Qui, après Thibaut Courtois ?

Par Dominique le 19 juillet 2011

Au Racing Genk, les choses étaient, paraît-il, très claires : aucun joueur n'était autorisé à quitter le club après le 15 juillet. Une sorte de contrat moral. Or, le lendemain, Thibaut Courtois plaçait les Limbourgeois devant le fait accompli : il partait pour Chelsea. Comme quoi, en football, la grandeur, l’éthique… Pfffff !


Rares sourires. Visages des mauvais jours. Pour la plupart, envie d’être ailleurs. Tensions palpables. Au deuxième rang, à l’extrême droite, Franky Vercauteren a du mal à faire bonne figure. Le ciel lui est tombé sur la tête. Au Racing Genk, on n’est toujours pas remis du coup de tonnerre lié aux départs de trois joueurs sur lesquels les Limbourgeois comptaient beaucoup pour cette saison : Thibaut Courtois, Chris Mavinga et Eric Matoukou. La pose que les champions de Belgique prennent pour la photo dite officielle de leur équipe est forcée. A part Thomas Buffel, assis à côté de Jelle Vossen, et qui, lui, semble ravi d’avoir resigné pour une année, tous paraissent déjà lorgner sur les chaloupes du « Titanic » dont ils entendent au loin les premiers appels invitant à embarquer. Publié ce mardi 19 juillet dans une partie de la presse, le cliché en question reflète l’immense désarroi d’un groupe pathétiquement désenchanté par cet enchevêtrement d’événements distillant – du moins, faut-il le craindre – le moût du déclin et enterrant, déjà, une partie de ses ambitions. Adieu les matches prometteurs et les victoires promises (dès jeudi, en Supercoupe, contre le Standard, puis la semaine prochaine en tour préliminaire de la Ligue des Champions ?), bonjour l’aventure en terre inconnue, dont sans Thibaut Courtois, Chris Mavinga et Eric Matoukou, il sera compliqué d’effectuer la traversée fût-ce en compagnie du plus sérieux, du plus expérimenté et du plus intelligent des pilotes : j’appelle bien entendu à la barre Franky Vercauteren. Le 23 mai dernier, un lundi, celui-ci avait tenu à réunir la presse afin d’exprimer son point de vue sur le sens qu’il entendait donner au titre obtenu six jours plus tôt par le Racing Genk. La stratégie développée par l’entraîneur des Limbourgeois était d’une clarté absolue. Elle tenait en ces mots : « Nous renforcer, même si personne ne part ». Deux mois plus tard, on est loin du compte. Genk a-t-il réellement étoffé son noyau ? Je n’ai pas ce sentiment. Au contraire ! Après avoir reconquis la Belgique en une époustouflante chevauchée, les Limbourgeois marquent désormais dangereusement le pas. Certes ! Des pistes alternatives existent pour éteindre la crise qui couve. Le « trésor de guerre » que les transferts de Thibaut Courtois et d’Eric Matoukou ont rapporté aux Limbourgeois – sans oublier la vente de Joao Carlos durant l’hiver et celle, toute récente, du jeune Koen Casteels à Hoffenheim – devrait permettre de faire face. Des noms de joueurs circulent évidemment ici et là. Ceux-ci seront-il en mesure, s’ils sont choisis, de ne pas détourner le Racing du sens de l’Histoire que les Genkois ont emprunté au printemps passé ? Voilà la première question que je me pose. Elle est importante s’agissant des enjeux auxquels tout prétendant à un deuxième mandat doit s’accommoder afin de se hisser à nouveau au-dessus des autres. Ma seconde question n’est pas innocente non plus. Koen Casteels et Eric Matoukou ayant menacé de se servir de la loi dite de 1978 pour s’en aller, l’un à Hoffenheim et l’autre au Dnipro Dnipropetrovsk ; Thibaut Courtois plaçant devant le fait accompli ses dirigeants, se substituant dès lors sciemment à leur autorité : ces naïfs Limbourgeois ne redoutent-ils pas de voir d’autres masques tomber tandis qu’il viendrait à l’idée de Marvin Ogunjimi, Jelle Vossen ou Kevin De Bruyne – pour ne citer que les plus sollicités – d’imiter leurs trois anciens partenaires ? J’en entends déjà certains se lamenter, appeler leurs managers à la rescousse, patauger dans leur jalousie et s’enliser en ses bisbilles. Oui ! J’en entends déjà certains crier bien haut, bien fort : « Pourquoi eux ? Pourquoi pas nous ? » Qui sera le suivant ? Car il y en aura bien un. Ou deux. Dans ce milieu, vous savez, la grandeur, l’éthique… Pfffff !

Dominique

13:26 Écrit par Dominique dans Jupiler Pro League | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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