La leçon de suisse

Par Dominique le 05 août 2011

Tandis que le Standard s’envolait pour Zurich afin d'y disputer un match d'une importance capitale, Roland Duchâtelet, son nouveau président, était aperçu à… Saint-Trond, supervisant l’entraînement des joueurs limbourgeois sur la nouvelle pelouse synthétique du Staaienveld. Surréaliste ? On est en Belgique, non ?


Je ne suis pas abonné à TV Limburg. Notez que cela pourrait bientôt être le cas. Malgré toutes les offres qui, comme vous sans doute, me parviennent pour l’instant des différents opérateurs ayant acquis les droits de retransmission du football belge, je ne vois pas pourquoi je ne me laisserais pas tenter par cette chaîne locale. L’an dernier, je me suis bien tapé quelques bouts de matches du White Star sur Télé Bruxelles, avec, en bruit de fond, les commentaires d’Alexandre Charlier. Comme quoi, le pire m’est déjà arrivé. Attention ! Pas concernant les prestations des Woluwéens. Non ! Eux, ils étaient bons. Très bons parfois. La preuve : les voilà en division 2. Mais je m’égare. J’en reviens à mon propos sur TV Limburg. Ou Limbourg, si vous aimez couper les cheveux en quatre dans le sens de la longueur. C’est comme vous voulez. Je ne suis pas contrariant. Mercredi soir, TV Limburg (ou Limbourg) diffusait le match du troisième tour préliminaire de la Ligue des Champions entre le Racing Genk et le Partizan Belgrade. Audience recensée : 284.000 téléspectateurs. Pas mal. Enfin, c’est mon avis. J’ai alors souhaité connaître le chiffre de la rencontre qui, pratiquement dans le même créneau horaire, opposait le Standard au FC Zurich. Chou blanc : Voo Foot n’est – ne serait pas soumis à l’audimétrie. C’est comme ça. Qu’on dit. Et qu’il m’a été répondu. Dommage ! Je ne saurai jamais combien de personnes ont, ainsi, avant-hier, partagé ma souffrance à la vue de ce spectacle pitoyable (soupir !) auquel le club liégeois, certes diminué après l’exclusion injustifiée de Yoni Buyens, se livra face à un adversaire qui, en dépit de quelques éclairs et un but, ne lui était pas vraiment supérieur. J’avoue avoir été fort déçu par la prestation du Standard, certes toujours en phase de reconstruction. Mais si je ne m’attendais pas à un feu d’artifice de la part des Liégeois, je ne me doutais pas non plus que la poudre censée faire sauter la banque suisse serait mouillée à ce point. D’où mon regret de ne pas être raccordé à TV Limburg (ou Limbourg). Au lieu d’assister à cette pathétique pantomime (c’est péjoratif) rendue publique par des types qui ont, je cite l’un d’entre eux, « par moments manqué d’envie » (Felipe, « Le Soir » du 4 août – grave de lire ça), j’aurais pu mieux me rendre compte par quel stratagème le Racing Genk, étonnant de maturité en dépit d’une première période délicate, a bluffé un rival a priori plus expérimenté. Je suis donc resté en Suisse, contraint et forcé. Ah, la Suisse ! Ses lacs, son chocolat, ses montagnes, son bon air, ses glaciers. Et son football ? Eh oui ! Son football aussi. Trois équipes en lice cette semaine sur la scène européenne, et trois qualifiés, dont deux aux dépens de formations belges : le FC Zurich, avec le Standard, et les Young Boys Berne, qui se sont débarrassés de Westerlo. Je prends alors mon ton réprobateur et je pose les – bonnes – questions : comment expliquer qu’un pays moins peuplé que le nôtre et confronté également aux problèmes découlant de la cohabitation de plusieurs communautés ; comment expliquer qu’un pays où le football subit la concurrence des sports d’hiver mais, en outre, celle de la Bundesliga allemande autrement plus attractive que l’Axpo Super League (c’est le nom de la division 1 suisse) ; comment expliquer qu’un pays où le football bénéficie de droits télévisés dont le montant annuel est cinq fois inférieur aux 55 millions perçus chaque saison par la Ligue pro ; comment expliquer qu’un pays comme la Suisse ait seulement loupé depuis 2000 la Coupe du Monde 2002, ait vu sa sélection des moins de 17 ans devenir championne du Monde, ait remporté le titre de vice-champion d’Europe grâce à ses moins de 21 ans et, dans la foulée, ait décroché sa participation aux Jeux olympiques de Londres ? Oui ! Comment l’expliquer ? Sur quels critères cette leçon que la Suisse donne repose-t-elle ? Facile ! D’abord, il y a l’envie (pas vrai, Felipe ?). Ensuite, il y a l’intelligence et la compétence. Enfin, le passage à l’acte exige des fortes personnalités, pas des carriéristes ou des brasseurs de vent qui jettent tellement d’idées en l’air qu’ils n’en rattrapent jamais aucune. A propos : si Eden Hazard était né à Bâle ou à Lausanne, tout n’aurait-il pas déjà été fait afin que ce surdoué puisse reproduire en sélection les prestations de très haut niveau qui sont les siennes en club ? Moi, je demande ça comme ça : n’y voyez pas malice !

Dominique

14:40 Écrit par Dominique dans Ligues européennes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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