La pêche au toc

Par Dominique le 27 juillet 2011

Cela faisait longtemps que les clubs de division 1 n’avaient plus déployé autant d’imagination, ni dépensé autant d'argent et d’énergie afin de se renforcer. Pour quel résultat ? Il est évidemment trop tôt pour le dire, même si diverses tendances se dégagent déjà…


Je me suis arrêté à 105. J’en ai peut-être oublié l’un ou l’autre, probablement même, sans compter ceux qui, au moment où je rédige ces quelques lignes, sont sur le point de donner une nouvelle orientation à leur carrière. Mais aucune importance : la tendance est à la hausse. A titre comparatif, cent et cinq joueurs transférés jusqu’à présent en division 1, c’est plus, beaucoup plus que la saison dernière, lorsque ce flux migratoire n’avait concerné que quatre-vingt-trois footballeurs. Et encore : chiffre arrêté le 31 août, date de la clôture du marché d’été. C’est dire si, aujourd’hui, d’aucuns possèdent encore de la marge afin de bâtir une équipe qui tienne la route. Comme le Racing Genk, qui n’a toujours pas su mettre en place les moyens de contrebalancer les forces de cette immense kermesse humaine qui l’a dépossédé en peu de temps de plusieurs éléments-clés : Joao Carlos, Thibaut Courtois, Chris Mavinga, Eric Matoukou et, dans une moindre mesure, Koen Casteels. Comme le Standard, déjà orphelin d’Axel Witsel et dont le destin peut être bouleversé à chaque instant par la décision que prendront Eliaquim Mangala, Steven Defour, voire Mehdi Carcela. Comme le Sporting d’Anderlecht, qui s’accroche plus que jamais aux symboles nostalgiques de sa puissance d’antan, essayant d’attirer une diva serbe capricieuse en la persuadant qu’il lui est désormais interdit de vivre au-dessus de ses moyens. Comme le Club Brugeois, qui, soucieux d’échapper à cette pente tragique ayant failli le conduire l’an passé à sa perte, ne rechignera pas à se mettre à la merci des prêteurs pour acquérir un… onzième (!) joueur. Les autres ? Discrets, à l’image de La Gantoise ou de Lokeren, ils restent à l’affut d’une bonne affaire afin de retrouver leur rang – les Flandriens – ou le conserver – leurs voisins waeslandiens. Plusieurs, en revanche, se sont fait très pressants. C’est le cas du Club Brugeois, on l’a vu : la perspective de décrocher une qualification directe pour la Ligue des Champions a incité les Flandriens à élaborer une stratégie ambitieuse. Ce constat vaut également pour Zulte-Waregem et le Beerschot. Toutes proportions gardées, naturellement. A l’instar du Club Brugeois avec Bart Verhaeghe, ces deux formations possèdent la particularité d’avoir confié leur destinée à un nouvel actionnaire principal : Patrick Decuyper au Gaverbeek et Patrick Vanoppen au Kiel. Sept nouveaux joueurs et un nouvel entraîneur ont ainsi débarqué à Zulte-Waregem. Au Beerschot, le noyau mis à la disposition de Jacky Mathijssen a subi un profond lifting en accueillant pas moins de quatorze (!) arrivants. Là aussi, la volonté de progresser est évidente. Là aussi, le désir de marquer immédiatement leur territoire et, a fortiori, les esprits n’a pas tardé à saisir Patrick Decuyper et Patrick Vanoppen. Tiens : et Roland Duchâtelet, il fait quoi, lui ? Pour échapper au marasme ambiant auquel ni le Gaverbeek, ni le Kiel n’avaient pu se soustraire il y a quelques mois, les lieux-dits ont fait en sorte de s’ouvrir à des Israéliens (Roy Dayan et Dor Malul), à des Nordiques (Olafur Ingi Skulason, Jon Gudni Fjoluson et Brian Hamalainen), à des Africains (Sani Kaita, Sive Pekezela et Lindami Ntamo) et à un Serbe, Aleksander Trajkovski : tous pourraient autant constituer d’agréables surprises qu’ils risquent de décevoir leur entourage. Car, comme chacun sait, quantité n’est pas qualité. Pour atténuer le risque qu’ils encourent de se tromper sur la marchandise, nos dirigeants ont pu bénéficier d’une marge de manœuvre supplémentaire liée à la reconduction, sur base d’un bonus substantiel, des droits télévisés. Dix millions d’euros par saison en plus, ce n’est pas rien. Certes ! La somme est à partager. Mais, bon : ce n’est pas rien. D’autant que ce montant est susceptible d’augmenter et, ainsi, assurer à certains la garantie d’un fond de placements que, personnellement, j’aurais aimé voir attribuer à la formation des jeunes. Mais cela, c’est une autre histoire qui, malheureusement, n’est pas près de connaître une fin heureuse : ne sommes-nous pas en Belgique ?

Dominique

14:55 Écrit par Dominique dans Jupiler Pro League | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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