Jacky Mathijssen, homme de paroles ?

Par Dominique le 08 août 2011

Ma question : si un entraîneur, celui du Beerschot en l’occurrence, n’est pas capable de se montrer respectueux et poli envers deux arbitres, est-il digne d’occuper le poste où il a été nommé ?


L’actualité du week-end a été riche. Comme si tout s’était emballé. J’y reviendrai probablement. Toutefois, impossible pour moi de ne pas parler du Club Brugeois, qui s’est ridiculisé à Saint-Trond. Un vrai suicide collectif. Vous avez vu ? Non ? Dommage ! Au lieu d’évoluer par à-coups, comme ils l’avaient fait face à Westerlo huit jours plus tôt, les Flandriens devraient se rendre compte qu’un candidat potentiel au titre – ce qu’ils sont, n’en déplaise à leurs dirigeants – ne peut s’autoriser des gaudrioles du genre de celles qui précipitèrent leur perte au Staaienveld. La saison dernière, les échotiers ne savaient plus où donner de la plume avec tout ce qui se tramait à l’Olympiapark. Est-ce reparti pour un tour ? Les Brugeois ont-ils eu raison de maintenir leur confiance à Adrie Koster tandis que le Néerlandais n’est, visiblement, toujours pas parvenu à inculquer à ses joueurs quelques notions tactiques de base ? J’y reviendrai sans doute aussi, exemples à l’appui. En attendant, une autre question : que risque Jacky Mathijssen alors que le Comité sportif est appelé à se prononcer ce mardi sur la teneur de certains de ses propos (racistes ?) à l’égard de deux arbitres, arguant ironiquement pour l’un d’une prétendue judaïté (c’était pendant un match amical entre le Beerschot et le Maccabi Tel Aviv), traitant l’autre de « singe », de surcroît « aveugle » ? Naturellement, j’ignore tout du contenu exact des déclarations de Jacky Mathijssen. Sont-ce, effectivement, des insanités ou, au contraire, s’agit-il de médisance ramenée au niveau du marigot et du ragot ? Entendons-nous bien : je me garde de tout jugement hâtif. Il n’empêche ! Sans verser dans les poncifs du genre : « Il n’y a pas de fumée sans feu », je m’en voudrais de ne pas rappeler ici, à Jacky Mathijssen d’abord, à tous ceux que cela concerne ensuite, qu’un entraîneur véhicule une image. Son rôle étant également éducatif, c’est-à-dire empreint d’exemplarité, il a des obligations inhérentes à un statut singulier compte tenu de l’exposition médiatique dont il fait l’objet. Oui ! Je m’en voudrais de ne pas rappeler cette évidence tandis qu’une statistique alarmante, en provenance du ministère de l’Intérieur, précise que « cinquante et un pour cent des matches de football disputés en Belgique sont générateurs d’incidents ». Un chiffre énorme. En corollaire, la présence des forces de l’ordre autour des stades de division 1 est en hausse. Vous voulez un autre chiffre ? En 2010-2011, il a été fait appel à 23.140 policiers afin que le bon déroulement des rencontres du championnat puisse être garanti. C’est davantage qu’en 2009-2010 (21.442). Notez que c’est quelque part normal. On a joué plus. Les playoffs ont alourdi le calendrier. La charge de travail de la maréchaussée s’en est trouvée accrue. Coût total de ces grandes manœuvres : 5.430.844 euros, soit 1.033.555 euros de mieux qu’en 2009-2010. Comme par un effet de sinistre surenchère sur fond de rivalités partisanes exacerbées, de comportements stupides et de la relative faiblesse mentale de certains, d’aucuns, dont je suis, redoutent que ce montant aura à nouveau augmenté quand il faudra présenter l’addition pour l’exercice en cours. Or, celui-ci ne fait que commencer avec, déjà, un type prié de s’expliquer pour un (supposé ?) discours outrancier. La sécurité, c’est la boule puante du football belge, une machinerie infernale prête à s’enclencher à la moindre étincelle. Certes ! Dans ce milieu assujetti à l’émotion, les embardées sont inévitables. Mais jusqu’à quel point sont-elles tolérables ? En ce qui me concerne, je refuse que le football belge soit empuanti. Il risquerait d’être anéanti. Purement et simplement. J’ai le désagréable sentiment que les palabres engagées en leur temps s’agissant de la création d’une commission d’éthique ont endossé les haillons d’une mobilisation qui s’assèche au gré d’une indifférence et d’une passivité qui s’indurent. Dans ces conditions, l’acte d’accusation qui pèse sur Jacky Mathijssen ne peut être étouffé. S’il est avéré que l’entraîneur du Beerschot a dérapé, cette démesure doit être sanctionnée. Sa conduite rabaisse l’ensemble d’une profession. Elle la ternit. Cela vous laisse froid ? Vous préférez vous intéresser au rêve londonien de Romelu Lukaku ou à l’apparent retour en forme du Standard ? C’est votre droit. Mais vous avez tort. Tout déclin est annoncé par des signes précurseurs. Les plaies se multiplient, grossissent, s’étendent. La gangrène n’est pas loin. Elle s’installe ? Il est trop tard. En son irréversible crépuscule sportif, le football belge se doit d’éteindre ces feux qui, s’il n’y prend garde, le consumeront de l’intérieur. Cela passe par des attitudes irréprochables, une certaine idée du respect de l’autre, une force morale capable de contenir la colère. A défaut d’être meilleur qu’eux sur le terrain, tout entraîneur doit se montrer loyal envers ses adversaires ! Il doit aussi rester poli. Sinon ? Il n’est pas digne d’avoir été nommé à son poste…  

Dominique        

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