Duchâtelet : on voudrait y croire

Par Dominique le 15 juillet 2011

Une question, une seule : le rachat du Standard par Roland Duchâtelet ne débouchera-t-il pas à terme sur un conflit d’intérêts rendant le jeu somme toute accessoire ?


La saison qui vient de s’écouler fut riche en aberrations diverses et en tartufferies de tout poil. La prolongation précipitée du contrat de Georges Leekens au poste de sélectionneur national fait partie du genre. La mise sur pied d’un tournoi international à Bruxelles, ensuite rebaptisé et délocalisé, n’a fait, ces derniers jours, qu’alimenter un vaudeville dont le football belge est devenu, pas tout à fait malgré lui cependant, le « cocu de service ». Dans ce milieu, l’adultère est un mode de vie, une façon d’exister. Esprit du jeu bafoué. Proposition débile d’une relégation en division 2 calculée sur trois ans. Politique incessante des accommodements raisonnables après qu’on ait, au mieux, retourné sa veste, au pire, baissé son pantalon. Corvée des droits TV, tant concernant leur renégociation qu’à propos des contrariétés auxquelles celle-ci soumet désormais le grand public. J’en passe. Ce système, si Belge, de frustrations atténuées sur base de compromis bricolés est une vraie bombe à retardement : un jour, tout cela pètera, et pour de bon ! Depuis plusieurs années, ceux qui ont en charge le football belge agissent comme des personnes qui bâtiraient leur maison sur des terres inondables, s’imaginant, à tort bien sûr, que le danger est hypothétique. Or, il est réel. A mes yeux, le rachat du Standard par Roland Duchâtelet incarne de manière incandescente cet état d’esprit, ce laxisme, cette édification d’un système sans morale ni pudeur dont je m’interdis de penser le moindre bien. Je ne reprendrai pas à mon compte la rumeur selon laquelle l’amateurisme, la désinvolture, le manque d’expérience de Roland Duchâtelet pousseront le Standard à la ruine sportive. Propagande orchestrée par des joueurs déçus de la façon dont Saint-Trond était géré, comme Denis Odoi ou Marc Hendrikx par exemple ? Règlement de comptes ou vision juste des choses ? S’il est clair qu’il n’a pas les faveurs des pronostics en comparaison de Luciano D’Onofrio (mais qui les aurait ?), Roland Duchâtelet doit, pour un temps au moins, bénéficier d’une forme de doute lui garantissant l’impunité : n’a-t-il pas affirmé qu’il assumerait ses responsabilités au Standard ? Dès lors, permettons-lui d’agir tranquillement en ce sens, sans exiger immédiatement la lune de sa part. En football, on ne critique, on ne déteste même jamais autant avant de statufier. Ou inversement. Personnellement, je ne demande qu’à croire Roland Duchâtelet au sujet du projet sportif qu’il entend développer à Liège. Ce qui me gêne dans son arrivée à Sclessin a trait au mélange de genres lié à sa prise du pouvoir. S’il n’occupe plus aucune fonction officielle à Saint-Trond – diable, il n’aurait plus manqué que ça –, Roland Duchâtet n’en conserve pas moins de solides attaches avec les Limbourgeois. N’a-t-il pas intronisé son successeur, qu’il s’est d’ailleurs chargé lui-même de présenter ce mercredi, lors d’une conférence de presse ? Original. Et significatif. Toujours ce besoin obsessionnel d’incarner des intérêts particuliers au-dessus de l’intérêt général. Vous en doutez ? Vous avez tort. Tiens ! Voilà Nils Schouterden annoncé au Standard. S’il se concrétise, ce transfert constituera un sacré coup dur pour Saint-Trond à deux semaines du début du championnat. D’où ma question : les Limbourgeois n’auraient-ils pas été tentés de céder un peu trop docilement leur jeune et prometteur gaucher sur l’insistance de leur ancien président ? Au fait : ne lui sont-ils pas redevables d’avoir épuré les sept millions d’euros de dettes que leur club accusait ? Et puis, n’oubliez pas de chercher la femme. Tant qu’on y est... A Saint-Trond, celle-ci se nomme Marieke Höfte. Il s’agit de la compagne de Roland Duchâtelet. Depuis 2008, cette Hollandaise de naissance, naturalisée Belge est l’actionnaire principale de la société anonyme K.STVV, l’organisme qui a en charge les infrastructures du Stayenveld. Pour rappel, l’endroit est en train d’être réaménagé, et pour un sacré paquet d’argent, avec, notamment, l’édification d’un parking sous le stade. Avec tout ça, j’en omettrais presque de regarder quand le Standard et Saint-Trond sont censés s’affronter en championnat. Ah ! C’est pour le 25 février, soit quatre journées avant la fin de la phase classique de la compétition. Vous me voyez venir ? Incarnation ultime de ce dont je suis de plus en plus convaincu : le football belge est un laboratoire dont les clés sont détenues par des apprentis sorciers, pyromanes de surcroît…

Dominique            

14:43 Écrit par Dominique dans Jupiler Pro League | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

Les commentaires sont fermés.