Appelez ça, "l'effet Van Damme"

Par Dominique le 04 août 2011

En engageant Milan Jovanovic avant, qui sait ?, de transférer Dieu… non merci Mbokani, le Sporting d’Anderlecht n’a-t-il pas, somme toute, rendu au Standard la monnaie de sa pièce ?


Les agences de notation n’existent pas dans le monde du football professionnel. Tout au plus existe-t-il des systèmes de cotations, clowneries de haut vol, qui apparaissent dans les journaux le lendemain des matches. Ils sont censés détailler le degré de forme des joueurs présents sur la pelouse. Pour m’être livré moi-même à cet exercice pendant des années, je sais à quel point (sans jeu de mots) celui-ci recèle une part de subjectivité et d’ignorance, au point (sans jeu de mots, non plus) que je ne suis pas dupe de ce que je lis parfois, ici ou là, s’agissant de tel ou tel. S’évertuer à polir les aspérités du profil de l’un ou l’autre ne les rend pas, ni l’un ni l’autre, mieux disposés à filer des frissons aux tribunes. Ultime exemple en date : cette complaisance médiatique qui s’est emparée du retour de Milan Jovanovic en Belgique. Personnellement, le transfert du Serbe au Sporting d’Anderlecht m’irrite au plus haut point (sans jeu de mots, toujours). Non que j’ai quoi que ce soit contre le bonhomme – on ne s’est jamais adressé la parole – mais parce que l’énonciation conjointe des incertitudes et de la complexité qui l’entourent m’incite à engager cette croisade anti-contrefaçon dont tant Milan Jovanovic, que Dieu… non merci Mbokani mais, en outre, Ronald Vargas sont devenus, pour moi, les cibles principales en ce qui concerne le Sporting d’Anderlecht. Je vous prends à témoin : les trois principales acquisitions du club bruxellois – pour peu, bien sûr, que celle du Congolais se concrétise – touchent des types qui, à l’heure actuelle, n’offrent aucune garantie de réussite. Vous me direz : Kanu, Reynaldo, Diogo, Molins, Samuel, Seck, Veselinovic ou Safari non plus. D’accord ! Mais, là, le Sporting n’a pas frôlé la banqueroute pour les faire venir. Avec Vargas, Jovanovic et Mbokani, c’est différent. C’est plus coûteux. Il a fallu, il faudra encore fournir des efforts. Ronald Vargas est arrivé blessé au Parc Astrid. Dans combien de temps sera-t-il opérationnel ? Et si le Vénézuélien redevient compétitif – ce que je lui souhaite – réussira-t-il cette intégration que d’aucuns, à Anderlecht, appellent de tous leurs vœux ? Ronald Vargas est supposé être l’un des patrons de son équipe, l’une de ces fortes personnalités qui manquent cruellement au Sporting depuis les départs de Jelle Van Damme, Jan Polak et Mbark Boussoufa. Si les circonstances le lui commandent, le Vénézuélien sera-t-il capable de donner de la voix dans le vestiaire et, surtout, parviendra-t-il à s’y faire entendre, lui qui, depuis qu’il a posé les pieds en Belgique, en 2008, s’exprime de préférence (doux euphémisme) en espagnol ? Je suis sceptique. Au tour de Milan Jovanovic. Le Serbe a bénéficié d’un temps de jeu extrêmement limité à Liverpool. En se rendant en Angleterre, il pensait plutôt au « cash ». Ce fut le « clash ». J’en profite pour rafraîchir la mémoire des distraits : les six derniers mois de Milan Jovanovic au Standard furent désastreux, empreints d’actes manqués, de volte-face et d’inconvenances que d’aucuns, agissant aujourd’hui dans la précipitation (Anderlecht) ou par flagornerie (certains observateurs), semblent avoir oublié. C’est tellement plus simple. Dès janvier 2010, Milan Jovanovic a fait preuve d’un individualisme déplaisant, songeant surtout à la défense de ses intérêts qui consistaient à ne pas faire capoter un transfert lucratif ni à hypothéquer sa présence en Afrique du Sud, à la Coupe du Monde, avec la sélection nationale serbe. On a vu ce que cela a donné. Ce que cela donnera à Anderlecht, dans les semaines, dans les mois prochains, tandis que les gesticulations euphoriques du moment présent auront laissé la place au passage à l’acte ? Avec Milan Jovanovic, on a également vu ce que cela a donné, notamment quand il s’est pris la tête avec le Waregemois Bart Buysse (dans le cas du Flandrien, c’était en fait… l’oreille), avec Axel Witsel pour une sombre histoire de penalty ou avec Dieu… non merci Mbokani, lorsqu’il quitta le terrain après que le Congolais ne lui ait pas fait une passe. Quant à celui-là, annoncé à son tour au Parc Astrid, que dire ? Rien ! Il existe une distance infinie, désespérante entre ses qualités intrinsèques et le comportement grotesque, désespérant qu’il affiche. Quel gâchis ! Monaco puis Wolfsburg, et retour à Monaco : c’est la philosophie nihiliste d’un hyper doué poussée jusqu’à ses ultimes (in)conséquences. Milan Jovanovic et Dieu… non merci Mbokani au Parc Astrid : c’est aussi le seul moyen trouvé par les Anderlechtois pour contrebalancer l’importance du rôle que tient désormais Jelle Van Damme au Standard. Ah ! Mais qu’est-ce que cela doit les enquiquiner, les Anderlechtois, de voir leur ancien joueur incarner de la sorte ce club où il s’est même emparé du brassard de capitaine ! Milan Jovanovic et, éventuellement, Dieu… non merci Mbokani au Parc Astrid : c’est « l’effet Van Damme » (et Tchité !), un fourvoiement – ne pas avoir récupéré l’international belge après son échec à Wolverhampton – devant tourner en réhabilitation. Et puis, qu’est-ce que cela doit les rassurer, les Anderlechtois, de se rabattre cette fois sur des footballeurs, Ronald Vargas compris, dont l’engagement ne dépendra pas de l’avis de leur cellule de recrutement. Ah, celle-là ! Plusieurs de ses acquisitions ne sont pas loin de s’apparenter à une imposture !       

Dominique

14:34 Écrit par Dominique dans Jupiler Pro League | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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