Tais-toi, Franky : tu es "bidon"

Par Dominique le 12 août 2011

Comment les dirigeants du Racing Genk peuvent-ils accepter que leur club soit de la sorte pris en otage par un farceur qui, finalement, ne fait rire personne ?


Il y a quelque chose d’étonnant, de très étonnant dans ce qu’il convient d’appeler aujourd’hui « l’affaire Franky Vercauteren ». On ne le souligne d’ailleurs pas assez. Voire : cela n’a même pas été souligné du tout. J’explique. Lorsque les dirigeants d’une équipe nationale ou d’un club de cette région du monde, en l’occurrence ici les Emirats Arabes Unis, décident de faire leur shopping, rien, ni personne n’est en mesure de leur barrer la route. L’étendue de leurs moyens réprime immédiatement toute tentative de résistance. Avec eux, c’est tout de suite. Ou c’est… plus jamais. Notez la précision au cas où... Le train passe une fois. Il faut alors s’empresser de l'attraper. Sinon, on demeure sur le quai. Le marché est suffisamment vaste et ces gens disposent d’une marge de manœuvre financière suffisamment large pour satisfaire leur moindre caprice. On est là dans une entreprise de cannibalisation, du football en particulier, du sport en général, certes agaçante, mais dont l’efficacité n’est plus à démontrer. Ces types peuvent tout s’offrir, à n’importe quel prix. Je vais aller plus loin dans mon raisonnement : je suis convaincu que, tôt ou tard, le Qatar, dont on connaît l’appétit, posera sa candidature pour l’organisation des Jeux olympiques. Retenez bien ce que je dis. Je suis certain de ce que j’avance. Dès lors, objecterez-vous, quel rapport avec Franky Vercauteren ? Simple : je ne parviens pas à deviner à quoi il joue. Que fait-il encore au Racing Genk ? Je n’arrive pas à déchiffrer à quoi cela rime. Laissez-moi réfléchir tout haut. Exemple, le premier qui me vient comme ça, à l’esprit. C’est tout bête. Je vous le livre. Ainsi, je me demande en quoi le montant de la clause de rupture inscrite dans le contrat du Bruxellois (je parie pour 350.000, voire 400.000 euros grand maximum) serait-il de nature à constituer un obstacle pour de présumés futurs employeurs richissimes ? Cela n’a bien sûr aucun sens. Pour eux, une somme pareille représente ce que des allumettes correspondent pour moi en guise de mise, lorsque je joue au poker en famille. Et quoi ? Sous le couvert d’une éthique à laquelle ils paraissent pourtant allergiques, ces porte-monnaie ambulants auraient accepté que Franky Vercauteren reste à Genk – mais  « temporairement » a admis hier soir l’intéressé au cours d’une conférence de presse qui a tourné au vinaigre, tandis que le Bruxellois refusait de répondre à toutes les questions un peu pointues. Il reste donc afin d’aider le Racing à se qualifier pour le tour final de la Ligue des Champions ? C’est ça ? Mais, je le répète, c’est contraire aux habitudes en vigueur chez ces chéquiers sur pattes. Quand un roi du pétrole effectue ses emplettes, il ne laisse pas au vendeur le soin de respirer. S’il veut le produit, il le prend. En payant cash. Dans ces conditions, cette histoire de sursis – pure supposition – qu’aurait pu obtenir Franky Vercauteren pour Zulte-Waregem (ce week-end) et le Maccabi Haïfa (mercredi prochain), voire pour le match-retour de Ligue des Champions face au club israélien, c’est du pipeau intégral. Connerie pure. Idem lorsque Franky Vercauteren ose affirmer, toujours lors de cette même conférence de presse, que son choix – les Emirats – n’est « pas dicté uniquement par l’argent » ! Qui va croire ça une seconde ? Mais, personne ! Al Jazira, avec qui le Bruxellois s’est entretenu en début de semaine, c’est le niveau d’une division 2 belge. Pas davantage. Et si Franky Vercauteren y va, c’est « pas uniquement pour l’argent » ? Pour quoi, alors ? Le dépaysement ? Le plaisir de se retrouver tout seul dans le désert, quand le soleil se couche à l'horizon ? Bidon ! J’aurais pu écrire « Baril », le contexte s’y prêtait davantage, mais je préfère « Bidon ». Comme toi, Franky ! Qui, à l’avenir, n’aura plus le droit d’évoquer la façon, je cite : « inhumaine et peu élégante » – ce sont là tes propres termes – avec laquelle le Sporting d’Anderlecht d’abord, l’Union belge ensuite t’ont traité en son temps. Désormais, tu auras encore moins le droit d’utiliser le mot « hypocrite » lorsque tu parleras d’Ariël Jacobs, ton successeur au Parc Astrid, à qui tu reprochais de t’avoir planté un couteau dans le dos pour pouvoir prendre ta place. Oui ! Tais-toi, Franky ! Tu avais veillé à instaurer des règles bien précises à Genk, en interdisant à tes joueurs de se préoccuper d’un éventuel transfert avant la date du 27 août, et tu as été le seul à ne pas les respecter. Quelle crédibilité faut-il t’accorder aujourd’hui ? Aucune ! Tu sais ce que je ferais, si j’étais le président de Genk ? Je te mettrais dehors car je jugerais inadmissible que mon équipe soit de la sorte prise en otage. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : une prise d’otage ! Tout ce que les Limbourgeois ont construit patiemment ces dernières années est subitement remis en cause sous prétexte d’un arrangement miteux orchestré par un farceur qui, finalement, ne fait rire personne ! Au contraire : tout cela est à pleurer ! Vraiment…

Dominique

 

   

13:27 Écrit par Dominique dans Jupiler Pro League | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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