Georges Leekens, tête de Turc !

Par Dominique le 18 juillet 2011

Depuis le match nul concédé il y a un mois et demi face à la Turquie, voilà les Diables Rouges repeints en gris foncé. La période est-elle encore à l’illusion collective, à savoir considérer que la présence de la Belgique à la phase finale de l’Euro 2012 demeure possible ? Personnellement, je ne le pense pas. La faute à qui, tout ça ?


Dans le couloir de son esprit où ses pensées deviennent phrases, Georges Leekens a souvent tendance à raser les murs ! Il se comporte de la sorte non pas par modestie ou par discrétion – ce n’est pas le genre – mais parce que le discours du sélectionneur national, à défaut déjà d’être plausible, n’offre aucun autre horizon que le propre reflet du bonhomme. Ultime exemple : cette interview accordée il y a un peu plus d’une semaine au journal « Le Soir ». Georges Leekens, qui, au moment de sa prise de fonction, entendait faire des Diables Rouges une « équipe sexy » – à l’époque, le strass et les paillettes constituaient en effet une priorité s’agissant de la remise à niveau du football belge – y révèle son intention de partir en repérage en Pologne et en Ukraine afin qu’au cas où un miracle se produirait pour l’Euro 2012, la Belgique ne soit pas prise au dépourvu en devant, je cite, « loger dans des taudis et s’entraîner sur des champs de patates ». Et pour ceux qui n’auraient pas tout à fait saisi la dimension christique de la mission, Georges Leekens précise : « Il ne s’agit pas d’un voyage touristique ». Encore heureux ! Le périple d’agrément a eu lieu il y a un an, lorsque Georges Leekens s’était mis en tête d’aller en Afrique du Sud visionner l’Allemagne, premier adversaire des Diables Rouges sur la route de Varsovie et de Kiev. On a vu ce que cela a donné le moment venu. C’était le 3 septembre dernier. Ce jour-là, il fut lourdement question de l’erreur commise par Daniel Van Buyten face au trio Schweinsteiger-Müller-Klose. Et pour cause : la gaffe coûta cher. En revanche, on n’insista guère (tiens : et pourquoi ?) sur cette décision pour le moins saugrenue prise par Georges Leekens de lancer dans la bagarre Christian Benteke, pourtant à la rue au Standard, et de snober Jelle Vossen, qui, lui, marquait les esprits et, surtout, les yeux fermés avec le Racing Genk. Dans une autre configuration, peut-être aurait-il été possible de faire quelque chose contre une équipe allemande guère à son affaire ? Sur ce coup-là, déjà, les « taudis » polonais et les « champs de patates » ukrainiens s’éloignaient. Idem après le passage de l’Autriche, le 12 octobre, quand Georges Leekens s’obstina dans son choix à titulariser Logan Bailly bien qu’il eut été parfaitement au courant de la teneur des problèmes, d’ordres privé et professionnel, auxquels le gardien belge devait faire face. L’esprit ailleurs mais les ballons au fond des filets. N’insistons pas trop non plus sur ces boulettes à répétition qui font passer les défenseurs des Diables Rouges pour des enfants de chœur. Stigmatisons plutôt l’impuissance du sacristain en chef à veiller à ce que ces bévues ne se reproduisent plus. Or, il devrait y parvenir. D’abord parce qu’il est (bien) payé pour ça. En outre, Georges Leekens n’est-il pas lui-même un ancien arrière central ? A priori, il sait donc de quoi il parle. A priori seulement ? L’absolution surviendra-t-elle le 10 août, en Slovénie, une mise en jambes programmée dans l’optique de l’Azerbaïdjan le 2 septembre, le Kazakhstan le 7 octobre et l’Allemagne le 11 octobre ? Des défenseurs belges qui défendent bien, cela devrait exister. A une époque, c’était le cas. Aujourd’hui ? Il y en a sans doute, mais c’est comme pour les poissons volants : ce n’est pas la majorité du genre. Ceci enfin, par rapport aux deux points stupidement gaspillés le 3 juin face à la Turquie. Incohérence et mauvaise foi de prétendre que Timmy Simons ne pouvait pas tirer ce fameux penalty raté par Axel Witsel en raison d’une douleur aux adducteurs : si le Limbourgeois était blessé, pourquoi Georges Leekens lui permit-il de disputer l’intégralité de la rencontre ? Incohérence et mauvaise foi de ne pas accabler Axel Witsel pour ce coup de réparation mal cadré, mais d’avoir remplacé Jan Vertonghen à la mi-temps sur base des deux occasions que celui-ci galvauda en première période. Incohérence et mauvaise foi de prier Eden Hazard de quitter la pelouse, mais d’y maintenir Nacer Chadli, guère à son affaire cependant, sous prétexte que, je cite à nouveau, « ce qui a manqué le plus à la Belgique face à la Turquie, c’est de la puissance ». Sous-entendu : le second nommé était le mieux à même de pallier cette lacune. Exit le Lillois. Pure bêtise : ce qui a manqué le plus à la Belgique face à la Turquie, c’est une capacité à construire, à peser réellement sur le jeu, à incarner une philosophie du mouvement avec coup d’œil, créativité et technique. Alors ? Eden Hazard renvoyé au vestiaire et pas Nacer Chadli ? J’en rirais si cela, et tout le reste ne nous conduisait pas droit dans le mur. Notez que ce ne sera jamais que la cinquième fois d’affilée depuis 2002. Malgré Georges Leekens ? Ou plutôt : à cause de lui ?

Dominique   

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