Franky Vercauteren : la loi de la jungle

Par Dominique le 09 août 2011

La première chose à vous demander consiste à savoir qui se cache derrière le départ du Bruxellois pour les Emirats Arabes Unis. D’après une rumeur, il s’agi(rai)t de quelqu’un dont la trace s’est perdue du côté du Standard, juste avant l’arrivée à Sclessin de Roland Duchâtelet. Vous avez trouvé ?


Dans la terminologie de tous les jours, cela s’appelle une gifle. Et c’en est même une solide, de torgnole ! Du genre à vous décrocher la mâchoire, à vous envoyer au tapis, compté « dix » et ne plus pouvoir se relever. Un knock-out ? Non ! Pire que ça. Une exécution sans pitié, un carnage trahissant de ce problème dont, j’en suis convaincu, nous ne cesserons plus de débattre à l’avenir : le football belge est plus que jamais ouvert aux quatre vents ! J’entends par là que plus rien n’y retient désormais plus personne, fut-ce pour aller s’enterrer dans un trou, au fin fond du désert, et qu’à partir de là, imposture et mascarade s’érigeront en maîtres absolus sous le couvert de serments prétendument prêtés mais non respectés. C’est comme ça. Il faut s’incliner. S’aplatir plutôt. En apprenant le départ de Franky Vercauteren pour Abou Dhabi, capitale des Emirats Arabes Unis, j’ai eu l’impression d’assister aux funérailles d’un monde où tout se perd. Ne vous méprenez pas. Ne me pensez pas plus benêt que je suis. Je sais regarder en dehors d’un vestiaire. Ce qui suppose de deviner ce qui s’y passe tout en anticipant sur ce qui pourrait se produire. Mais de là à imaginer que Franky Vercauteren annoncerait qu’il quitte le Racing Genk après deux journées de championnat… Cette éventualité me semblait aussi peu vraisemblable que voir Roger Vanden Stock poser en punk pour le prochain calendrier de la brigade canine de la commune d’Anderlecht ! Et pourtant, que ne ferait pas le président du Sporting pour que les travaux de modernisation de son stade prennent enfin le pas sur toutes ces tracasseries administratives qui lui pourrissent l’existence ! Déjà qu’une partie du public du Parc Astrid ne veut pas entendre parler du retour de Dieu… non merci Mbokani ! A ce sujet, voir mon blog du 4 août. Alors, ce stade, dont la construction titille sans relâche une âme fragilisée par un entraîneur qu’il a fallu remettre au pas, un manager qui perd son temps à voyager au lieu d’être assis derrière son bureau pour prendre le téléphone et des joueurs dont la plupart sont incapables d’entrer dans leur personnage… Je ne vous dis pas ! En attendant, Franky, lui, se barre. En attendant, Vercauteren se tire. Rappelez-vous ! C’est le même qui, il y a peu, avait promis à sa direction d’essayer « de faire encore mieux que la saison dernière », lui enjoignant ensuite de réprimer toute velléité de transferts des meilleurs Genkois sous l’apparence d’un blocus a priori infranchissable jusqu’au 27 août. Or, lui, il ne s’est pas gêné pour en briser les lignes. Sommet de l’hypocrisie atteint. « Border line » franchie sans scrupule, et au-delà de laquelle tout le monde est autorisé à vous harceler pour peu qu’on y mette le prix. Cette façon d’agir confirme un diagnostic formulé ici même, et perverti par la logique de l’intérêt individuel. Souvenez-vous ! Thibaut Courtois, cela ne l’a pas dérangé de placer devant le fait accompli les dirigeants de Genk (décidément…), ni ses coéquipiers Koen Casteels et Eric Matoukou d’agir de même, avant que Ronald Vargas utilise tous les moyens afin que le Club Brugeois lui octroie la liberté de signer au Sporting d’Anderlecht. Statistiquement, il est établi depuis 1953 qu’une formation n’appartenant pas au trio de pointe du football belge (le Standard, Anderlecht et le Club Brugeois) est incapable de conserver le titre qu’elle a conquis quelques mois auparavant. La dernière à y être parvenue, c’est Liège, déjà couronné en 1952. L’Antwerp, le Lierse par deux fois, feu le RWDM, Beveren à deux reprises également et le FC Malinois s’y essayèrent successivement. En vain. Sacré en 1999 et en 2002, le Racing Genk tenta à son tour sa chance. En vain. Les Limbourgeois furent vite remis à leur place. Je m’étais pris à songer que cette fois... C’était sans compter avec une météo capricieuse, porteuse d’un bien mauvais vent, un vent plus proche de la tempête que d’une simple bourrasque, un vent de sable dont le souffle balaie tout sur son passage, éparpillant les ultimes vestiges de la stabilité d’un club ratiboisé et dévasté. De fidélité trahie en ingratitude déclarée, le duo Herbert Houben – Dirk Degraen paie au prix plein, pour le premier, son inexpérience (ce notaire de profession est le plus jeune président de la division 1), pour le second, une forme de naïveté qui m’apparaît étrangement de violette pour un ancien manager rompu a priori aux pratiques d’un milieu qu’il ne fréquente pourtant pas depuis hier. Et puis, Franky Vercauteren, n’était-ce pas « un ami », comme on dit quand tout roule. Cela, c’était il y a quelques semaines. Le Racing Genk baignait dans l’euphorie. Tout le monde était enthousiaste. Le Limbourg pavoisait les balcons. Tout semblait simple. Depuis, tout s’est compliqué. Je suis persuadé que certains clubs accueilleront la nouvelle avec intérêt, dès lors que Jelle Vossen, Marvin Ogunjimi, Torben Joneleit, qui est très sollicité, Kevin De Bruyne ou Elyaniv Barda se poseront cette question à laquelle Koen Casteels, Thibaut Courtois, Eric Matoukou et Franky Vercauteren ont répondu avant eux. Quant à l’idée de vouloir conserver le Bruxellois jusqu’à l’issue des deux matches de Ligue des Champions face au Maccabi Haïfa, c’est un non sens absolu : quelle emprise aura Franky Vercauteren sur ce groupe auquel, en s’en allant, il vient de tirer une balle dans le pied ? Dans un cas semblable, l’amputation est requise. Et c’est mieux d’y procéder tout de suite...

Dominique     

14:40 Écrit par Dominique dans Jupiler Pro League | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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