Une Supercoupe si mal nommée

Par Dominique le 22 juillet 2011

Le Standard vient d’annoncer le transfert d’un international uruguayen. Chapeau pour l’idée : moi, j’adore ces types pour leur sens du combat, leurs qualités techniques et leur envie de gagner. Une bonne pioche, ce Gonzalez ? Mais si c’est le cas, pourquoi ne participe-t-il pas à la Copa America, compétition que son pays va sans doute remporter dimanche ?


J’ai, je l’avoue, hésité à vous parler de ce match de Supercoupe de Belgique auquel, contraint, j’ai assisté ce jeudi. J’aurais tellement préféré prolonger jusqu’au bout ces formidables moments auxquels Andy Schleck conviait, tandis que je prenais la route de Genk, ces millions de (télé)spectateurs entraînés dans le sillage du Luxembourgeois grâce à la magie rendue par la dix-huitième étape du Tour de France. A chacun son truc ! Le mien ? Alors qu’Andy Schleck escaladait à toute allure le Galibier, je me préparais à me taper une rencontre disputée à un rythme de cyclotouriste, où les échappées belles furent quasiment inexistantes, les accélérations, une vue de l’esprit, et où tout était tranquille, tellement tranquille que je m’attendais à voir arriver à chaque instant la fameuse voiture-balai qui nous aurait débarrassés une bonne fois pour toutes de ces vingt-deux attardés, réduits très rapidement au nombre de vingt-et-un à cause d’un commissaire de course trop zélé. On prétend que les préliminaires sont le meilleur moment. Peut-être. Néanmoins, admettez qu’en cette partie initiale de la saison, le football est devenu un sport convenu et fade. Les équipes qui s’affrontent sont en rodage. On monte rarement d’un cran. On gère. On teste. On se jauge. On musarde même un peu. Et si la programmation de cette rencontre de Supercoupe de Belgique était destinée, malgré tout, à inciter le loup à sortir du bois, je dirais que ce dernier n’aura, ce jeudi soir, que très timidement montré le bout de sa queue. Mais je me dois aussi d’être juste. Les circonstances ne se prêtaient pas non plus à un affrontement « boum badaboum boum boum » entre deux formations gênées aux entournures, figées dans leurs doutes. En mordant férocement les mollets des dirigeants genkois et, a fortiori, ceux de leurs partenaires, Thibaut Courtois, Eric Matoukou, Koen Casteels et Chris Mavinga leur ont foutu, aux uns, la trouille et, aux autres, une pression pas possible qui n’est pas pour rien dans ce fouillis de jeu proposé à un public – tant mieux pour les absents – très clairsemé. Sans Axel Witsel, Steven Defour, Mehdi Carcela, Franck Berrier, Eliaquim Mangala et Cyriac (ça va, je n’ai oublié personne ?), puis confronté aux sorties sur blessure de Laurent Ciman et Daniel Opare, le Standard devait également se débrouiller avec les moyens du bord. Coup de sang ou coup de com, les Liégeois annonçaient peu de temps avant le début du match que le nom de Steven Defour avait été repris dans la liste des joueurs communiquée à l’Uefa dans le cadre du troisième tour préliminaire de Ligue des Champions qui verra le Standard accueillir, mercredi, le FC Zürich. Les mêmes confirmaient ensuite l’arrivée d’Ignacio Gonzalez, un médian offensif international uruguayen dont le profil laisse entendre qu’il pourrait s’agir du successeur d’Axel Witsel. Admettons. Je ne suis pas contrariant. Je ne demande qu’à voir. A propos de Steven Defour, il m’étonnerait cependant que le Limbourgeois, qui, doux euphémisme, n’a plus vraiment la tête, ni les jambes à Sclessin, soit aligné face aux Suisses. Concernant Ignacio Gonzalez, je me suis souvenu, en observant ses futurs camarades se mettre du bon air plein les poumons à défaut de mettre le ballon au fond du but, qu’on était en pleine Copa America et que l’Uruguay participait à l’épreuve. Le voici même qualifié pour la finale. Or, tout ça sans Ignacio Gonzalez. Pourquoi ? Curieux, non, quand on sait que ce pays de trois millions et demi d’habitants ne dispose pas d’un réservoir inépuisable de joueurs. Dès lors, pour quelle raison Ignacio Gonzalez n’est-il pas en Argentine avec sa sélection ? Parce que ce n’est pas à proprement parler du lourd ? A moins que le surnommé « Nacho » n’entre tout simplement pas dans les plans de son entraîneur ? Si c’est le cas, cela s’appelle un mal pour un bien. Car si c’est pour faire comme l’Anderlechtois Lucas Biglia, qui, en quatre rencontres sous le maillot argentin, aura, en tout et pour tout, disputé vingt-trois (!) minutes de Copa America, autant rester tranquillement à la maison et regarder le Tour de France. Et moi, c’est ce que j’aurais dû faire ce jeudi…     

Dominique

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