Luka... coup dans l'eau

Par Dominique le 20 juillet 2011

S’agissant de Thibaut Courtois, Chelsea a démontré qu’un transfert pouvait très vite se réaliser. Même au prix de 9 millions d’euros payés cash. Dès lors, pourquoi les choses traînent-elles autant avec Romelu Lukaku ? Etonnant ? Pas sûr…


J’en reviens à mon propos d’hier. Je me demandais : « Qui, après Thibaut Courtois ? ». Je cherchais à stigmatiser la légèreté, saupoudrée d’inconvenance voire, franchement même, d’amoralité, avec laquelle le prépubère limbourgeois s’est comporté afin d’enrubanner son immense talent dans une tambouille au goût rance et, ainsi, fortement indisposer son entourage professionnel. La question que je me posais était toutefois décalée. Elle substituait l’outrance de l’ex-gardien du Racing Genk à l’arrogance d’un autre joueur : Ronald Vargas. Convaincu qu’il n’avait plus aucun avenir au Club Brugeois, persuadé surtout qu’il pourrait gagner davantage d’argent ailleurs, le Vénézuélien entamait un bras-de-fer avec les Flandriens dès son retour de vacances, obtenant finalement gain de cause et, a fortiori, réparation d’un prétendu préjudice moral. « On m’a manqué de respect à Bruges », ne cessait alors de clamer hypocritement Ronald Vargas. Subitement en quête d’une dignité qui, comme on le sait dans certains milieux sportifs, se trouve en vente libre pour peu qu’on y mette le prix, l’intéressé (au propre comme au figuré) passait du statut, brillant, d’acteur à celui, moins recommandable, d’auteur d’un nouveau chapitre de cette comédie humaine méprisable où la défense d’une honorabilité et d’une réputation n’est pas, et c’est bien dommage, soumise au test du détecteur de mensonges. Comme Ronald Vargas voulait absolument quitter Bruges, Thibaut Courtois, lui, désirait décamper au plus vite de Genk. Souvenez-vous de l’interview accordée le 20 juin par le Limbourgeois sur les ondes de « FM Brussel » où, en dévoilant clairement ses intentions et, a fortiori, celles de Chelsea à son égard, il répondait par des faits aux bavasseries de bistrot qui couraient sur lui. Moins d’un mois plus tard, Thibaut Courtois s’expatriait. La morale (manière de parler) de cette double histoire ? Elle est simple : dès qu’un footballeur s’est mis dans la tête de chercher à voir si l’herbe du terrain voisin n’est pas plus verte, son pouvoir est absolu, imprescriptible. Si j’en doutais ? Bien sûr que non ! Mais, bon ! De temps à autre, il n’est pas inutile d’effectuer une piqûre de rappel dans les vastes fesses molles de l’opinion publique afin qu’elle s’aperçoive que ceux qu’elle encense aujourd’hui ne se gêneront pas pour lui cracher à la figure demain. C’est à la lumière de cette constatation que je me permets de m’interroger sur Romelu Lukaku. Non pas parce que je soupçonne l’attaquant du Sporting d’Anderlecht de foncer vers la porte de sortie en essayant à son tour de la forcer. Je ne pense pas que les Bruxellois aient quoi que ce soit à craindre de cette nature. En fait, ce que je ne comprends pas avec Romelu Lukaku a trait aux raisons pour lesquelles le transfert de l’international belge tarde à ce point à se concrétiser. Les dirigeants de Chelsea auraient, paraît-il, un œil sur l’Anderlechtois. Voilà des semaines et des semaines que la presse nous tartine des pages et des pages sur le sujet. C’est presque aussi soutenu que les célèbres aventures de « Martine ». Or, quand ils veulent réellement un joueur, les Londoniens  n’hésitent pas à appuyer sur le champignon. Une signature au bas d’un chèque (exemple : 9 millions d’euros cash pour Thibaut Courtois), et c’est réglé. Avec Romelu Lukaku, ça traîne. On tergiverse. Pourquoi ? Alors qu’il n’avait que 15 ans, Chelsea aurait pourtant aimé l’avoir déjà sous contrat. Effectivement, l’intérêt des Londoniens ne date pas d’hier. Le premier décembre 2009, lors de la conférence de presse précédant la rencontre d’Europa Ligue qui, le lendemain, mettait en présence le Sporting d’Anderlecht au Dinamo Zagreb, Romelu Lukaku avouait se sentir « flatté par l’attention soutenue » que Chelsea lui témoignait. Où en est-on un an et demi plus tard ? Nulle part. Pourquoi ? La somme proposée à Anderlecht pour son buteur est-elle en deçà des attentes des Bruxellois ? C’est une explication. Avec, en corollaire, ce constat : Romelu Lukaku n’est donc pas aussi fort que d’aucuns le prétendent. Personnellement, c’est mon avis. L’Anderlechtois a du potentiel, mais pas au point d’affoler les marchés internationaux. A son âge, d’autres lui étaient, lui sont supérieurs. Deuxième argument justifiant le fait que Chelsea, ou tout autre candidat-acquéreur ait pour l’heure remisé les armes : le manque de visibilité du football belge à l’étranger. C’est une opinion que partagent plusieurs managers plutôt au fait de ce qui se trame dans les coulisses des stades. Pour eux, le calme apparent régnant autour de Romelu Lukaku repose sur la faiblesse d’une compétition nationale tandis que nul n’est sûr que ceux qui y brillent pourraient également briller en Angleterre, en Espagne, en Allemagne ou en Italie. En outre, la prudence financière à laquelle l’Uefa va bientôt soumettre certains clubs dont les dettes deviennent insupportables n’est pas de nature à favoriser les bris inconsidérés de tirelires. Admettons. Néanmoins, je nuance : l’image peu aguichante que véhicule le championnat de Belgique n’a pas empêché Chelsea d’être convaincu par le talent de Thibaut Courtois, inconnu de tous il y a douze mois. Neuf millions d’euros, je le répète, payés rubis sur ongle après que le Limbourgeois ait été visionné à cinq reprises seulement par les Londoniens. Est-il nécessaire que j’en dise davantage pour justifier le principe de précaution que j’adopte envers Romelu Lukaku concernant son éventuel départ à l’étranger ? D’après vous ?

Dominique     

15:54 Écrit par Dominique dans Jupiler Pro League | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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