La division 1 sous influence

Par Dominique le 29 juillet 2011

Ne pas acheter pour acheter ! Ce principe est censé guider les dirigeants des équipes belges. Cette saison, celles-ci compteront pourtant un impressionnant contingent de footballeurs étrangers. Certains seront sans doute applaudis. Mais les autres ? Valaient-ils vraiment le déplacement ?


L’idée se prête aux circonstances : évaluer les chances des uns et des autres à atteindre les objectifs qu’ils se sont fixés. Seize candidats, un élu, des déçus, telle ou telle bonnes surprises, des recalés. Genk qui avance quand même en dépit du pillage dont il a fait l’objet ? Le Club Brugeois qui a déjà enclenché la surmultipliée afin de justifier les nombreux investissements qu’il a consentis ? L’horizon qui s’est temporairement rétréci pour le Standard malgré une prestation encourageante mercredi en Ligue des Champions ? Anderlecht, dont la reconquête du titre est prioritaire ? Le Beerschot et Zulte-Waregem, où les ambitions nouvellement affichées à la tête de ces deux formations pourraient en étonner plus d’un ? La Gantoise ? Je n’imagine pas une seconde que Trond Sollied ait accepté de revenir à Gentbrugge sans avoir reçu préalablement la garantie que tout sera fait pour le contenter. Lokeren, tout comme le FC Malinois, qui entendent continuer à mener la vie dure à leurs adversaires ? Voilà donc où nous en sommes à quelques heures du coup d’envoi du premier match de cette nouvelle compétition. Ce soir, ce sera la fête à Louvain, où le club local accueillera le Sporting d’Anderlecht. Sparring-partners réguliers des Brabançons, auxquels ils avaient pris l’habitude de se mesurer dans le cadre de la préparation à leur saison, les Bruxellois effectueront cette fois-ci ce court déplacement dans un tout autre état d’esprit que celui empreint de dilettantisme, tandis qu’on cherche toujours ses marques et qu’on se jauge encore. Je ne m’attarderai pas aujourd’hui sur l’accession de Louvain en division 1. J’aurai probablement l’occasion d’en reparler. Toutefois, pour faire bref, je préciserai qu’elle est le fruit d’une politique cohérente et raisonnable. Ce qui, par les temps qui courent, n’est pas si mal que ça. Puisque nous sommes à Louvain, restons-y quelques instants. N’y est-on pas bien, dans cette petite ville de province qui compte parmi les plus agréables et les plus accueillantes de Belgique ? Oh que si ! D’ailleurs, je m’y rends ce soir sous adrénaline, à l’idée que – cette fois, ça y est – on pénètre dans le vif du sujet, mais je m'y rends également par curiosité, avec, forcément, l’envie d’être épaté. Notez qu’épaté, je l’ai été au moment d’analyser d’un peu plus près la composition de l’effectif louvaniste. Certes ! Il n’est pas d’une qualité hors du commun : les Brabançons seraient ravis de se maintenir et, pour les plus audacieux d’entre eux, les plus rêveurs, une douzième place finale irait au-delà de leurs espérances. En réalité, ce qui frappe à la lecture du nom de ces joueurs a trait au fait qu’ils sont pratiquement tous Belges. Trois seulement sont étrangers : le défenseur sénégalais Christophe Diandy, le médian slovène Sandro Bloudek et l’attaquant suédois Patrick Amoah. Trois sur vingt-neuf, soit un peu moins de nonante pour cent de ce noyau a été couvé, puis s’est épanoui sur les pelouses du plat pays. Exceptionnel ? Et comment ! Attention : nul amalgame douteux dans ce constat. Pour des raisons qui les regardent, les Louvanistes ont préféré confier les clés de leur équipe à des Belges. C’est tout. C’est comme ça. C’est une vision des choses. Que, bien sûr, d’autres ne partagent pas. Sinon ? Eh bien, le chiffre de 199 footballeurs étrangers n’indiquerait pas une certaine tendance à l’exotisme au sein de la division 1. Cette saison, 24 Français en ont forcé les portes, mais aussi 17 Brésiliens, 11 Sénégalais, 9 Sud-Africains, 8 Serbes, 7 Hollandais, 7 Israéliens, 6 Suédois, 6 Congolais, 5 Islandais, 4 Argentins, 3 Danois, 3 Norvégiens, 1 Finlandais, 1 Chinois, 1 Vénézuélien et 1 Japonais. Liste non exhaustive s’entend. En tout, 199 bonshommes débarqués de 59 pays et de 4 continents : seule l’Océanie n’est pas représentée au sein de cette tour de Babel où La Gantoise squatte le plus d’espace. Jugez plutôt ! Vingt-et-un joueurs étrangers sur 32, 19 nationalités, sans oublier Trond Sollied, l’entraîneur norvégien des Flandriens. De quoi rendre perplexe. Considérant que si le football est une scène de spectacle planétaire, certains figurants ne deviendront jamais des acteurs de premier plan sous prétexte que le papier peint du décor a été changé ! La Gantoise, donc. Avec un taux de remplissage constitué à 66 pour cent de non-Belges, Gentbrugge devance de peu le Parc Astrid, où on n’est pas forcément de mauvaise composition non plus lorsqu’il s’agit de rendre le lieu plus pittoresque : avec 64 pour cent de footballeurs étrangers, Anderlecht s’est lancé dans le brassage des cultures afin d’être pile à l’heure. Mais laquelle ? A force d’arpenter la terre dans tous les sens, la notion du temps ne risque-t-elle de devenir de plus en plus vague ?

Dominique       

15:00 Écrit par Dominique dans Jupiler Pro League | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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