devant le Milan AC. L’occasion est belle aujourd’hui de saluer la mémoire de cet homme si attachant et de ce formidable entraîneur, qui, d’ailleurs, ne portait pas par hasard le surnom de « Raymond-la-Science ». Des gens comme lui manquent cruellement au football belge !

Pep Guardiola. J’en viens maintenant à l’entraîneur du FC Barcelone. Jeune dans le métier et déjà détenteur d’un palmarès si étoffé ! La preuve : si son équipe s’adjuge ce week-end la quatrième Ligue des Champions de son histoire, Pep Guardiola en sera à dix trophées remportés depuis son intronisation, le 8 mai 2008, en remplacement de Frank Rijkaard. Le prolifique mentor catalan compte trois titres de champion d’Espagne, une Copa del Rey, deux Supercoupes d’Espagne, une Ligue des Champions, une Supercoupe d’Europe et un Championnat du Monde des clubs. Tout ça à quarante ans à peine ! Pep Guardiola appartient à cette génération de techniciens qui, à l’instar du Portugais André Villas-Boas (33 ans – FC Porto), de l’Italien Massimiliano Allegri (43 – Milan AC), de l’Allemand Jürgen Klopp (43 – Borussia Dortmund) ou du Turc Aykut Kocaman (45 – Fenerbahçe), tous champions dans leur pays, entend démontrer qu’en effet, la valeur n’attend pas forcément le nombre des années. Et si vous en doutiez toujours concernant Pep Guardiola, sachez qu’il manque seulement – si j’ose dire – trois titres au Catalan pour devenir l’égal de Johan Cruijff qui, entre 1988 et 1996, enleva douze trophées majeurs à la tête du FC Barcelone. Moi, en tout cas, je ne m’en fais pas : l’élève dépassera bientôt le maître.

Edwin van der Sar, Ryan Giggs. Deux phénomènes. Edwin van der Sar, d’abord. Bon ! C’est vrai. A Barcelone, il y a Victor Valdés. Le Catalan vient de recevoir pour la quatrième fois le prix du « Meilleur gardien de but d’Espagne ». Sa moyenne de goals encaissés cette saison par rencontre en Liga : 0,5. Exceptionnel. Mais que dire de la longévité affichée par Edwin van der Sar ? Disputer à quarante ans une finale de Ligue des Champions est tout bonnement remarquable. Avoir réussi, dans cette même épreuve, à préserver l’inviolabilité de ses filets à cinquante (!) reprises est une statistique affolante. Et décourageante pour les adversaires. Edwin van der Sar, qui prendra part ce 28 mai à l’ultime rencontre de sa formidable carrière, est un véritable talisman, un porte-bonheur pour toutes les équipes par lesquelles il est passé : l’Ajax Amsterdam (1990-1999), la Juventus Turin (1999-2001), Fulham (2001-2005) et Manchester United (depuis 2005). Deux décennies après ses débuts au plus haut niveau, le Néerlandais continue de porter son club vers le succès. Un leader, un vrai, ce joueur qui évite scrupuleusement de céder à la culture de la célébrité, laissant le soin à d’autres, notamment ses partenaires, de remplir les pages des tabloïds britanniques. A l’instar de Ryan Giggs ? Si le père de famille a priori exemplaire vient de se faire choper pour une sombre histoire d’adultère, le footballeur demeure irréprochable sur un terrain. Ryan Giggs, c’est 12 titres de champion d’Angleterre, 4 Coupes d’Angleterre et 2 Ligues des Champions. Ryan Giggs, c’est jusqu’à présent 139 matches de Coupes d’Europe, dont 125 pour la seule Ligue des Champions. Ryan Giggs, c’est vingt années de fidélité à Manchester United – il a 37 ans – sous la direction d’un seul entraîneur : Alex Ferguson. Outre le talent et le travail, un point commun à toutes ces saisons : Ryan Giggs n’a jamais été expulsé par un arbitre. En fait, le seul carton rouge qu’il est susceptible de recevoir dans l’immédiat risque de lui être attribué par son épouse Stacey, la mère de ses enfants Libby et Zach : celle-ci n’a pas du tout apprécié d’apprendre récemment que son mari faisait l’objet d’un marquage à la culotte d’un genre un peu particulier de la part d’une pulpeuse starlette de vingt-huit printemps !  

Dominique

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