"Cela va venir", a dit Georges…

Par Dominique le 06 juin 2011

J’avais entamé cette série de chroniques (au nombre de quatre-vingt-huit tout de même !) en commentant la victoire ramenée du Kazakhstan par les Diables Rouges. C’était le 8 octobre. J’aurais aimé boucler la boucle et, ainsi, achever ma première saison à la tête de ce blog en me réjouissant d’un succès remporté par la Belgique devant la Turquie. Là, je rumine déception et rancœur…


Lorsqu’il était enfant, Georges Leekens, racontent volontiers ses proches, s’imaginait… maraîcher. Ou épicier. Une propension, déjà, à vendre des salades. Adulte, il a conservé le goût pour la plante potagère. Dernier exemple en date ? Ce commentaire livré par le sélectionneur des Diables Rouges quelques minutes après la fin de la rencontre qui a donc vu son équipe gaspiller deux points précieux devant celle de Turquie. Après avoir insisté sur les intentions louables des joueurs belges, sur leur envie de vaincre et sur leur volonté à ne pas renoncer – ce que vous, comme moi avons effectivement constaté –, le bonhomme s’est fendu d’un « Cela va venir » qui, s’il se voulait rassurant compte tenu des circonstances, n’en était pas moins particulièrement inopportun en fonction de la tournure désormais prise par les événements.

« Cela va venir », a dès lors dit Georges Leekens. Quoi ? Et, surtout, quand ? Quoi, d’abord. Un : concrétiser les occasions que l’on se crée. Indispensable. Deux : éviter de rater l’immanquable quand il se présente – en l’occurrence, le penalty vendangé par Axel Witsel. Un fait de jeu, certes, susceptible d’arriver à n’importe qui, y compris à un joueur qui a achevé la saison en boulet de canon. Il n’empêche ! Axel Witsel qui vise, et touche l’Atomium, cela fait désordre, c’est un immense gâchis, lourd de conséquences qui plus est. Enfin, trois : il convient de veiller à ne pas se mettre dans de sales draps, comme ce fut le cas alors que rien, mais vraiment rien du tout ne laissait supposer que les Diables Rouges perdraient ainsi le fil d’un match qu’ils avaient entamé de la plus belle, de la plus heureuse des manières.

Franchement, je suis tombé de haut quand j’ai remarqué avec quelle facilité les Turcs ont échafaudé, puis conclu l’action qui leur a permis d’égaliser. Une erreur, une de plus après celles commises contre l’Allemagne, la Turquie à Istanbul, l’Autriche, l’Azerbaïdjan, voire devant la Finlande, en amical à Gand ! C’est trop. C’est énorme. D’où mon impatience : combien de temps encore cette ligne arrière, qui est pourtant composée d’éléments expérimentés, va-t-elle ainsi gratifier ses adversaires de tels cadeaux ? Pour information, la Belgique, avec dix buts encaissés, possédait vendredi soir la défense la plus poreuse de toutes les équipes évoluant à son niveau, c’est-à-dire deuxième de sa poule. D’où cette autre question : combien de temps encore Georges Leekens, qui, pour ceux qui l’ignoreraient, a effectué toute sa carrière à un poste d’arrière central, va-t-il avoir besoin pour inculquer à ses défenseurs certaines notions de base, comme celle qui consiste à ne jamais relâcher son marquage ? Un moment avancée, la thèse de l’accident n’est plus plausible. Semblables approximations, aussi souvent répétées, confinent à la faute professionnelle ou, plus prosaïquement, au « foutage de gueule ».

Pardon pour l’expression…

« Cela va venir », a toutefois répondu Georges Leekens tandis que je m’interrogeais moi-même sur les raisons de cette absence de pressing effectué au départ du mouvement sur le porteur du ballon, puis cette naïveté désarmante (merci Lombaerts, entre autres !) sur les moyens employés pour empêcher Yilmaz de profiter de cet excellent centre en retrait parti du pied d’Arda. « Cela va venir », répète inlassablement Georges Leekens. Admettons. De toute façon, on n’a plus le choix. Cela va venir, peut-être, rien n’est sûr, mais quand ? Le 2 septembre, en Azerbaïdjan ? C’est évident. Le 7 octobre, contre le Kazakhstan ? Pareil. Selon un modus operandi qui saute aux yeux, il n’est pas envisageable une seule seconde que les mêmes causes produisent les mêmes effets face à des rivaux aussi faibles. Restera le plat de résistance : l’Allemagne, le 11 octobre. En espérant que, d’ici là, la Turquie ait perdu elle-même quelques plumes dans l’aventure, en Autriche par exemple le 6 septembre ou un mois plus tard, lorsqu’elle recevra la Mannschaft. Sinon ? On peut oublier les barrages de novembre et la qualification éventuelle à l’Euro 2012 qui va avec. Cela va venir, comme disait l’autre. Mais n’est-il pas trop tard ? Ces quatre points stupidement galvaudés au Heysel devant l’Autriche et la Turquie constituent un handicap quasiment insurmontable. A cause d’un marchand de salades qui n’a pas été capable de recadrer ses défenseurs comme il l’aurait fallu, nous voilà dans les choux ! Ah, dernière chose. Je me demande également si Georges Leekens a réellement mesuré l’importance de cette partie face à la Turquie et, a fortiori, les conséquences que ce semi-échec générait. Je n’ai pas ce sentiment. Selon moi, le sélectionneur belge aurait dû prendre plus de risques pour remporter cette rencontre. Comment ? Par exemple en remplaçant en cours de seconde période Timmy Simons par un autre attaquant...

Dominique

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