Gonzalez : sauveur ou imposteur ?

Par Dominique le 28 juillet 2011

Miroir ne dira pas encore que ce Standard-là est le plus beau. Mais si les Liégeois ne sont pas capables d’éliminer un adversaire du niveau du FC Zurich, alors, c’est clair, leur place n’est pas en Ligue des Champions !


Bon ! D’accord ! On n’a pas grimpé au septième ciel. Malgré tout, ce n’était pas si mal que ça. Du moins en comparaison de l’autre jour, à Genk, en Supercoupe de Belgique, lorsque cette équipe du Standard utilisa toutes sortes d’expédients – c’est péjoratif – afin d’expédier un rendez-vous que les Liégeois n’étaient visiblement pas prêts à honorer et dont, somme toute, ils n’avaient finalement que faire. Dans le Limbourg, ce fut du « sauve-qui-peut ». Or, le Standard ne put pas grand-chose : le seul spectacle qu’il offrit alors fut celui d’une formation minée par le doute. Même à onze contre dix, l’impuissance était là, palpable. Et rien ne permettait de supposer que la situation serait susceptible d’évoluer favorablement d’ici à mercredi – hier, donc – tandis que se disputerait à Sclessin une partie aux enjeux sportifs et financiers qui exigeaient que cette cohorte de perclus entraperçus à Genk, aux pas hésitants, recroquevillés sur eux-mêmes, redressent la tête, se retroussent les manches et retrouvent leurs jambes d’antan. « Lève-toi et marche », avait dit José Riga pendant sa causerie d’avant-match à chacun de ses joueurs. Sauf, bien sûr, à Steven Defour, qui, pour l’occasion, avait pris place en tribune d’honneur. Saint Lambert, priez pour eux ! Bon ! D’accord ! Le miracle n’a pas eu lieu. D’ailleurs, cela aurait été trop facile. Un cierge au contemplatif consacré, et voilà l’adversaire qui brûle en enfer, Mémé Tchité qui balance son fauteuil roulant à la déchetterie, Yoni Buyens et Pape Abdou Camara qui font subitement oublier Steven Defour et Axel Witsel, leur complémentarité, leur abattage et « tutti quanti », Felipe qui séduit, Sébastien Pocognoli qui en a fini de chercher des petits cailloux pour retrouver sa route derrière Jelle Van Damme, qui, lui, rêve de se substituer à ses attaquants ? Oui ! Cela aurait été trop facile. Miroir ne décrètera pas encore que ce Standard-là est le plus beau mais s’agissant de l’image que je craignais que les Liégeois nous renvoient face au FC Zurich, j’avoue avoir été agréablement surpris. J’ai même franchement regretté que les Suisses marquent les premiers, non pas en raison d’un chauvinisme exacerbé et aveugle, mais, tout simplement, parce que si une équipe méritait de mener au score, c’était le Standard. Et non ses rivaux, tant ceux-là affichaient un profil de banquiers frileux, ayant viré névrosés suite à un énième krach boursier. Sacrément résistant, toutefois, le franc suisse. « T’inquiète », m’a alors crié José Riga depuis son banc de touche. « T’inquiète, tu parles ! », j’ai répliqué. « Si, si ! J’ai une idée », m’a-t-il juré. Laquelle ?, je me suis demandé. Implorer Steven Defour de monter au jeu après s’être changé ? Rappeler Axel Witsel de Lisbonne pour une pige exceptionnelle ? Suggérer à Sinan Bolat de venir créer le surnombre sur phase arrêtée, comme cela avait si bien réussi au Turc en Europa Ligue, face aux Hollandais d’AZ’67 si j’ai bonne mémoire ? Infiniment pieux m’a-t-on assuré, José Riga guettait-il un miracle découlant d’une guérison subite de Cyriac ou du rétablissement inattendu de Mehdi Carcela ? Là, on n’était franchement plus dans la réalité. Notez qu’on n’y était déjà plus depuis quelques minutes, et le goal du dénommé Mehmedi. On y retourna toutefois lorsqu’Ignacio Gonzalez força l’égalisation. Et dire que je m’étais moqué de l’Uruguayen en apprenant son transfert à Sclessin (voir mon blog du 22 juillet). Comme quoi, j’aurais mieux fait de tourner deux fois plutôt qu’une ma plume dans l’encrier au lieu de la porter ainsi dans la plaie concernant un joueur dont les états de service me laissaient pour le moins sceptique. Coaching payant pour José Riga. Bien vu de sa part. Et Ignacio Gonzalez ? Un sauveur ? Oui, mais à condition que les conquérants un moment désarçonnés ce mercredi ne tombent plus de cheval la semaine prochaine, du côté de Zurich. Sinon, Ignacio Gonzalez n’aura été qu’un imposteur. A l’instar de ses partenaires. Car si le Standard n’est pas capable de prendre la mesure d’une formation du niveau de ces Suisses aussi peu francs, la place des Liégeois n’est pas en Ligue des Champions !

Dominique        

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